LE PATERNALISME A DU PLOMB DANS L’AILE

On se souvient qu’en 2007, la direction allemande de "Continental" avait proposé à ses ouvriers de renoncer aux "35 heures" pour passer à 40, avec le même salaire, bien sûr. Soit : travailler plus pour ne rien gagner. Le marché était clair, c’était la condition nécessaire – mais sans doute pas suffisante, comme l’a montré la suite – pour sauver l’usine de pneus de CLAIROIX (Oise). Finalement, après avoir accepté ce marché de dupes, les ouvriers sont cocus : ils seront bel et bien licenciés et l’usine sera fermée en 2010. Le vice-président de Continental Bernhard Trilken a déclaré que la direction avait "apprécié" l’effort consenti par les ouvriers de Clairoix en 2007, tout en affirmant “qu’aucune promesse ne leur avait été faite à l’époque. "

Danke ! Aufwiedersehen !

Le capitalisme d’outre-Rhin, réputé pour sa cogestion paternaliste a toujours été donné en exemple en France : on y vantait le réalisme des syndicats allemands et leur culture du compromis, tout le contraire des Français qui veulent toujours en découdre.

On voit ce que ça donne, cette fois à Molsheim (Alsace), à l’usine Osram, filiale de SIEMENS, elle aussi dirigée par des patrons allemands. La direction vient de décider le licenciement de 108 salariés sur 400, après qu’ils ont refusé une modification du contrat de travail abaissant leurs salaires de 12,5%. «C’est écrit noir sur blanc (…): ce sont les personnes qui ont refusé l’avenant au contrat de travail qui vont être licenciées», a déploré Isabelle Astié, délégué FO et secrétaire du comité d’entreprise qui estime à 120 le nombre de refus. La direction s’est pour sa part félicitée que «les employés, dans une très large majorité, (aient) adhéré à cette initiative». "L’encadrement a essayé de montrer le bien-fondé de la démarche", plaide-t-elle. Tout s’est déroulé "dans la transparence" . Elle laisse encore la possibilité de se racheter, si j’ose dire : ceux qui accepteront finalement cette baisse de salaire, seront reclassés et ne prendront donc pas la porte ! Bitteschön !

Soit : travailler plus pour gagner moins ! Le prétexte invoqué pour cette charrette : l’usine était la dernière d’Europe de l’Ouest à fabriquer, entre autres choses, des ampoules à incandescence, qui devraient disparaître d’ici 2012. Bref, tout ça, c’est la faute des Verts (Greenpeace avait organisé une manif sur le site de l’usine au moment du Grenelle de l’Environnement), et la faute des 35 heures (39 heures = +4 heures gratuites /semaine = –12,5% de salaire/mois). Les pauvres patrons n’en peuvent mais.

Conclusion : ne jamais se fier au paternalisme. A moins de retourner au XIXème siècle : ce dont rêvent tous les patrons du monde, c’est la suppression du Salaire minimum et du Code du Travail, et la transformation des syndicats ouvriers en associations caritatives.

Les patrons n’ont pas de parole. Encore moins que les politiciens. 

 

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