Les bricolos n’y vont pas mollo !

justice bricolo

La semaine dernière, la droite, l’extrême-droite et même une partie de la gauche nous bassinaient avec le « problème rom ». Rebelote ce dimanche : socialos versus bricolos ! Je déteste le bricolage, et je hais les dimanches, comme chantait Greco. Je ne suis pas assez débile pour aller passer ma journée dans une grande surface ! Et pourtant, KOCIUZKO-MORIZET qui aspire à la Mairie de PARIS, voudrait voir tout le monde s’y précipiter, jusqu’à minuit si besoin : « les gens ne comprennent pas, par exemple dans le cas de Sephora, que des syndicats censés les aider, ne défendent pas leurs intérêts ».

Les syndicats, voilà l’ennemi ! D’ici les prochaines élections, la droite n’a pas fini de nous casser les pieds avec les arguments les plus éculés. Mais à qui doit-on les lois successives qui ont battu en brèche le code du travail, à coups de dérogations et d’exceptions, et semé la pagaille ? Au gouvernement du petit Nicolas dont faisait partie la jolie Nathalie : c’est la « loi sur le repos dominical » du 22 juillet 2009 qui a introduit un dispositif spécifique dans les zones urbaines de plus d’un million d’habitants, soit Paris, Aix-Marseille et Lille (sauf Lyon) : le « périmètre urbain de consommation exceptionnel » (« Puce »). La droite voudrait généraliser cette dérogation au droit du travail à PARIS, sous prétexte que les touristes le réclament, que ça donne du travail aux étudiants sans le sou, et que ce qui fait marcher le commerce est bon pour la reprise économique… NKM va même jusqu’à dire que la « perfide Albion » qui n’est qu’à 2 heures de TGV, nous taille déjà des croupières ! Est-ce que cette péronnelle va aussi réclamer la suppression du SMIC pour accroître la compétitivité du commerce des Champs-Elysées ?

Si je dis que c’est la législation du travail que la droite voudrait flanquer par terre, c’est que c’est en bonne voie. Que les magasins de meubles ou de jardinage aient été autorisés à ouvrir le dimanche, et pas ceux de bricolage, n’est qu’une des aberrations classiques de l’empilement des textes règlementaires et dérogatoires.  Un premier jugement avait obligé BRICORAMA à fermer le dimanche. Le groupe a donc déposé plainte contre ses concurrents CASTORAMA et LEROY-MERLIN qui continuent à ouvrir en toute illégalité. Et tous ces vertueux défenseurs de la loi, quand elle les arrange, n’ont pas moufté. Au contraire, ils en rajoutent, en concédant tout de même hypocritement qu’il convient de ne requérir que des « salariés volontaires ». C’est bien le moins, puisque c’est une obligation légale ! Personne n’ignore pourtant les moyens de pression dont dispose un patron pour désigner des volontaires. Je me souviens que mon adjudant de quartier, quand il fallait répartir les corvées à l’armée, faisait ça très bien, avec beaucoup d’humour !

Et comme on est en pleine crise économique, les salariés sont les premiers à réclamer de « travailler plus pour gagner plus ». On a déjà entendu ça quelque part, non ? Pauvres naïfs ! Vous croyez qu’on va continuer à vous payer double, dès que le travail dominical tombera dans le droit commun ? Il suffit de constater que la loi – contrairement aux P.U.C.E. – ne prévoit rien de tel pour les « zones touristiques ou thermales » (décidées par arrêté préfectoral sur sollicitation du conseil municipal) :

« l’employeur n’est pas tenu de donner une contrepartie au salarié qui travaille le dimanche, sauf si des conventions ou accords collectifs le prévoient. Contrairement aux pratiques prévues dans les « Puce », le travail le dimanche dans ces secteurs ne s’effectuera pas sur la base du volontariat et les salariés ne bénéficieront pas de contreparties minimales. »

Si la gauche est assez conne pour emboîter le pas, par démagogie, à la droite et à l’extrême-droite, c’est son problème. Mais qu’on ne vienne pas me pleurer dans le gilet quand le Front National tiendra le haut du pavé et plumera la volaille socialiste !

Ah ! J’allais oublier un détail. Savez-vous qui a financé la campagne de mobilisation, « spontanée et indépendante » (ça va de soi !), de tous ces braves salariés qui détestent les syndicats et réclament la « liberté du travail » ? Leurs propres patrons ! M. Castorama et M. Leroy-Merlin ont embauché une agence de publicité (« Les Ateliers Corporate ») pour former, encadrer, conseiller ce « mouvement ouvrier spontané ». Des types qui sont payés par le patron pour s’en prendre aux droits de leurs camarades, ça porte un nom : ça s’appelle des « JAUNES » !

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