Archives de Tag: Chine

le PCC (Parti Complètement Corrompu)

image

image

 

 

 

 

 

David Barboza, qui est à la tête du bureau du New York Times à Shanghai, est un journaliste modèle . La plupart des commentaires dans le monde font son éloge pour le “professionnalisme” et “l’indépendance” de son reportage sur l’enrichissement rapide et remarquable de la famille de Wen Jiabao, le premier ministre chinois. Sauf en Chine évidemment, où l’information a été censurée sur le champ : les moteurs de recherche, y compris Google qui n’ignore pas où est son intérêt, n’ont jamais entendu parler du New York Times. Weibo, le Twitter chinois, caviarde allègrement tout ce qui se rapporte à Papy Wen. Il faut dire que le populaire premier ministre – toujours le premier sur le terrain en cas de tremblement de terre, d’inondation, ou de manifestation de mécontentement – est accusé d’avoir favorisé sa famille qui posséderait environ 2,7 milliards d’euros d’actions d’une société d’assurance, PING AN, même sa vieille mère nonagénaire, Yang Zhiyun, dont on se demande comment elle a réussi à remplir sa tirelire de 120 millions d’euros avec une modeste pension d’institutrice retraitée ! La modestie des origines de Wen était même un des derniers arguments des défenseurs du Parti Communiste Chinois pour clouer le bec à tous les mauvais esprits qui affirment que le PCC n’est plus qu’une mafia qui se partage les prébendes du régime.

On ne me fera pas croire, connaissant un peu la société chinoise pour y avoir vécu pendant quelques années, qu’un journaliste, fût-il correspondant du prestigieux New York Times est à même d’obtenir copie des comptes bancaires d’un cacique du parti et de toute sa famille, y compris sa vieille mère qui vit au fin fond de la province du Gansu ! C’est donc qu’ON lui a fourni ces documents sur un plateau d’argent, si j’ose dire. Qui ? C’est ça le mystère. Est-ce la vieille garde conservatrice qui se venge de l’exclusion de Bo Xilai, l’étrange néo-maoïste de Chongqing ? Est-ce les opposants à la loi que préparait Wen Jiabao sur la “transparence”, contre la corruption ? Evidemment, si l’on ouvre la boîte de Pandore, ça risque de donner de mauvaises idées au bon peuple !

Wen Jiabao n’aura pas tant de problèmes. En criant à la diffamation, il vient de réclamer une enquête sur ses finances personnelles. Nullement suicidaire, c’est le parti communiste qui fera lui même les investigations, comme l’annonce aujourd’hui le South China Morning Post (Hong Kong). Ça doit être de l’humour chinois : c’est comme si J.F.Copé demandait à l’UMP d’enquêter sur les rétrocommissions de Balladur, ou bien encore si M.Aubry demandait au PS de faire le ménage dans les fausses factures de la fédération du Pas-de-Calais. Comme ça au moins, ça reste dans la famille.

Jeudi, va enfin se réunir, après bien des tergiversations, le 18° congrès du PCC. Xi Jinping (习近平 ), actuel vice-président, va prendre la place de Hu Jintao. Que ce soit les conservateurs ou les libéraux qui l’emportent parmi les bureaucrates du parti, il ne fait pas de doute que cette caste de princes rouges ne pourra longtemps encore maintenir le couvercle sur la marmite. Avec Internet, la censure a trouvé ses limites. Tant que le niveau de vie de toute la population s’améliorait, même au prix d’injustices flagrantes, personne n’y trouvait trop à redire. Avec la crise économique, le peuple pourrait désormais rechigner à perpétuer le kowtow ( 叩头) devant le nouveau maître de l’Empire du milieu*.Kowtow

____________________________________

*kowtow : devant l’empereur de Chine, geste traditionnel de soumission et signe de profond respect qui consiste pour la personne qui l’exécute à se mettre à genoux et en s’inclinant de manière à ce que sa tête touche le sol.

Victi sunt apud Cannas* !

805632A CANNES, à la fin de la semaine, on a eu droit à un spectacle qui tenait plus des comédies d’Aristophane que de la tragédie grecque ! Le potache PAPANDREOU convoqué par la Directrice (Frau M.) et le Surgé (Monsieur S.) de l’Europe, tancé comme un dernier de la classe et renvoyé chez lui faire ses heures de colle, a fini par capituler : il est viré.

J’étais à l’école à l’époque bénie de l’ORTF et la nostalgie m’a collé la larme à l’œil le soir-même. Quel extraordinaire numéro de congratulations mutuelles entre « Barack » et « Nicolas », sur les deux grandes chaînes de télévision française ! « Passe-moi la rhubarbe, je te passerai le séné ! » Mais curieusement, alors que SARKOZY, quelques jours auparavant, devant les deux mêmes chaînes de télévision – à l’exception des deux porte-cotons – nous avait fait croire à Superman, sauveur de l’Europe et du Monde, cette fois, il a le triomphe modeste : les Grecs ne parlent plus de référendum, c’est déjà ça. Mais sur la régulation des marchés, rien. Sur la taxation des transactions financières, rien. Sur la recapitalisation du Fonds de Secours Européen, rien. Personne n’est contre certes, personne n’est pour hélas.

Je vois bien que vous me trouvez de mauvaise foi… Je vous accorde que l’excellent Copé, chef de l’UMP, a proclamé que le G20 de Cannes était un “grand succès”. Il a même ajouté : « Grâce à la détermination et à l’engagement de Nicolas Sarkozy et d’Angela Merkel, la zone euro est plus que jamais sur la voie du sauvetage ». C’est la méthode Coué, Copé ! Vous imaginez les marins de la SNSM (Société Nationale de Sauvetage en Mer) lancer au naufragé qui boit la tasse : “nagez, mon vieux, on ne va pas tarder à vous balancer une bouée, vous êtes sur la bonne voie, le canot de sauvetage est dans les parages !” Bref, cherchez les engagements pris par les pays qui devaient se précipiter pour investir dans le “Fonds Européen de Secours Financier”. Tous n’ont qu’un seul mot à la bouche : “Aide-toi, le ciel t’aidera !” Voici, par exemple, le communiqué de l’agence officielle chinoise Xinhua après Cannes :

Hu Jintao a également eu des échanges de vue approfondis avec les dirigeants d’autres pays sur la question de la dette souveraine européenne, soulignant que l’économie mondiale ne pourrait se relever que si l’Europe restait persuadée, comme l’est la Chine, qu’elle avait complètement la capacité de résoudre ses problèmes de dette.

La leçon est cruelle : en un mot, démerdez-vous. Papandréou mis au coin par l’instituteur Sarkozy, l’inspecteur  Hu débarque dans la classe et fait son rapport : “La dette, c’est votre problème mon brave, pas le mien !” Ah ça alors ! La Chine ne vient pas à notre secours ? Comment se fait-ce ? Pourtant MERKOZY nous avait dit… Allez, mieux vaut en rire. Jaune, naturellement.

* vieil exemple de grammaire latine qui fait allusion à la dérouillée flanquée par Hannibal aux Romains