Victi sunt apud Cannas* !

805632A CANNES, à la fin de la semaine, on a eu droit à un spectacle qui tenait plus des comédies d’Aristophane que de la tragédie grecque ! Le potache PAPANDREOU convoqué par la Directrice (Frau M.) et le Surgé (Monsieur S.) de l’Europe, tancé comme un dernier de la classe et renvoyé chez lui faire ses heures de colle, a fini par capituler : il est viré.

J’étais à l’école à l’époque bénie de l’ORTF et la nostalgie m’a collé la larme à l’œil le soir-même. Quel extraordinaire numéro de congratulations mutuelles entre « Barack » et « Nicolas », sur les deux grandes chaînes de télévision française ! « Passe-moi la rhubarbe, je te passerai le séné ! » Mais curieusement, alors que SARKOZY, quelques jours auparavant, devant les deux mêmes chaînes de télévision – à l’exception des deux porte-cotons – nous avait fait croire à Superman, sauveur de l’Europe et du Monde, cette fois, il a le triomphe modeste : les Grecs ne parlent plus de référendum, c’est déjà ça. Mais sur la régulation des marchés, rien. Sur la taxation des transactions financières, rien. Sur la recapitalisation du Fonds de Secours Européen, rien. Personne n’est contre certes, personne n’est pour hélas.

Je vois bien que vous me trouvez de mauvaise foi… Je vous accorde que l’excellent Copé, chef de l’UMP, a proclamé que le G20 de Cannes était un “grand succès”. Il a même ajouté : « Grâce à la détermination et à l’engagement de Nicolas Sarkozy et d’Angela Merkel, la zone euro est plus que jamais sur la voie du sauvetage ». C’est la méthode Coué, Copé ! Vous imaginez les marins de la SNSM (Société Nationale de Sauvetage en Mer) lancer au naufragé qui boit la tasse : “nagez, mon vieux, on ne va pas tarder à vous balancer une bouée, vous êtes sur la bonne voie, le canot de sauvetage est dans les parages !” Bref, cherchez les engagements pris par les pays qui devaient se précipiter pour investir dans le “Fonds Européen de Secours Financier”. Tous n’ont qu’un seul mot à la bouche : “Aide-toi, le ciel t’aidera !” Voici, par exemple, le communiqué de l’agence officielle chinoise Xinhua après Cannes :

Hu Jintao a également eu des échanges de vue approfondis avec les dirigeants d’autres pays sur la question de la dette souveraine européenne, soulignant que l’économie mondiale ne pourrait se relever que si l’Europe restait persuadée, comme l’est la Chine, qu’elle avait complètement la capacité de résoudre ses problèmes de dette.

La leçon est cruelle : en un mot, démerdez-vous. Papandréou mis au coin par l’instituteur Sarkozy, l’inspecteur  Hu débarque dans la classe et fait son rapport : “La dette, c’est votre problème mon brave, pas le mien !” Ah ça alors ! La Chine ne vient pas à notre secours ? Comment se fait-ce ? Pourtant MERKOZY nous avait dit… Allez, mieux vaut en rire. Jaune, naturellement.

* vieil exemple de grammaire latine qui fait allusion à la dérouillée flanquée par Hannibal aux Romains

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