à menteur, menteur et demi

rtr2ktndDonc Laurent GBAGBO a été arrêté dans son “bunker”; il a échappé au lynchage, ce qui n’est pas négligeable en pleine guerre civile. Ce qu’il adviendra de lui est une autre histoire. Et l’Histoire le jugera en définitive, pour autant qu’elle ne soit pas écrite par les seuls vainqueurs, comme à l’habitude.

Autant dire que la vérité n’est pas pour demain. Car enfin, si Ouattara a gagné l’élection présidentielle, ses partisans ont probablement autant bourré les urnes dans le Nord du pays qui lui était acquis, que ceux de GBAGBO dans le Sud. Si l’armée, les miliciens et les mercenaires libériens qui soutenaient GBAGBO ont commis des crimes, en tirant sur la population, et parfois en brûlant vifs leurs adversaires, les “Forces Nouvelles”, alliées d’Alassane OUATTARA, rebaptisées “Forces Républicaines”  pendant leur raid sur ABIDJAN, ont laissé derrière elles, dans l’Ouest du pays, des centaines de cadavres, victimes d’exécutions sommaires. Et l’on n’est pas au bout des exactions ni des pillages malgré l’appel du nouveau président à la “réconciliation”. Tout le monde est armé jusqu’aux dents, pourquoi se priver quand il suffit de tendre la main pour se servir. Lorsque les “Forces Républicaines” ont fini par pénétrer dans le palais présidentiel, elles ont mis le feu à la bibliothèque classique – des œuvres latines et grecques – d’HOUPHOUET-BOIGNY, et vidé la cave de ses bouteilles de champagne : tout un symbole !

Mais l’armée française de la “Force Licorne” n’y est pour rien. C’est JUPPE et LONGUET qui l’ont dit. “Aucun soldat français n’a pénétré dans le palais présidentiel, ni même dans ses jardins”. Ses hélicoptères se sont contentés de balancer une bonne douzaine de missiles sur le palais et sur la base navale qui le ravitaillait, de l’autre côté de la lagune : un joli feu d’artifice. Et comme ça ne suffisait pas à décoincer la porte d’entrée, ils ont tiré avec leurs blindés quelques obus dans le mur d’enceinte qui n’y a pas résisté. D’après le Code Pénal (français), aux termes de l’article 132-73, « l’effraction consiste dans le forcement, la dégradation ou la destruction de tout dispositif de fermeture ou de toute espèce de clôture ». On admettra sans peine qu’à défaut d’avoir été prise la main dans le sac, l’armée française peut difficilement récuser toute “complicité”… Vous allez me dire que GBAGBO squattait indûment une résidence qui ne lui appartenait pas. Il n’empêche que cette nouvelle intervention du gendarme français en Afrique rappelle de fâcheux souvenirs de la “Françafrique”.

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