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Notre-Dame des Landes, ora pro nobis !

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Dilemme cornélien : faut-il construire l’Aéroport du Grand Ouest au nord de NANTES pour remplacer celui qui est aux portes de la ville (Aéroport de Nantes-Atlantique)? Autant le dire tout de suite, je n’ai pas de réponse toute faite !

Si l’on écoute l’ACIPA, Association Citoyenne Intercommunale des Populations concernées par le projet d’Aéroport de Notre Dame des Landes, ouf!… lequel date de 1974, c’est une abomination ! Ils contestent la validité de la “Décision d’Utilité Publique” (Février 2008) qui autorise la réquisition des fermes et des terres agricoles : ils prétendent, sur la foi d’un contre-rapport commandé à un cabinet hollandais CE Delft, que les calculs de rentabilité sont faux, et que le déménagement de l’aéroport va coûter de l’argent plutôt qu’en économiser. Invérifiable sans avoir repris complètement le dossier et tiré des plans sur la comète. Bien sûr, le pétrole coûte plus cher qu’en 2008. Bien sûr le projet de tram-train est encore hypothétique. Bien sûr, les parkings pour les automobiles, outre le bitumage de quelques hectares supplémentaires, risque de coûter cher aux passagers de l’aéroport qui sera situé à 35 km de NANTES.

Il n’en reste pas moins que, sur le plan technique, les opposants au nouvel aéroport racontent des balivernes quand ils prétendent qu’on pourrait sans difficultés agrandir l”aéroport actuel. 1213_AD-2.LFRS_Page_2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  1. la piste de l’actuel aéroport (Nantes-Atlantique) est orientée sud-nord, une aberration dans une région ou les vents dominants viennent de l’ouest.
  2. la plupart des avions de ligne se posent donc en piste 21 après une longue finale désaxée de 11° , pour éviter le survol du centre ville : résultat, le repérage se fait sur un VOR[1] et les appareils ne peuvent se fier à l’ILS[2] qui permet l’atterrissage aux instruments. Par mauvais temps, il faut détourner le vol sur Bordeaux !
  3. outre le survol de la ville, la proximité du Lac de Grand Lieu (dans l’axe de la piste) représente un péril aviaire indiscutable, particulièrement au décollage.

Quant aux paysans expropriés (une quarantaine), même si on peut avoir de la compassion pour eux, il est un peu étonnant d’entendre certains se plaindre d’être spoliés, alors que le projet a plus de 40 ans, et que la grande majorité d’entre eux a déjà accepté de vendre. Un couple, très sympathique au demeurant, souvent interviewé dans les reportages et les articles de presse, a racheté sa ferme en 1999 : le projet avait déjà 25 ans à l’époque, et tout le monde était au courant ! Il est évident que, vu les circonstances, ils ont dû acheter à un prix avantageux. Aujourd’hui, comme beaucoup de riverains d’aéroports, ils se plaignent de ne pas faire la culbute sur la revente de leur propriété : pourquoi ne pas avoir le beurre et l’argent du beurre ?

Et ne me bassinez pas avec la défense des grenouilles des marais en zone humide : il y a 10% du montant des investissements qui sont réservés à la “compensation écologique”, une zone verte inconstructible réservée par le Conseil Général à l’agriculture entre Notre-Dame des Landes et Nantes. Le fond du problème est que les écolos barjots, ou les marginaux qui squattent les fermes abandonnées, sont contre tout projet économique de développement de la Bretagne : lors de la dernière manifestation, ils braillaient en cadence : “des potimarrons, pas d’avions !” La soupe au potiron, j’ai déjà donné quand j’étais môme, et ça ne m’a pas laissé de bons souvenirs…

Les écolos et le Front de Gauche (le PC pour l’essentiel) feraient bien de choisir sur quel pied danser. Les Ecolos sont actuellement les plus sûrs remparts de l’obscurantisme : ils misent sur toutes les angoisses de l’avenir, l’énergie nucléaire et les O.G.M. évidemment, mais aussi les lignes à haute tension, les antennes de téléphone mobile, et désormais l’aéronautique. La bagnole, ils hésitent : ils ne sont pas encore prêts à rouler à bicyclette ou en voiture à cheval ! Le Parti Communiste lui, est pour le Nucléaire, mais n’hésite pas à s’allier avec la droite contre le budget du gouvernement socialiste, contre l’Europe, et maintenant contre l’aéroport de Notre Dame des Landes puisque ça emmerde AYRAULT qui y a toujours été favorable, en tant que maire de Nantes. Mais ils ne seront pas contre le renfort de l’électorat socialiste quand il s’agira de préserver les quelques municipalités qui leur restent.

Bref, on aura compris que, contrairement aux héros du vieux Corneille, je ne sais pas trancher : d’un côté quasiment tous les élus et les collectivités locales qui rêvent de développement économique régional, de l’autre les écolos, le PCF, et des associations “citoyennes” alliées à une centaine d’activistes qui rêvent du grand soir. Si la rationalité du nouvel aéroport est discutable[3], elle n’est pas aberrante, comme le prétendent les illuminés qui voudraient interdire tout développement aéronautique[4] et rêvent de la vie édénique de la secte Amish. Est-il si difficile, loin des calculs politiques mesquins et des peurs dénuées de toute rationalité, de faire appel au simple bon sens ?1151-Aeroport (1)

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  1. Balise radio-électrique qui permet aux pilotes de calculer le cap et la distance qui sépare l’avion d’un point donné. (VHF Omnidirectional Range)
  2. Balise radio-électrique qui permet au pilote de régler l’approche finale de la piste, en conservant à la fois le bon cap et le bon plan de descente à 5%. C’est le seul moyen d’atterrir “aux instruments” (sans visibilité). (Instrument Landing System)
  3. L’expérience de LYON (Aéroport Saint-Exupéry) laisse dubitatif sur la possibilité de liaisons aéronautiques rentables avec l’Amérique ou l’Asie depuis l’Aéroport du Grand Ouest… Mais faut-il continuer à tout concentrer sur ROISSY ou ORLY, c’est-à-dire PARIS ?
  4. Si la France possède plus d’aérodromes (475) que les autres pays européens, c’est grâce au développement de l’aéronautique dans les aéroclubs, encouragée en 1936 par le Front Populaire. Mais seulement 267 ont une piste revêtue, les autres ont des pistes en herbe. Parmi les premiers, seules 44 disposent d’une piste de plus de 2500 mètres qui permet d’accueillir des “gros porteurs”. Ce qui n’autorise pas les écolos à prétendre que la France a deux fois plus d’aéroports que l’Allemagne ou la Grande-Bretagne (donc deux fois trop)…

Du bon usage de l’antisémitisme

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Le dénommé Richard PRASQUIER est président du CRIF (Comité Représentatif des Institutions juives de France) depuis le 13 mai 2007, soit une semaine après l’élection de Nicolas SARKOZY à la présidence de la République française. On pourrait n’y voir qu’une coïncidence chronologique. Mais force est de reconnaître qu’avec la présidence actuelle, le CRIF est devenu un simple lobby au service de la droite française d’une part, et du gouvernement de coalition (Likoud et divers partis d’extrême-droite) en Israël d’autre part. La moindre critique de la politique israélienne – par exemple la colonisation forcée, en Cisjordanie ou à Jérusalem-Est – est dénoncée avec véhémence par ce monsieur comme une forme larvée d’antisémitisme. Il faut bien se faire une raison : le CRIF n’est plus désormais qu’un lobby pro-israélien, qui soutient inconditionnellement son gouvernement, quelle que soit sa politique. Il a pris exemple aux Etats-Unis sur l’AIPAC (American Israeli Public Affairs Commitee), copié ses méthodes, et adopté ses préjugés politiques. Ce lobby juif, soutien acharné du Likoud et de la droite israélienne, est devenu si influent qu’il peut s’opposer à toute initiative de paix au Moyen-Orient inspirée par les USA. Et ça ne date pas d’hier : En novembre 1978, il y a plus de 30 ans, Nahum Goldmann, président du Congrès juif mondial, était déjà allé jusqu’à demander au président Carter de briser le « lobby juif » qu’il avait assimilé à « une force de destruction », à « un obstacle à la paix au Proche- Orient »[1]. C’est que l’AIPAC contrôle plusieurs dizaines de sénateurs et des membres du congrès plus nombreux encore. Ceux-ci, obsédés par leur réélection, ont tout intérêt à être en bons termes avec ce lobby qui fait la pluie et le beau temps, grâce à des adhérents nombreux (100 000 membres en 2009), très actifs (165 employés à plein-temps, un budget de 45 millions de dollars, selon les chiffres de 2009), et littéralement sectaires. Toute critique de la politique israélienne est devenue ainsi plus difficile à Washington qu’à Tel-Aviv ! On vient d’en avoir encore récemment la démonstration avec le véto américain à la reconnaissance d’un « état palestinien » non seulement à l’ONU, mais même à l’UNESCO[2] !

On pourrait connaître les mêmes vicissitudes – toutes proportions gardées – à PARIS, si l’on en juge par l’éditorial que vient d’écrire Richard PRASQUIER, et qui a fait du bruit dans Landerneau, si j’ose dire. Il attaque en effet le Parti Socialiste pour avoir « évincé », à l’occasion de l’accord électoral passé avec les Verts[3], quatre anciens députés parisiens qui sont considérés comme juifs. Il affirme sans sourciller : « L’effet d’affichage des noms des évincés est désastreux. Il est tentant de parler d’antisémitisme, certains l’ont déjà fait et je me garderai de les suivre. » Formidable prétérition ! C’est d’autres qui le disent, le président du CRIF ne le dit pas, il ne fait qu’en causer… Moi, pauvre goy, qui ai toujours appris, dès mon enfance, que « traiter de juif » quelqu’un d’après la consonance de son patronyme, était la première concession à l’antisémitisme, j’ai bonne mine. C’est le président du CRIF lui-même qui recourt à ce type de préjugé ! Il y a pire encore : le CRIF, qui s’était toujours honoré jusque là de défendre les valeurs de notre République laïque, réclamerait désormais son quota de députés juifs ? Et pourquoi pas demain un quota de musulmans, de luthériens et de calvinistes, de noirs, d’homosexuels, que sais-je encore ?

Les quatre intéressés ont beau démentir et protester, le mal est fait. Et Prasquier va plus loin, accuse les Verts et menace les socialistes, en dénonçant « la détestation d’Israël dont malheureusement les Verts ont absurdement fait un de leurs étendards. Les choix effectués par le PS seront perçus par la communauté juive comme allant dans le même sens ! » Bref, PRASQUIER accuse insidieusement les socialistes d’être des antisémites honteux. Que ce monsieur ait des opinions de droite, c’est son droit. Qu’il en vienne à des procédés dignes des amalgames les plus sordides et réservés d’habitude à l’extrême-droite, c’est à se demander si le CRIF ne marche pas sur la tête !

En tout cas, les plus hystériques ont bien compris le message. Un article délirant d’un certain Jean-Patrick GRUMBERG[4], intitulé modestement « les antisémites en ont rêvé, le PS l’a fait », accuse déjà le PS d’être pire que le parti nazi !

Six mois encore à tenir avant les élections… Six mois encore d’arguments de bateleurs de foire ! Quelle pitié !


[1] Cité par Edward Tivnan dans son livre sur les relations américano-israéliennes : Le Lobby, Simon and Schuster, New-York 1987.

[2] Les USA ont, en représailles, cessé de payer leur contribution à l’UNESCO

[3] Richard Prasquier s’inquiétait en particulier de la possible investiture d’Yves Contassot,« réputé être parmi les plus virulents des antisionistes du parti écologiste ».

[4] Je suppose – en tout cas j’espère – qu’il n’a rien à voir avec Jean-Claude GRUMBERG, écrivain pour lequel j’ai la plus grande admiration : j’avais mis en scène « L’Atelier », un pur chef-d’œuvre, et mis au programme du baccalauréat d’autres de ses pièces.

La vacuité de Monsieur HULOT !

LES-VACANCES-DE-MONSIEUR-HULOTJ’ai donc décidé d’être candidat à l’élection présidentielle et de mettre au service du changement le capital de confiance que j’ai pu accumuler auprès des Françaises et des Français.”

Hulot, c’est qui ça ? Connais pas… De quel “capital de confiance” parle ce monsieur ? On m’a dit que c’était un animateur de télévision. Désolé, je ne regarde jamais TF1, ça me déprime. Ah, il a créé une “fondation” subventionnée par EDF ! C’est sans doute pour ça que ce bon apôtre écologiste n’a pas dit un mot de l’énergie nucléaire : c’est comme à TF1, surtout ne pas contrarier les annonceurs !

Le rafiot de Monsieur HULOT a du vent dans les voiles et un programme ambitieux : “changer de cap”. On sent le vieux loup de mer. Autrefois, certains découvraient la “fracture sociale”, d’autres nous promettaient la “rupture”. Monsieur HULOT reste prudemment plus vague. Mais il a un programme qui décoiffe : “la solidarité, le partage, la justice, la démocratie, la tolérance, la modération, la sobriété, la diversité, le juste échange”. Rien que des idées proprettes qui ne vont fâcher personne. C’est que Monsieur HULOT pêche au grand large ; il n’est ni à droite, ni à gauche, ni au centre. Comment fait-il ? J’en suis vert ! La preuve, c’est qu’il n’est plus copain avec SARKOZY : son programme est “incompatible avec les politiques que le pouvoir en place et sa majorité développent en France”. Mais que les autres politicards ne pavoisent pas ! “Cela ne vaut pas pour autant blanc-seing pour ceux qui, à gauche ou au centre, se proposent de diriger le pays”.

Monsieur HULOT candidat à la présidence ? La télé lui est montée à la tête ! Il a confondu suffrage universel et parts de marché ! Il faut d’urgence qu’il arrête de causer pour ne rien dire. Qu’on le mette au repos, ça lui fera du bien. Et à nous aussi, ça nous fera des vacances !