L’HISTOIRE BAFOUILLE

Le juge  Baltasar GARZON vient d’être traduit devant la justice espagnole pour avoir osé enquêter sur les charniers où les Franquistes avaient enterré les républicains qu’ils venaient de fusiller, comme le poète Garcia Lorca entre autres, sur plainte de deux organisations ouvertement fascistes, “Manos Limpias” – mains propres (sic!) – et “Falange spanola” – la Phalange, de triste mémoire –; il est accusé d’avoir ignoré la loi d’amnistie de 1977, préalable au vote de la constitution démocratique espagnole, et de se comporter comme "Juzgador de la historia y redentor del bando vencido" – juge de l’Histoire et rédempteur du camp vaincu”… On croit rêver !

Au même moment, l’Espagne enterre en grande pompe, en présence de la famille royale (d’ailleurs placée sur le trône par Franco), l’un des piliers du régime fasciste, Juan Antonio SAMARANCH, qui s’est surtout fait connaître comme président du Comité International Olympique et fossoyeur du sport amateur : celui qui a vendu l’olympisme au business international et entériné la corruption qui y règne désormais. Le grand homme donc, qui – malgré ses dénégations – fréquentait Franco et fêtait l’anniversaire du coup d’Etat fasciste jusqu’en 1974, l’année qui précéda la mort du dictateur (1), a eu droit chez notre voisin européen à des funérailles quasi-nationales…

C’est comme si, en France, la justice décidait d’inculper pour prévarication, le juge Van Ruymbeke , fils de résistant, et de passer l’éponge sur l’histoire de collabos notoires en faisant l’éloge funèbre de leur « âme délicate, sensible et nuancée ». (2)

– Ah bon ? En France aussi, ça s’est produit ? Pas possible…

(1) voir la photo : Samaranch est au centre, bras levé. Autre bizarrerie, sujette à caution, celle-là : il aurait été corrompu par le KGB, selon l’ouvrage d’un historien Yuri Felshtinsky, et le témoignage d’un ancien responsable de ladite officine, Vladimir Popov ! « Quand le KGB joue aux
échecs » (Terra Moscou 2009 avec Vladimir Popov et Boris Gulko

(2) Paul TOUVIER, ancien chef de la milice de Lyon, assassin du fondateur de la Ligue des Droits de l’Homme, Victor BASCH, avait été gracié par le Président POMPIDOU en 1971, avant d’être finalement rattrapé par la justice pour “crimes contre l’humanité”. La citation est celle du curé Laguérie qui lui rendit hommage lors d’une messe de requiem à St Nicolas du Chardonnet. Les catholiques intégristes et divers ordres religieux l’avaient en effet hébergé et caché entre 1945 et 1989 !

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