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LA GAUCHE PEUT MOURIR…

FRANCE-VOTE-DEPARTEMENTALES-PSLa Gauche peut mourir. Ça n’empêchera pas le crétinisme et l’opportunisme politique de prospérer. Du moins,  Cambadélis, comme Ponce-Pilate, s’en lavera les mains. En décidant de retirer leur liste de candidats dans le Nord et en Provence, les socialistes ont fait le choix de laisser la droite et l’extrême-droite se débrouiller entre elles. De toute façon, il n’y a plus de différence essentielle entre un Xavier BERTRAND ou un Christian ESTROSI et la plupart des électeurs du Front National, à l’exception peut-être des fascistes purs et durs, ceux qui défilent le bras levé en rangers et blouson noir, organisent des ratonnades contre tous nos compatriotes qui n’auraient pas la peau blanche ou ne seraient pas hétérosexuels…

Entre deux maux, il faut choisir le moindre. La tactique vise sans doute à sauver la face : la gauche ne portera pas le chapeau du succès des deux filles LE PEN® – je veux dire fille et petite-fille de LE PEN®, compagnon de route des miliciens des années 40, des tueurs de l’OAS et des généraux putschistes d’Algérie1. La droite, comme si elle en était devenue gâteuse, n’a cessé de répéter que ce n’était pas sa faute, que c’était la gauche qui était responsable de la montée du FN : elle est désormais seule face à ses responsabilités. Et elle va probablement perdre.

Par un heureux hasard, j’habite une région où la gauche va l’emporter. Je n’aurai pas de problème de conscience. Mais il est évident que si je devais choisir entre une LE PEN et un ESTROSI ou un BERTRAND, je voterais blanc. On ne choisit pas entre la peste et le choléra. On nous a fait le coup en 2002, avec CHIRAC. On a vu le résultat : « je les ai bien baisés« , s’est félicité le président d’alors. Encore était-il républicain. Je ne peux l’affirmer pour les deux sus-nommés.

Et puis, il n’est pas sans intérêt pour les naïfs que l’extrême-droite fasse la preuve de son incompétence : à la tête d’une région dont les pouvoirs sont limités – pas de pouvoir sur la fiscalité, sur la police ni sur la justice -, elle fera moins de tort qu’à l’assemblée nationale… On va vite comprendre que quelques braillards avinés et leur troupeau de moutons de Panurge, c’est le suicide politique assuré2. Cambadélis aurait-il la malice de Panurge3 ?

Il fait surtout la démonstration que la gauche peut disparaître. A l’heure où, partout en Europe, les partis dits « populistes », en réalité fascisants, sont aux portes du pouvoir, les calculs de boutiquiers des Verts ou du Front de Gauche sont hors de saison. A l’heure où des fascistes islamistes, pourtant citoyens français et non pas immigrés, comme le prétendent les crétins d’extrême-droite, sont prêts à se faire exploser après avoir assassiné le plus grand nombre possible de leurs compatriotes, il n’est plus temps de tergiverser. Ce n’est pas de lois d’exception dont nous avons besoin, comme la « déchéance de nationalité » qui va créer des Français de second ordre4, mais d’un mouvement de fond pour défendre les principes républicains que la droite comme l’extrême-droite sont près de jeter aux orties.

Dans ces conditions, continuer à maintenir sous perfusion un parti moribond – je parle du PCF – ou à rêver d’un « Parti de Gauche » excluant les Socialistes – Mélenchon, quand bien même il est un orateur de talent, est d’une myopie politique ahurissante5 –, tout cela relève de la politique de Gribouille. La leçon de 2002 n’a-t-elle pas suffi6 ? Si les écologistes et les communistes avaient fait liste commune avec toute la gauche, – on ne prétend pas faire « chambre à part » quand il y a le feu à la maison commune – le Nord et la Provence ne seraient pas sur le point de se donner aux héritières des assassins de Vichy et d’Alger !

Si on veut régénérer la gauche, qui en a bien besoin, ce n’est pas en lui administrant une saignée supplémentaire (comme Diafoirus : « saignare… purgare…♫ « ), qu’on va lui redonner la santé. Elle peut ne pas en réchapper. La preuve aujourd’hui ! Les seuls qui danseront la gigue sur le cercueil, ce sont les intégristes religieux de toute obédience, et les populistes ou les mongoliens qui pensent que l’air sera plus respirable quand ils auront claquemuré toutes les portes de la maison, et qu’on bouffera tous des rutabagas!

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(1) Faut-il rappeler qu’il n’y a pas si longtemps siégeaient au bureau national du FN d’anciens miliciens dont le co-fondateur du parti François BRIGNEAU, et que LE PEN lieutenant au 1° REP pendant la guerre d’Algérie a participé à bien des exactions de l’armée française.

(2) « Soudain, je ne sais comment cela se produisit, je n’eus pas le loisir de le considérer, Panurge, sans dire autre chose, jette en pleine mer son mouton criant et bêlant. Tous les autres moutons criant et bêlant sur le même ton commencèrent à se jeter et à sauter dans la mer tous à la file » (Rabelais, Quart Livre, Chapitre VIII)

(3) — J’en ai eu pour mon argent, répondit Panurge à Frère Jean des Entommeures qui lui reprochait d’avoir payé trop cher la démonstration !

(4) A partir du moment où on fait une ségrégation entre les « Français de souche » (lubie d’extrême-droite) et les bi-nationaux (de parents maghrébins en majorité) pour réserver à ces derniers une éventuelle déchéance, on renie les principes du droit du sol, et on fait le lit de l’extrême-droite !

(5) Si j’étais cruel, je rappellerais les émotions de groupie de Mélenchon à propos de CHAVEZQue reste-t-il aujourd’hui de la fameuse « révolution bolivarienne » une fois que les subsides du pétrole vénézuélien ont été gaspillés ?

(6) A l’époque, Christiane TAUBIRA et Jean-Pierre CHEVENEMENT avaient capté les voix qui avaient manqué à JOSPIN pour être présent au second tour. Nous ont-ils assez bassiné avec leur souci de « témoigner » pour l’avenir ? Que reste-t-il aujourd’hui du Parti Radical-Socialiste et du Mouvement Citoyen ? Il vaut mieux en rire qu’en pleurer…

Italian_Social_Movement_logo_(1972-95)logo-fnLe Front National héritier du mouvement fasciste, comme en témoigne évidemment son sigle de façon irréfutable

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vendredi 13

CULfLKFXAAAYzOBOn a donc affaire à des simples d’esprit ! Ils croient qu’en se faisant péter la gueule et en tuant le plus possible de « mécréants », ils iront directement au paradis d’Allah où les attendent des « vierges » prêtes à se faire sauter (elles aussi, mais pas dans le même sens).

Avez-vous noté que c’est quasiment tous des petits voyous qui faisaient du trafic de haschich, ou qui braquaient des épiceries de quartier ? Je me suis toujours demandé pourquoi les régimes fascistes de toute obédience s’en remettent à des crétins ou des demeurés pour accomplir les crimes que réclame leur idéologie (Cf. « la résistible ascension d’Arturo UI » de BRECHT, et « Lacombe Lucien » de Louis MALLE, ou la liste des petites frappes qui ont servi d’auxiliaires de la Gestapo pendant la guerre). Ce qui rassemble les Islamistes de tout poil, des Wahhabites d’Arabie Séoudite aux Chiites d’Iran, c’est leur haine de la démocratie. Mais les « calotins » ne valent guère mieux puisqu’ils considèrent tous que le dogme religieux est supérieur aux lois de la République. Voici ce qu’écrit l’abbé GROSJEAN (comme devant ?), porte-voix de l’Eglise catholique, dans le Figaro :
« Face à l’islamisme, une France prisonnière de la culture libertaire1 et du relativisme est une France fragile et démunie symbole_anarchistede ce qui fait sa grandeur et sa force. Une France qui ne s’aime pas, qui ne transmet plus l’héritage culturel et spirituel des siècles passés, qui ne sait plus ce qu’est le vrai, le bien, le beau, qui n’assume pas son passé ni sa vocation, qui s’auto-flagelle en permanence… cette France-là ne sera pas forte devant Peace for Parisces
barbares qui – eux – ne connaissent pas le doute. »
Les curés vont bientôt nous ressortir « la France, fille aînée de l’Eglise » ! Les mécréants vont avoir intérêt à marcher droit, Deo Gratias !

Donnez le pouvoir à ces braves gens – si LE PEN y arrive, il ne vous restera plus qu’à prier Ste Rita, « patronne des causes désespérées » – et vous aurez les mêmes résultats qu’avec les barbus.

Evidemment, il faudrait aussi se demander comment des jeunes paumés élevés en France, éduqués par l’école laïque, peuvent être cons au point de tirer dans le tas quand on leur donne une Kalachnikov. Pourquoi ont-ils accumulé une telle frustration qu’ils sont devenus capables de se prendre pour des héros quand ils assassinent benoîtement leurs voisins, leurs concitoyens, leurs compatriotes ? Ils ont assurément un pois chiche dans le cerveau, mais le discours hystérique contre les « étrangers » et les « musulmans » des demeurés de droite et d’extrême-droite n’y est sans doute pas étranger, si j’ose dire…

Quoi qu’il en soit, les fascistes islamistes ont déjà gagné la première manche :      « l’Etat d’Urgence », après « la loi sur le Renseignement », a consacré la fin de nos libertés républicaines et du respect du droit2, puisque les flics ont désormais toute liberté pour surveiller, espionner, perquisitionner, arrêter, sans rendre aucun compte à un juge ! On me répondra qu’ils le faisaient déjà avant – je parle de la surveillance coutumière des « Renseignements Généraux » – mais c’était illégal. Désormais, on n’aura plus qu’à fermer sa gueule : ils ont tous les droits ! 95% des Français approuvent, et la cote de HOLLANDE remonte dans les sondages…

CUGIqrvXAAAS97fSi la Droite et l’Extrême-Droite reprennent le pouvoir (je suis convaincu que l’avenir, plus ou moins proche, nous réserve une grande alliance de la droite et de l’extrême-droite, comme ça s’est déjà passé dans nombre de pays européens tels l’Autriche, le Danemark ou la Finlande), le terrain sera déjà prêt : la législation leur permettra d’interdire toutes les associations qui leur déplairont, de mettre en résidence surveillée tous les opposants gênants, etc. J’exagère ? Probablement n’avez-vous pas lu le texte de la loi sur la prolongation de « l’Etat d’urgence », ni écouté le discours de HOLLANDE au congrès de Versailles : tout y est !

Bref, on est en train de jeter le bébé avec l’eau du bain, comme dit le proverbe… C’est un truc qui ne risque pas de m’arriver. J’ai eu la prudence de ne pas faire d’enfants !

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1. Personne ne semble avoir remarqué que le dessin conçu par un certain Jean JULLIEN, intitulé « Peace for Paris », que les « croyants » ont transformé en « Pray for Paris », était en fait une transposition astucieuse du « A » libertaire (Anarchie). Pour ceux qui n’en sont pas convaincus, j’ai collé les 2 dessins côte-à-côte.

2. J’ai eu naguère une discussion un peu rude avec une de mes anciennes élèves de CASABLANCA, journaliste talentueuse d’ailleurs, qui, à la suite du massacre de « Charlie-Hebdo », dénonçait de façon virulente « l’islamophobie » des Français ; je lui avais fait remarquer que, jusque là, l’état de droit restait maintenu en France, et qu’aucun « Patriot Act » n’avait créé de législation d’exception, comme aux USA. Hélas, cette fois, c’est quasiment fait. Avec mes sincères regrets, Yasrine…

Déjà le début de la fin ?

une-aureole-au-dessus-de-la-tete-jean-marc-ayrault-remet-le_1514850_1200x600La gauche en général – le Parti Socialiste en particulier – vient de payer une avance sur le prix du chantier en cours. Le solde, dimanche prochain, pour le second tour des élections municipales, risque de la mettre sur la paille. Et après les élections européennes en mai, la droite pourra pavoiser, la gauche sera à poil ! Qu’à cela ne tienne, c’est le citoyen qui paiera l’addition.

La personnalité de François HOLLANDE, son leader, n’est sans doute pas faite pour entraîner l’enthousiasme des Français, surtout en période de crise économique. Tenter sans cesse de ménager la chèvre et le chou n’est pas la meilleure façon de montrer le chemin à suivre. Le bonhomme ne manque sans doute pas d’intelligence, mais il a le charisme d’un bonnet de nuit.

Quant au gouvernement, c’est une cour de petits marquis qui rêvent de l’époque de la Fronde : chacun tire à hue et à dia, et le char de l’Etat risque de finir au fossé. Les Barons de Province, qui se croyaient intouchables, vont probablement mordre la poussière les premiers. Pourquoi une telle déroute après moins de deux ans de pouvoir, quand la droite est réélue triomphalement, y compris ses voleurs et ses escrocs1, quand le Front National, avec un programme débile2, est acclamé par une partie de l’électorat populaire qui votait hier encore à gauche ?

On me dira que la période n’est pas favorable à un gouvernement quel qu’il soit, que la hausse continue du chômage et le début de récession en 2013, ne peuvent qu’engendrer l’impopularité. Il n’empêche : il y avait des mesures simples et rapides à prendre. Aucune n’a été prise, toute décision a été pesée au trébuchet des calculs politiques et des susceptibilités patronales : il a fallu plus d’un an pour voter la loi sur « le mariage pour tous » quand le problème aurait dû être réglé en moins d’un mois3. On a remis aux calendes grecques toute réforme fiscale, et bricolé des mesures symboliques4. Hollande et Ayrault ont expliqué benoîtement au peuple qu’il fallait encore se serrer la ceinture, et quémandé l’approbation de la bourgeoisie en lui offrant, pour la nième fois, des allègements de charges sociales sur les salaires des ouvriers : ils y ont gagné la colère du peuple et le mépris de la bourgeoisie. Même pas un mot de remerciement du patronat qui, comme toujours, a empoché la pièce (ce qui est pris n’est plus à prendre), et s’est bien gardé de rendre la monnaie !

Au moins, on aurait pu casser les reins à tous les carriéristes, opportunistes, profiteurs et autres branleurs, en votant d’entrée une loi limitant le cumul des mandats, en nombre et en durée5. On aurait pu ainsi enrayer la perpétuelle dénonciation démagogique des hommes politiques. Etouffer dans l’œuf une révolte dont se pourlèchent les conservateurs et les fascistes. Il n’en a rien été.

Comment s’étonner dans de telles conditions que la gauche, qui avait la majorité dans les communes, les départements, les régions, arrive désormais non seulement derrière la droite revancharde, mais même après les crétins du Front National ? Peut-être est-ce injuste. En 2002 aussi, quand LE PEN était passé devant JOSPIN et avait assuré le triomphe de CHIRAC.

Les cocus, comptez-vous, comme disait mon adjudant de quartier, quand j’étais régulièrement de corvée à l’armée, parce que j’avais le tort à ses yeux d’être un des seuls sursitaires dans mon bataillon de chasseurs alpins !

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[1] l’inoxydable BALKANY à Levallois-Perret, l’entreprenant WOERTH à Chantilly, etc. J’ai cru naïvement, pendant longtemps, que c’était une spécificité des républiques bananières de réélire systématiquement les politiciens les plus corrompus… Hélas, nous y sommes !

[2] Les « gars de la Marine » sont apparemment les seuls à prétendre résoudre la quadrature du cercle : diminuer les impôts et embaucher des flopées de flics municipaux armés jusqu’aux dents, par exemple ! Mais comme le disait justement Marcel PAGNOL dans Marius : « Tout le monde sait bien que c’est dans la Marine qu’il y a le plus de cocus. »

[3] Il ne fallait pas longtemps pour ajouter un seul article au code civil ! (« Art. 143. – Le mariage est contracté par deux personnes de sexe différent ou de même sexe. »)

[4] Ainsi le fameux taux de prélèvement de l’IRPP à 75% ne sera même pas payé par ceux qui empochent le pognon (1 million d’euros par an quand même), mais par leur entreprise : c’est la première fois, à ma connaissance, qu’on fait payer aux actionnaires les impôts des salariés !

[5] Il ne suffit pas de sanctionner les cumulards, il faut aussi empêcher que des parasites passent leur vie entière sous les ors de la République ou les lambris des Mairies, bref en finir avec les rentes de situation, quand le peuple est en train de ramer sur les bancs des galères. Mais comment convaincre des rentiers de se balancer d’eux-mêmes par-dessus bord ?

Les ligues fascistes, 80 ans après !

imageimage« Vive le roi, on se fout des lois ! », « Travail, Famille, Patrie ! », « Juifs hors de France ! », « journalistes collabos ! » Vous n’y êtes pas. Non, nous ne sommes pas en 1934 !

 

 

1797555_1419297488309604_1868373887_nTout ce que notre pays compte de sexistes, d’intégristes, de fascistes, de royalistes, de racistes, bref de crétins obscurantistes, s’était donné rendez-vous le dimanche 26 janvier à PARIS, après la messe, pour s’époumoner à gueuler des slogans, non seulement contre le gouvernement, mais aussi contre la République qu’ils vouent à l’enfer. Ces braves gens avaient d’ailleurs choisi le « DIES IRAE » (« jour de colère »), l’hymne catholique évoquant, dans les messes de Requiem, le « jugement dernier » comme mot d’ordre de ralliement. Ah ! Quel rêve ! Revenir 80 ans en arrière !

imageHuit jours avant, une partie de ces pieux concitoyens avaient manifesté, avec la bénédiction de François – le pape, pas le président – contre la loi autorisant l’IVG (17 janvier 1975) et pour le soutien du gouvernement… espagnol qui vient de retourner aux sources du Franquisme, en déposant un projet de loi qui supprime purement et simplement le droit à l’avortement. Ah ! Quel rêve ! Revenir 40 ans en arrière !

Huit jours après, ils remettent le couvert : comme la loi instaurant « le mariageimage pour tous » a été votée, et que, malgré leurs vociférations réclamant la « destitution de Hollande », ils ont peu de chances d’obtenir que les homosexuels soient brûlés sur les bûchers de la très sainte Inquisition, ils amusent la galerie avec leurs fantasmes sur « la théorie du genre », la « gestation pour autrui », la prétendue politique antifamiliale du gouvernement. Aujourd’hui ils triomphent : le projet de loi sur la famille vient d’être repoussé aux calendes grecques ! Ah ! Quel rêve ! Revenir un siècle en arrière ! Revenir enfin à l’époque où l’école laïque, « l’école du diable », n’enseignait pas l’esprit critique, et où l’éducation se faisait au catéchisme – pour nos chères petites têtes blondes –, et à la médersa – pour les basanés des colonies …

Depuis des semaines, avec l’aide du « buzz » sur Internet que tous les réactionnaires ont investi à défaut de pouvoir imposer leurs obsessions par un vote démocratique, avec le soutien de commentateurs incultes ou faux-culs dans la presse de droite et à la télévision, on nous a bassinés avec une prétendue « théorie du genre » qui n’existe pas, et n’a jamais existé ! Le terme a été utilisé par des universitaires américains (« gender studies ») pour désigner ce qui ne relève pas stricto sensu de la biologie – l’inné –, mais bien souvent de l’éducation – l’acquis. C’est pourquoi, plutôt que de différences « sexuelles », ils ont préféré parler de « genres », comme en grammaire (genre masculin, féminin, voire neutre pour certaines langues). Bref, tous ces agités du bocal, qui n’ont pas lu de livre depuis qu’ils ont quitté l’école, viennent tout juste de découvrir que jouer aux cowboys, pour les petits garçons, n’est pas une affaire de quéquette, ni un problème de clitoris pour les petites filles,   de jouer à la poupée ! On me pardonnera une fois encore, de jouer au vieux con : Elena GIANINI BELOTTI, l’une des animatrices de l’école Montessori en Italie, a écrit « du côté des petites filles » en 1973 ! Elle y démontrait que l’idéologie dominante confortait les préjugés sexistes existant dans l’éducation, et maintenait les filles dans une attitude de soumission à la tradition patriarcale. J’ai lu moi-même cet essai, publié en français aux « Editions des Femmes », il y a quarante ans ! Et je ne parle pas du « Deuxième Sexe » de Simone de Beauvoir, publié en 1949, que nous avions tous déjà lu : « On ne naît pas femme, on le devient », avait écrit celle-ci avec humour. Mais ces gens-là doivent supposer que l’humour est une invention diabolique des hérétiques anglo-saxons…

Car le fond du problème est bien là. Revenir sur plus d’un siècle d’émancipation des femmes, revenir à l’ordre patriarcal où la femme n’est pas l’égale de l’homme, mais ne lui est que « complémentaire »[1], pour la plus grande gloire de Dieu dans les siècles des siècles Amen ! Ainsi s’explique leur haine des homosexuels qui ne désirent pas reproduire le modèle familial avec « papa et maman », la propagande forcenée contre toute tentative d’ouvrir les yeux sur les stéréotypes sexistes à l’école ( ABCD de l’égalité). Et ces braves gens sont assez crédules pour avaler les pires âneries qui font même rire les Belges : n’a-t-on pas dit que les instituteurs – à l’école laïque, évidemment – allaient apprendre aux enfants de C.P. à se masturber ? D’ici peu de temps, si l’on en juge par l’alliance qui s’est nouée, à l’occasion de ces manifestations, entre intégristes catholiques et musulmans, l’école laïque ne sera plus menacée seulement par les barbus salafistes mais aussi par tous les calotins, qu’ils brandissent la croix ou le croissant, voire l’étoile de David. A ce moment-là l’éducation sexuelle sera proscrite, les cours de biologie passeront sous silence la contraception, les filles viendront suivre les cours d’éducation physique avec des survêtements à capuche, on rétablira les blouses roses les semaines A et bleues les semaines B, on reviendra au mur séparant l’école des filles et l’école des garçons… Tout comme quand j’étais gosse ! Et les curés ensoutanés monteront en chaire le dimanche pour vous dire pour qui il faut voter. Tout comme quand j’étais gosse !

Vous pourrez dire ce que vous voudrez, mais quand la droite, prétendument « républicaine », colle au cul de tous ces énergumènes qui ne rêvent que d’abattre « la gueuse »[2], et que ses députés défilent avec eux, ceints de l’écharpe tricolore,  c’est qu’il y a quelque chose de pourri dans notre pays. Mais que des jeunes filles de 20 ans descendent dans la rue, déguisées en Marianne, pour revendiquer le retour à la soumission et à l’ordre patriarcal, ça me dépasse. Ôtez-moi d’un doute : serais-je devenu un vieux con ?


[1] Même la nouvelle constitution tunisienne votée par des députés en grande majorité islamistes (Ennhahda) a consacré le principe absolu de l’égalité entre hommes et femmes. C’est dire si la « manif pour tous » est progressiste !

[2] « la gueuse » est le terme méprisant qui désigne la République dans la prose de l’Action Française, journal créé par des antidreyfusards antisémites,  et devenu depuis l’organe de presse des royalistes, sous l’influence de Charles Maurras. « L’Action Française » existe toujours et a eu une influence déterminante dans les manifestations récentes.

La République est le gouvernement des Juifs […] La République est le gouvernement des pédagogues protestants […] La République est le gouvernement des Francs-maçons […] La République est le gouvernement de ces étrangers plus ou moins naturalisés ou métèques […] Charles MAURRAS, L’Action Française n°3, 23 mars 1908.

Les bricolos n’y vont pas mollo !

justice bricolo

La semaine dernière, la droite, l’extrême-droite et même une partie de la gauche nous bassinaient avec le « problème rom ». Rebelote ce dimanche : socialos versus bricolos ! Je déteste le bricolage, et je hais les dimanches, comme chantait Greco. Je ne suis pas assez débile pour aller passer ma journée dans une grande surface ! Et pourtant, KOCIUZKO-MORIZET qui aspire à la Mairie de PARIS, voudrait voir tout le monde s’y précipiter, jusqu’à minuit si besoin : « les gens ne comprennent pas, par exemple dans le cas de Sephora, que des syndicats censés les aider, ne défendent pas leurs intérêts ».

Les syndicats, voilà l’ennemi ! D’ici les prochaines élections, la droite n’a pas fini de nous casser les pieds avec les arguments les plus éculés. Mais à qui doit-on les lois successives qui ont battu en brèche le code du travail, à coups de dérogations et d’exceptions, et semé la pagaille ? Au gouvernement du petit Nicolas dont faisait partie la jolie Nathalie : c’est la « loi sur le repos dominical » du 22 juillet 2009 qui a introduit un dispositif spécifique dans les zones urbaines de plus d’un million d’habitants, soit Paris, Aix-Marseille et Lille (sauf Lyon) : le « périmètre urbain de consommation exceptionnel » (« Puce »). La droite voudrait généraliser cette dérogation au droit du travail à PARIS, sous prétexte que les touristes le réclament, que ça donne du travail aux étudiants sans le sou, et que ce qui fait marcher le commerce est bon pour la reprise économique… NKM va même jusqu’à dire que la « perfide Albion » qui n’est qu’à 2 heures de TGV, nous taille déjà des croupières ! Est-ce que cette péronnelle va aussi réclamer la suppression du SMIC pour accroître la compétitivité du commerce des Champs-Elysées ?

Si je dis que c’est la législation du travail que la droite voudrait flanquer par terre, c’est que c’est en bonne voie. Que les magasins de meubles ou de jardinage aient été autorisés à ouvrir le dimanche, et pas ceux de bricolage, n’est qu’une des aberrations classiques de l’empilement des textes règlementaires et dérogatoires.  Un premier jugement avait obligé BRICORAMA à fermer le dimanche. Le groupe a donc déposé plainte contre ses concurrents CASTORAMA et LEROY-MERLIN qui continuent à ouvrir en toute illégalité. Et tous ces vertueux défenseurs de la loi, quand elle les arrange, n’ont pas moufté. Au contraire, ils en rajoutent, en concédant tout de même hypocritement qu’il convient de ne requérir que des « salariés volontaires ». C’est bien le moins, puisque c’est une obligation légale ! Personne n’ignore pourtant les moyens de pression dont dispose un patron pour désigner des volontaires. Je me souviens que mon adjudant de quartier, quand il fallait répartir les corvées à l’armée, faisait ça très bien, avec beaucoup d’humour !

Et comme on est en pleine crise économique, les salariés sont les premiers à réclamer de « travailler plus pour gagner plus ». On a déjà entendu ça quelque part, non ? Pauvres naïfs ! Vous croyez qu’on va continuer à vous payer double, dès que le travail dominical tombera dans le droit commun ? Il suffit de constater que la loi – contrairement aux P.U.C.E. – ne prévoit rien de tel pour les « zones touristiques ou thermales » (décidées par arrêté préfectoral sur sollicitation du conseil municipal) :

« l’employeur n’est pas tenu de donner une contrepartie au salarié qui travaille le dimanche, sauf si des conventions ou accords collectifs le prévoient. Contrairement aux pratiques prévues dans les « Puce », le travail le dimanche dans ces secteurs ne s’effectuera pas sur la base du volontariat et les salariés ne bénéficieront pas de contreparties minimales. »

Si la gauche est assez conne pour emboîter le pas, par démagogie, à la droite et à l’extrême-droite, c’est son problème. Mais qu’on ne vienne pas me pleurer dans le gilet quand le Front National tiendra le haut du pavé et plumera la volaille socialiste !

Ah ! J’allais oublier un détail. Savez-vous qui a financé la campagne de mobilisation, « spontanée et indépendante » (ça va de soi !), de tous ces braves salariés qui détestent les syndicats et réclament la « liberté du travail » ? Leurs propres patrons ! M. Castorama et M. Leroy-Merlin ont embauché une agence de publicité (« Les Ateliers Corporate ») pour former, encadrer, conseiller ce « mouvement ouvrier spontané ». Des types qui sont payés par le patron pour s’en prendre aux droits de leurs camarades, ça porte un nom : ça s’appelle des « JAUNES » !

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La "loi de Lynch"

n-AUBE-DORE-large570Faut-il que la droite soit tombée bien bas pour que ses élus soi-disant républicains aillent manifester à NICE (ESTROSI, député-maire et CIOTTI, député et président du conseil général) pour soutenir un bijoutier qui s’est fait justice lui-même en tuant d’une balle dans le dos un jeune braqueur qui s’enfuyait. Faut-il qu’elle ait perdu la tête pour qu’un certain CAUCHE, maire UMP de CROIX dans le Nord, proclame qu’il soutiendra tout habitant de sa commune qui « commettrait l’irréparable contre un Rom ». Faut-il que la gauche soit déboussolée pour emboîter le pas à ces démagogues et autres piliers de bistrot, comme VALLS l’a fait à propos des « Roms », croyant flatter l’opinion et regagner quelques voix, sous prétexte que les 3/4 des Français pensent que les « Romanichels sont tous des voleurs de poules », comme le racontait leur grand-mère.

Si vous voulez mon avis, tous ces braves gens sont des dégonflés : ils ne vont pas au bout de leur logique. Au lieu de conspuer la pauvre Christiane TAUBIRA, Garde des Sceaux, et de bricoler dans les arrière-bureaux de leurs officines des faux lui inventant un fils criminel, je propose de reprendre les choses là où les a laissées leur mentor, l’inimitable camelot du prêt-à-porter politique, Nicolas SARKOZY.

Ces gagne-petits nous bassinent avec les « peines-plancher » que voudrait supprimer la gauche. Mais depuis 1791 (premier code pénal) les « repris de justice » encouraient déjà une peine double de celle prévue pour une première infraction ! Depuis 2007, la loi sur la récidive a permis… 4000 ans d’emprisonnement supplémentaires (selon le Ministère de la Justice) sans aucun résultat. Il faut donc revenir plus en arrière, et restaurer les châtiments corporels supprimés depuis deux siècles, ça fera les pieds à tous les « nique-ta-mère » ! Et surtout, il faut clouer le bec à tous ces juges qui prétendent « dire le droit » et « individualiser les peines » : foin de toutes ces précautions. En 2012, le budget des prisons était déjà plus élevé que celui des juridictions : c’est la bonne voie. Moins de juges, plus de matons ! Tout le pognon dans les prisons ! Et si ça ne suffit pas, on ressortira de la remise la bascule à Charlot. Vivement que la petite LE PEN fasse le ménage. Je sens que demain se lèvera une « aube dorée », comme on dit en grec !

LE MATIN DU GRAND SOIR…

Je ne suis pas sûr que ce soit le programme de la droite libérale… et pourtant !

Je ne sais si vous vous rappelez précisément où se situe l’île de Chypre, dans cette région méditerranéenne qu’on appelait naguère « l’Asie Mineure ». Je ne sais si  vous savez que la Grande-Bretagne y a conservé, depuis l’indépendance (1960), deux enclaves qui sont restées colonie britannique avec plus de 4000 soldats sur 10% du territoire ; que depuis 1974, après un coup d’état fomenté par les colonels grecs qui souhaitaient annexer l’île, l’armée turque a envahi 40% du territoire, y amenant sa soldatesque et 120 000 immigrants d’Anatolie, pour une population totale de 1 200 000 habitants. Cette survivance de la lutte séculaire entre la Grèce et l’Empire Ottoman a provoqué de fait la partition du pays de chaque côté d’une « ligne verte ». Dans ces conditions, comment expliquer que ce fantôme de république ait pu accéder à l’Union Européenne en 2004, puis que cet ectoplasme ait adopté l’Euro en 2008, après de vaines tentatives de réunification par l’ONU  ? La réponse est d’une simplicité biblique : les Européens ont fermé les yeux. La Grèce menaçait d’opposer son véto à « l’élargissement de l’Union Européenne » : 9 anciens pays communistes de l’Est devaient adhérer en même temps que Chypre en 2004…

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Depuis, l’île paralysée par cet apartheid entre Grecs et Turcs, n’a dû sa survie qu’à ses combines de paradis fiscal, permettant le blanchiment de l’argent sale de mafieux de tous pays, particulièrement russes, et le libre accès aux circuits financiers européens, sans autre forme de procès. C’est ainsi que les banques chypriotes se sont retrouvées avec des dépôts représentant 8 fois la valeur du PIB de l’île ! Et quand est survenue la crise bancaire, que les obligations grecques ont plombé toutes les banques européennes, celles de Chypre étroitement liées à celles de Grèce et de Grande-Bretagne, se sont retrouvées avec des montagnes de papier sans valeur, et l’Etat tout entier au bord de la faillite.

Que faire ? La commission européenne, avec son efficacité déjà maintes fois éprouvée, n’a cessé de renvoyer la solution aux calendes grecques. Mais il a bien fallu trancher. Une seule alternative : soit prêter à l’Etat fantoche 10 milliards d’euros (il en demandait 17), sous l’égide de la commission européenne, du FMI et des gouvernements de l’union monétaire, et exiger des impôts nouveaux et des coupes sombres dans le budget pour sauver les banques ; soit expulser Chypre de l’union monétaire européenne, revenir à la livre chypriote, laisser les banques faire faillite, et dévaluer la monnaie de moitié, au moins. Dans les deux cas, la crise monétaire pointe à nouveau son nez en Europe. Mais dans le premier cas, les apparences sont sauves : mieux, la morale est préservée, puisque, sans doute sous l’influence du gouvernement allemand qui prétend punir la fraude fiscale, on a décidé d’imposer une taxation de tous les comptes bancaires (de 6.75 à 9.9%), administrant la saignée aux pauvres comme aux riches1.

J’imagine quels hurlements on aurait entendus de ces braves gens si un gouvernement de « partageux », un gouvernement socialiste par exemple, avait proposé une telle mesure ! Ce qui est vertu à droite est un vice à gauche, c’est bien connu. J’ai écouté attentivement hier radios et télévisions : pas un mot de protestation, pas même un soupir d’inquiétude, mis à part les habituels anti-européens (Lepénistes et communistes mélenchoniens). Depuis ce matin, les seuls à s’émouvoir sont les boursicoteurs : où va-t-on si demain un gouvernement peut taper dans la caisse et piquer sans vergogne les éconocroques des petits épargnants ? Depuis 48 heures, les députés chypriotes, pas suicidaires, se font tirer l’oreille avant de voter un tel « plan d’austérité », même si pour les petits portefeuilles, c’est moins douloureux qu’une baisse de 15% des salaires et des retraites. Ensuite, il va falloir faire voter aussi les députés des pays créditeurs : il n’est pas certain que ces messieurs du Bundestag vont avaler cette nouvelle potion du Dr Angela à quelques mois des élections allemandes…

En tout cas, si ça tourne mal en définitive, en ce matin du grand soir, je prends bonne note que des gouvernements de droite, quand il s’agit de sauver leur politique désastreuse en Europe, n’ont pas hésité à exiger la casse de la tirelire des petites gens pour garantir la spéculation éhontée des banques dans un paradis fiscal, clandestinement toléré dans une île européenne ! Ça pourra toujours servir de précédent, si un jour, il prenait l’envie à quelque gauchiste de faire vraiment payer les riches, autrement qu’en chansons !

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[1] Le ministre des Finances britannique a déjà annoncé depuis hier que le Gouvernement de sa Gracieuse Majesté rembourserait les braves fonctionnaires et pioupious qui avaient déposé leurs livres sterling dans les banques chypriotes. Ça lui coûtera moins cher que de mettre la main à la poche pour renflouer les finances de l’Etat chypriote !