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Les cadavres dans le placard de droite

DEBROGLIE

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FONTANET

1921-†1976                     1920-†1979                        1921-  †1980

Trois morts mystérieuses de ministres de la République, dont 2 assassinats avérés, ont marqué la présidence de Giscard. Sacré tableau de chasse pour un « viandard » comme l’ex-président !

En 1976, son ami le Prince Jean de BROGLIE, descendant du Duc de Berry, un vrai aristocrate qui n’a pas acheté son titre comme le sieur Giscard, brillamment élu et réélu dans l’Eure, est assassiné en sortant de chez son « conseiller fiscal », par un assassin qui court toujours. La rumeur veut qu’il ait été victime d’un règlement de comptes pour avoir omis de rembourser un de ses prêteurs sur gages. Quels fonds ? Qui lui a logé une balle dans le buffet ? On n’en sait rien. La seule chose dont on soit sûr, c’est que le petit prince avait été le trésorier de la campagne présidentielle de GISCARD en 1974.

En 1980, Joseph FONTANET, ancien résistant, ancien cacique du MRP, rêvant vainement de créer en France un parti chrétien-démocrate, ancien ministre de Pompidou, est assassiné par des tueurs en voiture alors qu’il rentre chez lui après minuit. On n’a jamais su ni par qui ni pourquoi il avait été « exécuté ».

Entre temps, en 1979, se situe la fameuse « affaire BOULIN« . France 3 vient d’y consacrer deux films passionnants, un documentaire de Gilles CAYATTE lundi soir, et une fiction de Pierre AKNINE, mardi, suivie d’un débat dans l’émission « ce soir ou jamais » de Frédéric Taddéi. Le premier film défend la thèse « officielle » du suicide de Robert Boulin, le second celle d’un assassinat par les barbouzes du SAC, bras armé du parti gaulliste, sous la direction de Jacques FOCCART 1. J’avoue avoir été un peu estomaqué d’entendre sur une chaîne de télévision publique la mise en cause des plus hauts personnages de l’Etat de 1979, dont certains sont toujours en vie aujourd’hui, PASQUA et CHIRAC en particulier. Logiquement, il devrait y avoir des procès en diffamation sous peu ! Ou alors, c’est que les héritiers UMP du RPR chiraquien, trop occupés désormais à réciter le rosaire avec les catholiques intégristes contre le diable homosexuel, ont définitivement abjuré le gaullisme, malgré le discours ridicule de Guaino , qui voudrait singer André Malraux de peur qu’on le prenne pour Christine Boutin… La presse de droite vient déjà d’allumer des contre-feux, comme Le Point qui rappelle les suicides de François de Grossouvre et de Pierre Bérégovoy, pour démontrer qu’on a bien le droit de se suicider à droite puisque ça arrive aussi à des gens très bien à gauche !

J’ai toujours été sceptique, pour ma part, devant les soupçons d’assassinat lancés par la famille de Robert BOULIN depuis plus de 30 ans. Pourquoi s’embarrasser d’un meurtre quand on peut liquider un homme politique par une bonne campagne de presse diffamatoire ? Mais on comprend ses enfants : il faut réhabiliter la mémoire paternelle salie par un « petit juge rouge » du nom de Van Ruymbeke (eh oui ! déjà tout petit, il faisait chier le monde !) Car Boulin a incontestablement trempé dans une escroquerie dont il a bénéficié, même s’il a été manipulé par son peu scrupuleux ami TOURNET, ancien associé en affaires de Foccart pendant la guerre et résistant douteux. Il est probable que Boulin n’a jamais payé le terrain de sa résidence secondaire à Ramatuelle , vendu trois fois par l’escroc. Boulin était aux abois, d’autant que le juge venait de faire saisir les comptes bancaires privés du ministre, à la BNP de Libourne, où apparaissait un étrange versement en liquide de 40 000 FF2, quelques jours après la transaction, correspondant curieusement au prix d’achat du terrain.

Il n’en reste pas moins que certaines incohérences du dossier Boulin sont troublantes :

  • Comment se fait-il que la mort de Boulin ait été connue dès 2 heures du matin (on réveille le Procureur de la République) et qu’officiellement le corps ait été retrouvé vers 9 heures dans l’un des étangs de Hollande (ça ne s’invente pas !) situés dans les bois de Rambouillet ? Que s’est-il passé pendant tout ce temps ? Pourquoi cette mise en scène ?
  • Comment se fait-il que les lividités cadavériques soient visibles sur le dos de la victime alors que le corps était censé reposer sur le ventre ?
  • Comment se fait-il que le visage soit tuméfié, le nez et l’os maxillaire supérieur fracturés, si Boulin, shooté au valium, s’est seulement effondré dans un étang de 50 cm de profondeur, et noyé ?
  • Comment se fait-il que le bas du pantalon et les chaussures du ministre qui a pénétré de 15 mètres à l’intérieur de l’étang avant d’y tomber et de s’y noyer, n’aient conservé aucune trace de vase ?
  • Comment se fait-il que des scellés – en particulier les tissus pulmonaires qui auraient pu démontrer qu’il s’était bien noyé – ont mystérieusement disparu ?

Tout cela donne une impression fâcheuse d’improvisation. Et le débat qui a suivi la projection du film m’a sidéré tout autant. Jean CHARBONNEL, ancien député et ministre corrézien, grand ponte de la secte disparue des « gaullistes de gauche », ami de Boulin, a repris la fameuse allégation déjà révélée par la fille d’Alexandre SANGUINETTI : celui-ci aurait donné les deux noms des assassins de Robert BOULIN. Mais tant qu’il n’y aura pas de juge d’instruction pour rouvrir la procédure, Charbonnel ne dira rien, d’autant qu’il ne dispose d’aucune preuve. Le problème est que Sanguinetti est mort, et qu’il était par ailleurs ami proche de Boulin et lié lui-même au SAC : son témoignage est donc sujet à caution. Pour le moins…

Bref, je n’ai pas changé d’opinion3 : il s’est passé quelque chose au moment de la mort de BOULIN, dont le corps a probablement été déplacé. Pourquoi, comment, c’est une autre question : est-ce une négociation qui a mal tourné (je te rends mes dossiers sur le financement occulte du parti gaulliste, et tu me fous la paix avec l’affaire de Ramatuelle) ? Tout est possible avec les barbouzes gaullistes. J’ai moi-même le souvenir cuisant des méthodes de ces gens-là : en 1968, ils m’avaient fracassé le crâne à la suite d’une attaque de commando dans la faculté des Lettres « occupée », et j’avais dû changer de logement pour échapper à d’autres adeptes de la barre de fer. Mais hier soir, ce qui m’a scotché, c’est la déclaration de Charbonnel, l’œil pétillant malgré ses 85 ans : « à l’époque gaulliste le SAC était indispensable contre la gauche ou les partisans de l’OAS, après il a dérivé ! »  C’est dire que les polices parallèles et leurs combines barbouzardes sont utiles quand on a le pouvoir, et qu’elles deviennent détestables dès qu’on ne l’a plus. Voilà la morale de la droite. On comprend qu’elle fasse de la dépression nerveuse dès qu’elle se retrouve dans l’opposition ! Et ne me répliquez pas « tous pareils, tous pourris » : les socialos n’ont jamais été assez longtemps au pouvoir pour se payer le luxe d’embaucher à leur service des policiers corrompus ou des malfrats reconvertis ! On laissera de côté, pour l’instant, avec le problème grave du sexe des anges, la question de savoir si la gauche a une moralité supérieure à celle de la droite…

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1. On voit aussi apparaître Achille PERETTI, un des 3 fondateurs du SAC avec Pasqua et Foccart, ancien maire de Neuilly, et parrain politique de Nicolas Sarkozy qui lui succéda à la mairie. On connaît la suite…

2. La famille BOULIN a prétendu par la suite que les 40 000 FF provenaient d’un « don manuel » de la grand-mère BOULIN. Comme tout le monde est mort, personne ne les contredira…

3.  Si Boulin avait été assassiné, comment expliquer que ses archives soient restées 3 semaines sous clé dans sa permanence à LIBOURNE, jusqu’à ce qu’elles soient détruites par son assistant parlementaire, après qu’elles eurent été transportées à la déchèterie par des membres du SAC ? Il restait des lettres accusant le RPR dans ces archives… Comment peut-on croire que des assassins n’auraient pas fait le ménage avant, s’ils avaient pris soin de rédiger des faux pour faire croire à un suicide ? Lire l’interview de son assistant Bernard Fonfrède dans SUD-OUEST

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le PCC (Parti Complètement Corrompu)

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David Barboza, qui est à la tête du bureau du New York Times à Shanghai, est un journaliste modèle . La plupart des commentaires dans le monde font son éloge pour le “professionnalisme” et “l’indépendance” de son reportage sur l’enrichissement rapide et remarquable de la famille de Wen Jiabao, le premier ministre chinois. Sauf en Chine évidemment, où l’information a été censurée sur le champ : les moteurs de recherche, y compris Google qui n’ignore pas où est son intérêt, n’ont jamais entendu parler du New York Times. Weibo, le Twitter chinois, caviarde allègrement tout ce qui se rapporte à Papy Wen. Il faut dire que le populaire premier ministre – toujours le premier sur le terrain en cas de tremblement de terre, d’inondation, ou de manifestation de mécontentement – est accusé d’avoir favorisé sa famille qui posséderait environ 2,7 milliards d’euros d’actions d’une société d’assurance, PING AN, même sa vieille mère nonagénaire, Yang Zhiyun, dont on se demande comment elle a réussi à remplir sa tirelire de 120 millions d’euros avec une modeste pension d’institutrice retraitée ! La modestie des origines de Wen était même un des derniers arguments des défenseurs du Parti Communiste Chinois pour clouer le bec à tous les mauvais esprits qui affirment que le PCC n’est plus qu’une mafia qui se partage les prébendes du régime.

On ne me fera pas croire, connaissant un peu la société chinoise pour y avoir vécu pendant quelques années, qu’un journaliste, fût-il correspondant du prestigieux New York Times est à même d’obtenir copie des comptes bancaires d’un cacique du parti et de toute sa famille, y compris sa vieille mère qui vit au fin fond de la province du Gansu ! C’est donc qu’ON lui a fourni ces documents sur un plateau d’argent, si j’ose dire. Qui ? C’est ça le mystère. Est-ce la vieille garde conservatrice qui se venge de l’exclusion de Bo Xilai, l’étrange néo-maoïste de Chongqing ? Est-ce les opposants à la loi que préparait Wen Jiabao sur la “transparence”, contre la corruption ? Evidemment, si l’on ouvre la boîte de Pandore, ça risque de donner de mauvaises idées au bon peuple !

Wen Jiabao n’aura pas tant de problèmes. En criant à la diffamation, il vient de réclamer une enquête sur ses finances personnelles. Nullement suicidaire, c’est le parti communiste qui fera lui même les investigations, comme l’annonce aujourd’hui le South China Morning Post (Hong Kong). Ça doit être de l’humour chinois : c’est comme si J.F.Copé demandait à l’UMP d’enquêter sur les rétrocommissions de Balladur, ou bien encore si M.Aubry demandait au PS de faire le ménage dans les fausses factures de la fédération du Pas-de-Calais. Comme ça au moins, ça reste dans la famille.

Jeudi, va enfin se réunir, après bien des tergiversations, le 18° congrès du PCC. Xi Jinping (习近平 ), actuel vice-président, va prendre la place de Hu Jintao. Que ce soit les conservateurs ou les libéraux qui l’emportent parmi les bureaucrates du parti, il ne fait pas de doute que cette caste de princes rouges ne pourra longtemps encore maintenir le couvercle sur la marmite. Avec Internet, la censure a trouvé ses limites. Tant que le niveau de vie de toute la population s’améliorait, même au prix d’injustices flagrantes, personne n’y trouvait trop à redire. Avec la crise économique, le peuple pourrait désormais rechigner à perpétuer le kowtow ( 叩头) devant le nouveau maître de l’Empire du milieu*.Kowtow

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*kowtow : devant l’empereur de Chine, geste traditionnel de soumission et signe de profond respect qui consiste pour la personne qui l’exécute à se mettre à genoux et en s’inclinant de manière à ce que sa tête touche le sol.

Forza Italia !

justice nulsLe 6 avril 2009, un séisme de magnitude 6, ressenti jusqu’à ROME, ravageait L’AQUILA dans les Abruzzes et faisait 300 victimes outre des dizaines de milliers de sans-abri. Le tribunal de cette ville vient de condamner hier les 7 scientifiques qui faisaient partie de la commission de géophysiciens réunie une semaine avant la catastrophe, à 6 ans de prison… pour n’avoir pas prévu le tremblement de terre ! Le parquet n’y était pas allé avec le dos de la cuiller en réclamant 4 ans ferme. Mais les juges italiens en ont rajouté une louche, considérant qu’il s’agissait d’un “homicide par imprudence”. Pour la partie civile, c’est un triomphe : « Cela marque un pas en avant pour le système judiciaire et j’espère que cela conduira à des changements, non seulement en Italie, mais dans le monde entier », a déclaré Wania della Vigna, avocate de 11 plaignants. Je me demande si tous ces braves gens n’ont pas un peu abusé de la grappa ! Vous vous rappelez le fameux chapitre de “l’autodafé” dans “Candide” ? “Après le tremblement de terre qui avait détruit les trois quarts de Lisbonne, les sages du pays n’avaient pas trouvé un moyen plus efficace pour prévenir une ruine totale que de donner au peuple un bel autodafé ; il était décidé par l’université de Coïmbre que le spectacle de quelques personnes brûlées à petit feu, en grande cérémonie, est un secret infaillible pour empêcher la terre de trembler.” On reste ahuri que les juges italiens, un peuple pourtant si pieux, n’aient pas trouvé quelques hérétiques à brûler pour faire bonne mesure !

silvio-berlusconiPendant ce temps-là Silvio BERLUSCONI, qui n’a pas été fichu de reconstruire la ville depuis plus de 3 ans malgré ses promesses, court toujours, et son parti, “il popolo della liberta”, est encore majoritaire au parlement. Le beau Silvio, 76 ans et toutes ses dents, comparaît lui aussi devant un tribunal, celui de MILAN. Il est accusé d’avoir eu recours aux services d’une prostituée mineure, et d’avoir fait pression sur les enquêteurs pour étouffer le scandale. C’est le “Rubygate”. Contrairement aux savants “imprudents”, BERLUSCONI a tout prévu. Il a même gardé un culot d’enfer. S’il a fait libérer de prison la jeune Ruby – une jeune marocaine qui faisait commerce de ses charmes –, c’est parce qu’on lui avait dit que c’était “la nièce du président égyptien, Hosni MOUBARAK,” et qu’il voulait “éviter un incident diplomatique” ! On a échappé de peu à la cousine germaine du pape : l’ancien président du conseil a prétendu aussi que la jeune Marocaine “voulait se convertir à la religion catholique ». En résumé, s’il lui avait refilé un peu de pèze, c’était juste pour favoriser l’opération du Saint-Esprit. Décidément, il cavaliere prend les citoyens italiens pour des enfants de chœur.

20120925_manifestipolverini3Pendant le même temps, les caciques du parti de droite1 tiennent toujours le conseil régional de Rome, mais la présidente du Latium vient d’être contrainte à la démission devant le scandale provoqué par ses affidés qui tapaient dans la caisse. Son slogan était : “Ora facciamo pulizia” (“Maintenant nous faisons le ménage”). C’est l’histoire de l’arroseur arrosé ! La brave dame voudrait nous faire croire que le président du groupe régional du parti berlusconien, Franco FIORITO, surnommé “Batman”, 1.90m et 170 kg, inculpé de “détournement de fonds publics” n’a “pas volé, mais distribué”, comme il ose le préciser lui-même. Ce monsieur disposait de la clé d’une caisse de 8 millions d’euros, destinée aux “relations avec les électeurs”. – Si ! Ma qué cé n’est pas la corruptione ! Bien sûr, il a déjà prélevé 750 000€ pour son propre compte – si j’ose dire, vu qu’il avait une dizaine de comptes divers et variés – afin de se payer diverses bagnoles. Pourtant il ne manquait de rien puisqu’il touchait près de 300 000€ par an grâce à ses multiples indemnités de conseiller régional, président de groupe, président de commission, c’est à dire “plus que le président du conseil et le président de la république réunis” ! Mais comme il avait grand cœur, il payait sans barguigner les factures de ses petits copains du Popolo della Liberta, au nom des “relations avec les électeurs” : notes de supermarchés, repas au restaurant, achats chez Hermès, Gucci, etc. Au moment où Batman a été inculpé, il s’apprêtait à s’acheter une villa sur la Côte d’Azur, pour l’ajouter à ses onze appartements romains.

Mais bon, on est en Italie. En France, le cumul des mandats, les indemnités multiples et incontrôlées, les dessous de table, ça n’existe pas et nos élus ont un train de vie misérable. Comme le disait l’excellent Jean-François COPE, secrétaire général de l’UMP : « Tu comprends, si on n’a ici que des gens qui se contentent de 5.000 euros par mois, on n’aura que des minables« .(Sophie Coignard et Romain Gubert, L’oligarchie des incapables) FORZA FRANCIA !

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(1) Je vous fais grâce de l’histoire d’Umberto BOSSI, leader et fondateur de la Ligue du Nord, qui voulait faire rendre gorge aux profiteurs du sud de l’Italie : on s’est aperçu qu’il tapait lui aussi dans la caisse du parti pour ses voyages, ses menus plaisirs, et même l’entretien de ses baraques. Comme la plupart des caciques de l’alliance berlusconienne des partis de droite.