La Suisse ouvre la voie et ferme la porte

Quand on sait ce qu’on sait, quand on voit ce qu’on voit, on a raison de penser ce qu’on pense (proverbe suisse).

suisse1J’ai été pris d’un fou rire nerveux, quand j’ai appris que la « votation » helvète avait donné la majorité au parti xénophobe – l’UDC est l’ersatz confédéral du Front National – pour bouter l’étranger hors de la Confédération Helvétique (50.3%). Comme disait déjà  il y a plus de deux siècles, un célèbre « frontalier » de FERNEY, Voltaire, qui connaissait bien ses voisins suisses : « La moitié de la Suisse est l’enfer, et l’autre moitié le paradis« .[1] Pourtant presque tout le monde était contre cette fichue votation : les patrons, les syndicats, la droite, la gauche. Mais « l’invasion des immigrés », c’est la ruée des pauvres qui viennent polluer les rives du lac de Genève, ce n’est quand même pas celle des honnêtes Français travailleurs frontaliers ! Non? Ben si ! Ça fait tout drôle de se retrouver dans le rôle du métèque, pas vrai Marine ? Hier, quand l’UDC faisait campagne lors d’une autre votation victorieuse contre « l’invasion des minarets », tous les débiles franchouillards d’extrême-droite applaudissaient à tout rompre et donnaient la Suisse en exemple. Tiens, on les entend pas aujourd’hui, les cons… On est toujours le bougnoule de quelqu’un, pas vrai Marine ?

618501-a-woman-walks-past-two-immigration-campaign-posters-in-lausanne« Y’a un pays qui est bien, c’est la Suisse. C’est propre la Suisse. On peut pas  attraper de maladie! On peut attraper que des médicaments », prétendait Coluche. Pas si sûr, on peut y être aussi contaminé par le virus de la connerie. Cette décision qui est parfaitement démocratique va en effet non seulement menacer l’emploi de nos concitoyens qui travaillent en Suisse, mais va aussi flanquer par terre TOUS les accords bilatéraux qui liaient la Suisse aux 28 pays de l’Union Européenne. En effet, ces accords négociés depuis 1999 étaient liés à la « liberté de circulation de la main-d’œuvre » entre la Suisse et les autres pays d’Europe ; ils deviennent donc caducs !

affiche-udcPoint d’argent, point de Suisse », disait déjà Racine il y a plus de trois siècles[2]. Les patrons helvètes se font évidemment du souci, puisque les 3/4 de leurs exportations se font en Europe, et ne bénéficieront plus du libre-échange naguère automatique. Inversement, les étrangers « immigrés » auront intérêt à ne pas contrarier leur patron suisse, car s’ils sont virés, il leur faudra désormais être admis dans les nouveaux « quotas » pour pouvoir prétendre retrouver un job ; et à une condition : qu’aucun petit Suisse ne soit sur les rangs, puisque c’est désormais « la préférence nationale » qui sera la règle. Bref, tout ce dont rêve le Front National – en finir avec l’Europe et l’immigration – et que les petits veinards de l’UDC – de soi-disant « centristes », sans doute parce qu’ils confondent leur pays avec le nombril du monde – viennent d’obtenir du vote populaire malgré un taux de chômage de… 3%.

n-TOUS-A-POIL-large300« On ne guérit pas un malade qui se croit en santé » (proverbe suisse). Ne soyons pas injustes. L’UMP française, dont la principale préoccupation est de coller au cul de l’extrême-droite, s’est empressée d’approuver, par la voix du dénommé Fillon (« Courage fuyons ! ») ladite votation. Quant à Copé, le président, il est tellement occupé à inventer des conneries pour rivaliser avec la « manif pour tous » et les mensonges haineux des prosélytes du refoulement sexuel, qu’il n’a pas encore compris qu’il va se retrouver « à poil » s’il continue à courir derrière Marine LE PEN !

 » Il faut bien des pelletées de terre pour enterrer la vérité » (proverbe suisse).

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[1] Voltaire, lettre à James Mariott

[2] Jean Racine, Les plaideurs

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Mise à jour du 11 février 2014 : Marine Le Pen a appelé dans la matinée sur Europe 1 le gouvernement français à suivre l’exemple des Suisses, qui ont fait «preuve de beaucoup de bon sens». «J’aimerais bien qu’on les suive d’ailleurs et je pense que s’il y avait un référendum en France sur ce même sujet, les Français voteraient très largement pour l’arrêt de l’immigration de masse», a-t-elle ajouté. «Il ne s’agit pas de mettre un mur, il s’agit d’avoir une porte. On l’ouvre ou on la ferme selon son intérêt, selon l’intérêt du peuple», a-t-elle assuré, «ça s’appelle la souveraineté». Elle est encore plus suicidaire que je ne pensais… Amis Belfortains, Jurassiens ou Savoyards « frontaliers », si vous votiez FN, c’est bien fait pour vous ! Vous avez ce que vous méritez ! Soit dit en passant, il va falloir que je réclame des droits d’auteur : « la porte fermée« , c’est du « copier-coller » ou je ne m’y connais pas, mais comme disait son incollable père, « on préfère toujours l’original à la copie » ! LOL, comme disent les gamins d’aujourd’hui…

Les ligues fascistes, 80 ans après !

imageimage« Vive le roi, on se fout des lois ! », « Travail, Famille, Patrie ! », « Juifs hors de France ! », « journalistes collabos ! » Vous n’y êtes pas. Non, nous ne sommes pas en 1934 !

 

 

1797555_1419297488309604_1868373887_nTout ce que notre pays compte de sexistes, d’intégristes, de fascistes, de royalistes, de racistes, bref de crétins obscurantistes, s’était donné rendez-vous le dimanche 26 janvier à PARIS, après la messe, pour s’époumoner à gueuler des slogans, non seulement contre le gouvernement, mais aussi contre la République qu’ils vouent à l’enfer. Ces braves gens avaient d’ailleurs choisi le « DIES IRAE » (« jour de colère »), l’hymne catholique évoquant, dans les messes de Requiem, le « jugement dernier » comme mot d’ordre de ralliement. Ah ! Quel rêve ! Revenir 80 ans en arrière !

imageHuit jours avant, une partie de ces pieux concitoyens avaient manifesté, avec la bénédiction de François – le pape, pas le président – contre la loi autorisant l’IVG (17 janvier 1975) et pour le soutien du gouvernement… espagnol qui vient de retourner aux sources du Franquisme, en déposant un projet de loi qui supprime purement et simplement le droit à l’avortement. Ah ! Quel rêve ! Revenir 40 ans en arrière !

Huit jours après, ils remettent le couvert : comme la loi instaurant « le mariageimage pour tous » a été votée, et que, malgré leurs vociférations réclamant la « destitution de Hollande », ils ont peu de chances d’obtenir que les homosexuels soient brûlés sur les bûchers de la très sainte Inquisition, ils amusent la galerie avec leurs fantasmes sur « la théorie du genre », la « gestation pour autrui », la prétendue politique antifamiliale du gouvernement. Aujourd’hui ils triomphent : le projet de loi sur la famille vient d’être repoussé aux calendes grecques ! Ah ! Quel rêve ! Revenir un siècle en arrière ! Revenir enfin à l’époque où l’école laïque, « l’école du diable », n’enseignait pas l’esprit critique, et où l’éducation se faisait au catéchisme – pour nos chères petites têtes blondes –, et à la médersa – pour les basanés des colonies …

Depuis des semaines, avec l’aide du « buzz » sur Internet que tous les réactionnaires ont investi à défaut de pouvoir imposer leurs obsessions par un vote démocratique, avec le soutien de commentateurs incultes ou faux-culs dans la presse de droite et à la télévision, on nous a bassinés avec une prétendue « théorie du genre » qui n’existe pas, et n’a jamais existé ! Le terme a été utilisé par des universitaires américains (« gender studies ») pour désigner ce qui ne relève pas stricto sensu de la biologie – l’inné –, mais bien souvent de l’éducation – l’acquis. C’est pourquoi, plutôt que de différences « sexuelles », ils ont préféré parler de « genres », comme en grammaire (genre masculin, féminin, voire neutre pour certaines langues). Bref, tous ces agités du bocal, qui n’ont pas lu de livre depuis qu’ils ont quitté l’école, viennent tout juste de découvrir que jouer aux cowboys, pour les petits garçons, n’est pas une affaire de quéquette, ni un problème de clitoris pour les petites filles,   de jouer à la poupée ! On me pardonnera une fois encore, de jouer au vieux con : Elena GIANINI BELOTTI, l’une des animatrices de l’école Montessori en Italie, a écrit « du côté des petites filles » en 1973 ! Elle y démontrait que l’idéologie dominante confortait les préjugés sexistes existant dans l’éducation, et maintenait les filles dans une attitude de soumission à la tradition patriarcale. J’ai lu moi-même cet essai, publié en français aux « Editions des Femmes », il y a quarante ans ! Et je ne parle pas du « Deuxième Sexe » de Simone de Beauvoir, publié en 1949, que nous avions tous déjà lu : « On ne naît pas femme, on le devient », avait écrit celle-ci avec humour. Mais ces gens-là doivent supposer que l’humour est une invention diabolique des hérétiques anglo-saxons…

Car le fond du problème est bien là. Revenir sur plus d’un siècle d’émancipation des femmes, revenir à l’ordre patriarcal où la femme n’est pas l’égale de l’homme, mais ne lui est que « complémentaire »[1], pour la plus grande gloire de Dieu dans les siècles des siècles Amen ! Ainsi s’explique leur haine des homosexuels qui ne désirent pas reproduire le modèle familial avec « papa et maman », la propagande forcenée contre toute tentative d’ouvrir les yeux sur les stéréotypes sexistes à l’école ( ABCD de l’égalité). Et ces braves gens sont assez crédules pour avaler les pires âneries qui font même rire les Belges : n’a-t-on pas dit que les instituteurs – à l’école laïque, évidemment – allaient apprendre aux enfants de C.P. à se masturber ? D’ici peu de temps, si l’on en juge par l’alliance qui s’est nouée, à l’occasion de ces manifestations, entre intégristes catholiques et musulmans, l’école laïque ne sera plus menacée seulement par les barbus salafistes mais aussi par tous les calotins, qu’ils brandissent la croix ou le croissant, voire l’étoile de David. A ce moment-là l’éducation sexuelle sera proscrite, les cours de biologie passeront sous silence la contraception, les filles viendront suivre les cours d’éducation physique avec des survêtements à capuche, on rétablira les blouses roses les semaines A et bleues les semaines B, on reviendra au mur séparant l’école des filles et l’école des garçons… Tout comme quand j’étais gosse ! Et les curés ensoutanés monteront en chaire le dimanche pour vous dire pour qui il faut voter. Tout comme quand j’étais gosse !

Vous pourrez dire ce que vous voudrez, mais quand la droite, prétendument « républicaine », colle au cul de tous ces énergumènes qui ne rêvent que d’abattre « la gueuse »[2], et que ses députés défilent avec eux, ceints de l’écharpe tricolore,  c’est qu’il y a quelque chose de pourri dans notre pays. Mais que des jeunes filles de 20 ans descendent dans la rue, déguisées en Marianne, pour revendiquer le retour à la soumission et à l’ordre patriarcal, ça me dépasse. Ôtez-moi d’un doute : serais-je devenu un vieux con ?


[1] Même la nouvelle constitution tunisienne votée par des députés en grande majorité islamistes (Ennhahda) a consacré le principe absolu de l’égalité entre hommes et femmes. C’est dire si la « manif pour tous » est progressiste !

[2] « la gueuse » est le terme méprisant qui désigne la République dans la prose de l’Action Française, journal créé par des antidreyfusards antisémites,  et devenu depuis l’organe de presse des royalistes, sous l’influence de Charles Maurras. « L’Action Française » existe toujours et a eu une influence déterminante dans les manifestations récentes.

La République est le gouvernement des Juifs […] La République est le gouvernement des pédagogues protestants […] La République est le gouvernement des Francs-maçons […] La République est le gouvernement de ces étrangers plus ou moins naturalisés ou métèques […] Charles MAURRAS, L’Action Française n°3, 23 mars 1908.

Les bricolos n’y vont pas mollo !

justice bricolo

La semaine dernière, la droite, l’extrême-droite et même une partie de la gauche nous bassinaient avec le « problème rom ». Rebelote ce dimanche : socialos versus bricolos ! Je déteste le bricolage, et je hais les dimanches, comme chantait Greco. Je ne suis pas assez débile pour aller passer ma journée dans une grande surface ! Et pourtant, KOCIUZKO-MORIZET qui aspire à la Mairie de PARIS, voudrait voir tout le monde s’y précipiter, jusqu’à minuit si besoin : « les gens ne comprennent pas, par exemple dans le cas de Sephora, que des syndicats censés les aider, ne défendent pas leurs intérêts ».

Les syndicats, voilà l’ennemi ! D’ici les prochaines élections, la droite n’a pas fini de nous casser les pieds avec les arguments les plus éculés. Mais à qui doit-on les lois successives qui ont battu en brèche le code du travail, à coups de dérogations et d’exceptions, et semé la pagaille ? Au gouvernement du petit Nicolas dont faisait partie la jolie Nathalie : c’est la « loi sur le repos dominical » du 22 juillet 2009 qui a introduit un dispositif spécifique dans les zones urbaines de plus d’un million d’habitants, soit Paris, Aix-Marseille et Lille (sauf Lyon) : le « périmètre urbain de consommation exceptionnel » (« Puce »). La droite voudrait généraliser cette dérogation au droit du travail à PARIS, sous prétexte que les touristes le réclament, que ça donne du travail aux étudiants sans le sou, et que ce qui fait marcher le commerce est bon pour la reprise économique… NKM va même jusqu’à dire que la « perfide Albion » qui n’est qu’à 2 heures de TGV, nous taille déjà des croupières ! Est-ce que cette péronnelle va aussi réclamer la suppression du SMIC pour accroître la compétitivité du commerce des Champs-Elysées ?

Si je dis que c’est la législation du travail que la droite voudrait flanquer par terre, c’est que c’est en bonne voie. Que les magasins de meubles ou de jardinage aient été autorisés à ouvrir le dimanche, et pas ceux de bricolage, n’est qu’une des aberrations classiques de l’empilement des textes règlementaires et dérogatoires.  Un premier jugement avait obligé BRICORAMA à fermer le dimanche. Le groupe a donc déposé plainte contre ses concurrents CASTORAMA et LEROY-MERLIN qui continuent à ouvrir en toute illégalité. Et tous ces vertueux défenseurs de la loi, quand elle les arrange, n’ont pas moufté. Au contraire, ils en rajoutent, en concédant tout de même hypocritement qu’il convient de ne requérir que des « salariés volontaires ». C’est bien le moins, puisque c’est une obligation légale ! Personne n’ignore pourtant les moyens de pression dont dispose un patron pour désigner des volontaires. Je me souviens que mon adjudant de quartier, quand il fallait répartir les corvées à l’armée, faisait ça très bien, avec beaucoup d’humour !

Et comme on est en pleine crise économique, les salariés sont les premiers à réclamer de « travailler plus pour gagner plus ». On a déjà entendu ça quelque part, non ? Pauvres naïfs ! Vous croyez qu’on va continuer à vous payer double, dès que le travail dominical tombera dans le droit commun ? Il suffit de constater que la loi – contrairement aux P.U.C.E. – ne prévoit rien de tel pour les « zones touristiques ou thermales » (décidées par arrêté préfectoral sur sollicitation du conseil municipal) :

« l’employeur n’est pas tenu de donner une contrepartie au salarié qui travaille le dimanche, sauf si des conventions ou accords collectifs le prévoient. Contrairement aux pratiques prévues dans les « Puce », le travail le dimanche dans ces secteurs ne s’effectuera pas sur la base du volontariat et les salariés ne bénéficieront pas de contreparties minimales. »

Si la gauche est assez conne pour emboîter le pas, par démagogie, à la droite et à l’extrême-droite, c’est son problème. Mais qu’on ne vienne pas me pleurer dans le gilet quand le Front National tiendra le haut du pavé et plumera la volaille socialiste !

Ah ! J’allais oublier un détail. Savez-vous qui a financé la campagne de mobilisation, « spontanée et indépendante » (ça va de soi !), de tous ces braves salariés qui détestent les syndicats et réclament la « liberté du travail » ? Leurs propres patrons ! M. Castorama et M. Leroy-Merlin ont embauché une agence de publicité (« Les Ateliers Corporate ») pour former, encadrer, conseiller ce « mouvement ouvrier spontané ». Des types qui sont payés par le patron pour s’en prendre aux droits de leurs camarades, ça porte un nom : ça s’appelle des « JAUNES » !

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La "loi de Lynch"

n-AUBE-DORE-large570Faut-il que la droite soit tombée bien bas pour que ses élus soi-disant républicains aillent manifester à NICE (ESTROSI, député-maire et CIOTTI, député et président du conseil général) pour soutenir un bijoutier qui s’est fait justice lui-même en tuant d’une balle dans le dos un jeune braqueur qui s’enfuyait. Faut-il qu’elle ait perdu la tête pour qu’un certain CAUCHE, maire UMP de CROIX dans le Nord, proclame qu’il soutiendra tout habitant de sa commune qui « commettrait l’irréparable contre un Rom ». Faut-il que la gauche soit déboussolée pour emboîter le pas à ces démagogues et autres piliers de bistrot, comme VALLS l’a fait à propos des « Roms », croyant flatter l’opinion et regagner quelques voix, sous prétexte que les 3/4 des Français pensent que les « Romanichels sont tous des voleurs de poules », comme le racontait leur grand-mère.

Si vous voulez mon avis, tous ces braves gens sont des dégonflés : ils ne vont pas au bout de leur logique. Au lieu de conspuer la pauvre Christiane TAUBIRA, Garde des Sceaux, et de bricoler dans les arrière-bureaux de leurs officines des faux lui inventant un fils criminel, je propose de reprendre les choses là où les a laissées leur mentor, l’inimitable camelot du prêt-à-porter politique, Nicolas SARKOZY.

Ces gagne-petits nous bassinent avec les « peines-plancher » que voudrait supprimer la gauche. Mais depuis 1791 (premier code pénal) les « repris de justice » encouraient déjà une peine double de celle prévue pour une première infraction ! Depuis 2007, la loi sur la récidive a permis… 4000 ans d’emprisonnement supplémentaires (selon le Ministère de la Justice) sans aucun résultat. Il faut donc revenir plus en arrière, et restaurer les châtiments corporels supprimés depuis deux siècles, ça fera les pieds à tous les « nique-ta-mère » ! Et surtout, il faut clouer le bec à tous ces juges qui prétendent « dire le droit » et « individualiser les peines » : foin de toutes ces précautions. En 2012, le budget des prisons était déjà plus élevé que celui des juridictions : c’est la bonne voie. Moins de juges, plus de matons ! Tout le pognon dans les prisons ! Et si ça ne suffit pas, on ressortira de la remise la bascule à Charlot. Vivement que la petite LE PEN fasse le ménage. Je sens que demain se lèvera une « aube dorée », comme on dit en grec !

Le salopard et les charognards

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Cahuzac est donc passé aux aveux. Après la grand-messe qu’il a servie pendant des mois, il a préféré passer à confesse. En général, les enfants de chœur font l’inverse : confiteor, corpus christi, ite missa est. Lui, il a commencé par dévaliser la sacristie, puis il est allé communier, et finalement il a été mis en pénitence. Et en pleine repentance, il a « demandé pardon » au président de la République, au Premier Ministre, à ses ex-collègues ministres, ses électeurs, les citoyennes et les citoyens français, AMEN !

Il y a plus extravagant que ce show à la mode de chez nous pour faire pleurer Margot dans les chaumières. On découvre aujourd’hui, dans un article du « Monde« , que l’ex-ministre avait ouvert ses comptes suisses à l’instigation de copains d’extrême-droite, membres de la famille de son ex-femme ! Vous suivez toujours ? Bref CAHUZAC est un mythomane comme on en a rarement rencontré : il n’est pas très difficile de se faire passer pour un « socialiste » quand on est opportuniste. Mais quand on grenouille avec les fachos du GUD1 , ça devient une performance étonnante que de passer inaperçu, quand bien même les socialos seraient un peu miros ! Surtout quand le premier type qui vous a ouvert la porte de l’Union des Banques Suisses est le dénommé Philippe Péninque, conseiller personnel de Marine LE PEN. C’est peut-être pour ça que le Front National est d’une modération inhabituelle dans ses attaques contre « la gauche ».

Pour le reste, c’est la comédie habituelle : la droite pavoise. Elle a enfin trouvé un soi-disant homme de gauche qui planquait son fric à l’étranger. Ça lui fait chaud au cœur de ne plus être seule à devoir cacher les « maladies honteuses » de ses élus ou de ses copains du patronat. En revanche, les militants de gauche ont la désagréable impression d’avoir été cocufiés : pendant qu’ils se battaient pour la justice sociale, un ministre du budget leur expliquait qu’il fallait « faire des sacrifices », mais se payait des parties de jambe en l’air avec le pognon qui leur était refusé.

Je ne retire pourtant rien de ce que j’ai écrit, même si Mediapart et PLENEL sont fêtés sur les plateaux de télévision par des confrères envieux, pour avoir « abattu un ministre ». Ce journalisme-là, qui repose sur la délation d’indics peu recommandables, n’est pas un modèle. J’ai été journaliste dans mes années de jeunesse : jamais je n’ai rien écrit dont je n’aie apporté la preuve. Il n’y a aucune gloire à tirer des confidences ou de la dénonciation d’un adversaire politique battu ou d’une épouse délaissée. Quand j’étais gosse, mes instituteurs m’ont appris qu’il était méprisable de cafter. Arrivé à l’âge canonique, je n’ai pas retourné ma veste. La seule victoire de la démocratie aujourd’hui, ce n’est pas que la presse ait obtenu la tête d’un tricheur, doublé d’un menteur, et réclame désormais celle de son ministre de tutelle, voire celle du président Rantanplan ; c’est que cette « affaire » a démontré que la séparation des pouvoirs n’est pas un vain mot : l’exécutif n’a plus la haute main sur le judiciaire comme avant 2.

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[1] Groupe Union-Défense : c’est la milice de l’extrême-droite, toutes tendances confondues, à la Fac de Droit de la rue d’Assas à PARIS. Leur principale occupation est de casser la gueule de tout étudiant qui penche un tant soit peu à gauche. De vrais philanthropes !

[2] La droite qui braille haut et fort aujourd’hui devrait, avec un peu de pudeur, se rappeler la belle époque où elle était au pouvoir. L’épisode le plus cocasse a été sans conteste l’histoire de Jacques TOUBON, ancien ministre de la Justice du gouvernement Juppé en 1996. Il avait affrété… un hélicoptère dans l’Himalaya pour rapatrier d’urgence le procureur Laurent DAVENAS qui y faisait du trekking, afin d’annuler la mise en examen de Xavière TIBERI, pour un rapport bidon sur la francophonie payé rubis sur l’ongle 268 954 francs par son copain DUGOIN !

Mélenchon abuse du gros rouge

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Ce n’était peut-être pas une bonne idée pour le « Parti de Gauche » de tenir son congrès à BORDEAUX. Manifestement, d’aucuns, partis de gauche, se sont retrouvés à l’extrême-droite, après avoir pris un coup dans le nez : le risque quand on fréquente les « châteaux » de notre belle région, c’est de finir à quatre pattes à la cave ! En tout cas, le secrétaire national du parti mélenchonnien, un certain Delapierre, avait dû lever le coude plus que de raison, en apostrophant les ministres des finances de l’Eurogroupe : « 17 salopards » ! Et il a ajouté, en levant son verre à la santé de l’un d’entre eux, vivement applaudi par les 800 délégués. » :  « Dans ces 17 salopards, il y a un Français, il a un nom, il a une adresse 1, il s’appelle Pierre Moscovici et il est membre du Parti socialiste »!  Mélenchon a ajouté aux amabilités de son compère que le « salopard » Moscovici, « petit intelligent qui a fait l’ENA », « ne pense pas français, [il] pense finance internationale ».

On sent tout de suite qu’entre ces deux anciens trotskystes il y a quelques vieux comptes à régler. Est-ce parce que Méluche était lambertiste quand Mosco était pabliste ? Est-ce parce que le premier, qui n’a jamais dû sa place qu’à un concours de circonstances, jalouse secrètement le second reçu au concours de l’ENA ?

En tout cas, je m’en voudrais de ne pas les aider à vider leur querelle sémantique avec quelques morceaux choisis qui pourraient aider les « camarades du Front de Gauche » si, prochainement, dans leur  » course de vitesse avec le FN » 2 pour casser du socialo, ils manquaient de munitions. Voici ARAGON, éminent patriote communiste :  » [ils] tomberont aux mains des émeutiers qui les colleront au mur / Feu sur Léon Blum (…)/ Feu sur les ours savants de la social-démocratie ! »  (« Le Front Rouge »,3 novembre 1931, édition française de la revue « Littérature de la Révolution mondiale », publiée à Moscou). Voici MAURRAS, illustre patriote de « l’Action Française », celui qui qualifiait de « divine surprise » l’arrivée au pouvoir de Pétain après l’invasion nazie, et avait dit de Léon Blum : « Voilà un homme à fusiller, mais dans le dos ! »  Quant à « Je suis partout » (1932), torchon antisémite qui s’illustra ensuite dans la collaboration, il écrivait à propos du même BLUM : « Il est par nature aussi indifférent aux intérêts de la France qu’un Japonais peut l’être aux intérêts du Chili « . Pourquoi rappeler les attaques des staliniens et des fascistes contre Léon BLUM ? Parce qu’on y trouvait les mêmes insinuations sordides : Blum était un traître. Pour l’extrême-droite, c’était parce qu’il était juif et qu’il mangeait dans « de la vaisselle d’or ». Pour les communistes, c’était parce qu’il était socialiste, c’est-à-dire « social-traître », « social-flic », etc..

Moscovici est né en France, d’un père roumain et juif. Ça tombe pile pour faire « la course » avec le Front National ! A la bonne vôtre, camarades4 !  ______________________________________________________________

[1] Il n’a même pas donné l’adresse ? Dégonflé !… Comment les bons Français vont faire pour aller lui casser la gueule, au salopard ?

[2] le mot est de Martine BILLARD, co-présidente du Parti de Gauche.

[3] Ce n’est pas le Front de Gauche, mais avouez que ce n’est pas tombé loin…

[4] Je n’ai jamais envisagé de rejoindre un tel parti politique. Mais soit dit en passant aux copains qui le soutiennent encore, de tels propos suffiraient à donner sa démission séance tenante. Quant à l’affaire de Chypre, je renvoie à ce que j’ai déjà écrit sur le sujet… et je note qu’à aucun moment, Mélenchon n’a expliqué ce qu’il fallait faire avant de déclarer le pays en faillite ! Pour faire la révolution, d’ici demain, ça va être un peu court pour un ci-devant paradis fiscal…

Choper la peste pour échapper au choléra

« […] le PS, lâché par ses électeurs, appelle à voter pour un voyou patenté au nom d’un front républicain de carnaval… » Jean-François KAHN

71620129Ainsi donc, le Parti Socialiste, par la voix de son 1er secrétaire Harlem Désir, appelle à voter pour l’UMP Jean-François MANCEL dans l’élection partielle de l’Oise dimanche prochain. Au premier tour en effet, Sylvie HOUSSIN, la candidate du PS, devancée en 2012 de 63 voix seulement, a perdu 10 000 voix dimanche dernier, et est arrivée derrière la candidate du Front National. Or les 2/3 des électeurs ne sont pas allés voter dimanche dernier. Du coup, la socialiste n’a pas obtenu 12.5% des électeurs inscrits, et est éliminée d’office.

Qui est ce MANCEL, le dernier rempart des « républicains » ? Un gugusse qui a fait carrière au parti gaulliste depuis 45 ans.

  • Sa carrière politique est un modèle d’opportunisme. Secrétaire Général du RPR en 1995, il est exclu de son parti en 1998 pour avoir encouragé et organisé le désistement réciproque entre RPR et Front National dans son département. La même année, il sauve sa présidence du Conseil Général de l’Oise grâce à une coalition avec l’extrême-droite. Et en 2002, il adhère à la nouvelle étiquette du parti gaulliste, l’UMP : on efface tout et on recommence !
  • Ses démêlés avec la justice sont tout aussi pittoresques. En 1997, il est l’objet de remontrances de la Cour des Comptes pour la « mauvaise gestion » du Conseil Général de l’Oise. Il faisait payer ses dépenses personnelles par le département. En 1998, le Procureur de la République classe l’affaire à condition qu’il rembourse… C’est pas cher payé.
  • En 1998, il est mis en examen pour « détournement de fonds publics » et « recel d’abus de biens sociaux » à la suite de commissions touchées sur la renégociation d’emprunts par le fameux Michel PACARY1, et sa société Rhoddlams, lequel est mort en emportant ses secrets dans la tombe (1999). Les poursuites seront finalement abandonnées en 2002, la justice n’ayant pu apporter « la preuve que les factures de Rhoddlams étaient fictives ».
  • Après une dizaine d’années de procédures diverses et variées,  pendant lesquelles il a été condamné à 18 mois de prison avec sursis, 30 000 euros d’amende et dix ans d’inéligibilité2, pour « prise illégale d’intérêt »3, il finit par obtenir satisfaction à l’usure en 2010 de la Cour Européenne des Droits de l’Homme pour un vice de forme4.

Et c’est pour un tel guignol que ce brave Harlem appelle à la « discipline républicaine » ? Hé les socialos, quand vous avez pris une claque, vous réclamez un coup de pied au cul ?

Voter MANCEL (UMP) pour ne pas voter ITALIANI (FN), c’est quasiment une histoire de palindrome : choisir « la droite extrême » pour éviter « l’extrême droite », comme l’a dit justement la candidate socialiste elle-même. Et refusant de se renier, elle a ajouté : « c’est bonnet blanc et  blanc bonnet », selon le mot fameux de Jacques DUCLOS, celui qui pleurait dans sa casquette à la tribune du congrès du PC quand « le camarade Staline est mort » en 1953, mais collait le même bonnet d’âne à Pompidou et Poher en 1969 ! On pourra dupondtpréférer la métaphore des deux DUPONDT. Les coupeurs de cheveux en quatre me rétorqueront qu’il n’y a pas qu’une différence orthographique entre Dupont et Dupond, dans les albums de Tintin, mais aussi de nature : l’un a les coins de la moustache relevés, l’autre tombants. Et pour les duettistes de BEAUVAIS, il est manifeste que M. MANCEL a de la barbe, et que Mme ITALIANI n’en a pas. Ça ne suffira pas pour convaincre l’électeur que MANCEL est un type au poil !

Bref, dimanche, faites comme moi : allez à la pêche ! Et que ça vous serve de leçon : il ne faut jamais laisser traîner les doigts dans le panier de crabes !

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[1] PACARY avait pignon sur rue dans les DOM-TOM et à GRENOBLE où il a contribué à la chute du maire RPR, CARIGNON. Il a reconnu lui-même : «Je reversais 25% de mes commissions en liquide au RPR. Une ou deux fois par mois, je remettais une enveloppe au trésorier adjoint et il allait mettre l’argent au coffre. C’est le RPR qui voulait du liquide. Pas de trace.» Peut-être se vantait-il un peu… Mais pour que le Luxembourg ait consenti à l’extrader à l’époque, il fallait que les charges fussent lourdes !

[2] Cette peine d’inéligibilité a été annulée lors de son second passage en cour d’appel, heureusement. Sinon, les électeurs de l’Oise eussent été privés de ce grand « républicain » !

[3] Il avait refilé un marché, en tant que Président du Conseil Général, à la société Euro-2C, actionnaire d’une chaîne de parfumeries dont Mancel était un autre actionnaire.

[4] « la Cour de cassation n’aurait pas dû se pencher deux fois dans une composition quasi identique sur le dossier » dit l’arrêt de la CEDH. En matière de chicane procédurière, les époux TIBERI ont fait mieux : ça fait 16 ans que ça dure, et ce n’est probablement pas fini !