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LA GAUCHE PEUT MOURIR…

FRANCE-VOTE-DEPARTEMENTALES-PSLa Gauche peut mourir. Ça n’empêchera pas le crétinisme et l’opportunisme politique de prospérer. Du moins,  Cambadélis, comme Ponce-Pilate, s’en lavera les mains. En décidant de retirer leur liste de candidats dans le Nord et en Provence, les socialistes ont fait le choix de laisser la droite et l’extrême-droite se débrouiller entre elles. De toute façon, il n’y a plus de différence essentielle entre un Xavier BERTRAND ou un Christian ESTROSI et la plupart des électeurs du Front National, à l’exception peut-être des fascistes purs et durs, ceux qui défilent le bras levé en rangers et blouson noir, organisent des ratonnades contre tous nos compatriotes qui n’auraient pas la peau blanche ou ne seraient pas hétérosexuels…

Entre deux maux, il faut choisir le moindre. La tactique vise sans doute à sauver la face : la gauche ne portera pas le chapeau du succès des deux filles LE PEN® – je veux dire fille et petite-fille de LE PEN®, compagnon de route des miliciens des années 40, des tueurs de l’OAS et des généraux putschistes d’Algérie1. La droite, comme si elle en était devenue gâteuse, n’a cessé de répéter que ce n’était pas sa faute, que c’était la gauche qui était responsable de la montée du FN : elle est désormais seule face à ses responsabilités. Et elle va probablement perdre.

Par un heureux hasard, j’habite une région où la gauche va l’emporter. Je n’aurai pas de problème de conscience. Mais il est évident que si je devais choisir entre une LE PEN et un ESTROSI ou un BERTRAND, je voterais blanc. On ne choisit pas entre la peste et le choléra. On nous a fait le coup en 2002, avec CHIRAC. On a vu le résultat : « je les ai bien baisés« , s’est félicité le président d’alors. Encore était-il républicain. Je ne peux l’affirmer pour les deux sus-nommés.

Et puis, il n’est pas sans intérêt pour les naïfs que l’extrême-droite fasse la preuve de son incompétence : à la tête d’une région dont les pouvoirs sont limités – pas de pouvoir sur la fiscalité, sur la police ni sur la justice -, elle fera moins de tort qu’à l’assemblée nationale… On va vite comprendre que quelques braillards avinés et leur troupeau de moutons de Panurge, c’est le suicide politique assuré2. Cambadélis aurait-il la malice de Panurge3 ?

Il fait surtout la démonstration que la gauche peut disparaître. A l’heure où, partout en Europe, les partis dits « populistes », en réalité fascisants, sont aux portes du pouvoir, les calculs de boutiquiers des Verts ou du Front de Gauche sont hors de saison. A l’heure où des fascistes islamistes, pourtant citoyens français et non pas immigrés, comme le prétendent les crétins d’extrême-droite, sont prêts à se faire exploser après avoir assassiné le plus grand nombre possible de leurs compatriotes, il n’est plus temps de tergiverser. Ce n’est pas de lois d’exception dont nous avons besoin, comme la « déchéance de nationalité » qui va créer des Français de second ordre4, mais d’un mouvement de fond pour défendre les principes républicains que la droite comme l’extrême-droite sont près de jeter aux orties.

Dans ces conditions, continuer à maintenir sous perfusion un parti moribond – je parle du PCF – ou à rêver d’un « Parti de Gauche » excluant les Socialistes – Mélenchon, quand bien même il est un orateur de talent, est d’une myopie politique ahurissante5 –, tout cela relève de la politique de Gribouille. La leçon de 2002 n’a-t-elle pas suffi6 ? Si les écologistes et les communistes avaient fait liste commune avec toute la gauche, – on ne prétend pas faire « chambre à part » quand il y a le feu à la maison commune – le Nord et la Provence ne seraient pas sur le point de se donner aux héritières des assassins de Vichy et d’Alger !

Si on veut régénérer la gauche, qui en a bien besoin, ce n’est pas en lui administrant une saignée supplémentaire (comme Diafoirus : « saignare… purgare…♫ « ), qu’on va lui redonner la santé. Elle peut ne pas en réchapper. La preuve aujourd’hui ! Les seuls qui danseront la gigue sur le cercueil, ce sont les intégristes religieux de toute obédience, et les populistes ou les mongoliens qui pensent que l’air sera plus respirable quand ils auront claquemuré toutes les portes de la maison, et qu’on bouffera tous des rutabagas!

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(1) Faut-il rappeler qu’il n’y a pas si longtemps siégeaient au bureau national du FN d’anciens miliciens dont le co-fondateur du parti François BRIGNEAU, et que LE PEN lieutenant au 1° REP pendant la guerre d’Algérie a participé à bien des exactions de l’armée française.

(2) « Soudain, je ne sais comment cela se produisit, je n’eus pas le loisir de le considérer, Panurge, sans dire autre chose, jette en pleine mer son mouton criant et bêlant. Tous les autres moutons criant et bêlant sur le même ton commencèrent à se jeter et à sauter dans la mer tous à la file » (Rabelais, Quart Livre, Chapitre VIII)

(3) — J’en ai eu pour mon argent, répondit Panurge à Frère Jean des Entommeures qui lui reprochait d’avoir payé trop cher la démonstration !

(4) A partir du moment où on fait une ségrégation entre les « Français de souche » (lubie d’extrême-droite) et les bi-nationaux (de parents maghrébins en majorité) pour réserver à ces derniers une éventuelle déchéance, on renie les principes du droit du sol, et on fait le lit de l’extrême-droite !

(5) Si j’étais cruel, je rappellerais les émotions de groupie de Mélenchon à propos de CHAVEZQue reste-t-il aujourd’hui de la fameuse « révolution bolivarienne » une fois que les subsides du pétrole vénézuélien ont été gaspillés ?

(6) A l’époque, Christiane TAUBIRA et Jean-Pierre CHEVENEMENT avaient capté les voix qui avaient manqué à JOSPIN pour être présent au second tour. Nous ont-ils assez bassiné avec leur souci de « témoigner » pour l’avenir ? Que reste-t-il aujourd’hui du Parti Radical-Socialiste et du Mouvement Citoyen ? Il vaut mieux en rire qu’en pleurer…

Italian_Social_Movement_logo_(1972-95)logo-fnLe Front National héritier du mouvement fasciste, comme en témoigne évidemment son sigle de façon irréfutable

Déjà le début de la fin ?

une-aureole-au-dessus-de-la-tete-jean-marc-ayrault-remet-le_1514850_1200x600La gauche en général – le Parti Socialiste en particulier – vient de payer une avance sur le prix du chantier en cours. Le solde, dimanche prochain, pour le second tour des élections municipales, risque de la mettre sur la paille. Et après les élections européennes en mai, la droite pourra pavoiser, la gauche sera à poil ! Qu’à cela ne tienne, c’est le citoyen qui paiera l’addition.

La personnalité de François HOLLANDE, son leader, n’est sans doute pas faite pour entraîner l’enthousiasme des Français, surtout en période de crise économique. Tenter sans cesse de ménager la chèvre et le chou n’est pas la meilleure façon de montrer le chemin à suivre. Le bonhomme ne manque sans doute pas d’intelligence, mais il a le charisme d’un bonnet de nuit.

Quant au gouvernement, c’est une cour de petits marquis qui rêvent de l’époque de la Fronde : chacun tire à hue et à dia, et le char de l’Etat risque de finir au fossé. Les Barons de Province, qui se croyaient intouchables, vont probablement mordre la poussière les premiers. Pourquoi une telle déroute après moins de deux ans de pouvoir, quand la droite est réélue triomphalement, y compris ses voleurs et ses escrocs1, quand le Front National, avec un programme débile2, est acclamé par une partie de l’électorat populaire qui votait hier encore à gauche ?

On me dira que la période n’est pas favorable à un gouvernement quel qu’il soit, que la hausse continue du chômage et le début de récession en 2013, ne peuvent qu’engendrer l’impopularité. Il n’empêche : il y avait des mesures simples et rapides à prendre. Aucune n’a été prise, toute décision a été pesée au trébuchet des calculs politiques et des susceptibilités patronales : il a fallu plus d’un an pour voter la loi sur « le mariage pour tous » quand le problème aurait dû être réglé en moins d’un mois3. On a remis aux calendes grecques toute réforme fiscale, et bricolé des mesures symboliques4. Hollande et Ayrault ont expliqué benoîtement au peuple qu’il fallait encore se serrer la ceinture, et quémandé l’approbation de la bourgeoisie en lui offrant, pour la nième fois, des allègements de charges sociales sur les salaires des ouvriers : ils y ont gagné la colère du peuple et le mépris de la bourgeoisie. Même pas un mot de remerciement du patronat qui, comme toujours, a empoché la pièce (ce qui est pris n’est plus à prendre), et s’est bien gardé de rendre la monnaie !

Au moins, on aurait pu casser les reins à tous les carriéristes, opportunistes, profiteurs et autres branleurs, en votant d’entrée une loi limitant le cumul des mandats, en nombre et en durée5. On aurait pu ainsi enrayer la perpétuelle dénonciation démagogique des hommes politiques. Etouffer dans l’œuf une révolte dont se pourlèchent les conservateurs et les fascistes. Il n’en a rien été.

Comment s’étonner dans de telles conditions que la gauche, qui avait la majorité dans les communes, les départements, les régions, arrive désormais non seulement derrière la droite revancharde, mais même après les crétins du Front National ? Peut-être est-ce injuste. En 2002 aussi, quand LE PEN était passé devant JOSPIN et avait assuré le triomphe de CHIRAC.

Les cocus, comptez-vous, comme disait mon adjudant de quartier, quand j’étais régulièrement de corvée à l’armée, parce que j’avais le tort à ses yeux d’être un des seuls sursitaires dans mon bataillon de chasseurs alpins !

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[1] l’inoxydable BALKANY à Levallois-Perret, l’entreprenant WOERTH à Chantilly, etc. J’ai cru naïvement, pendant longtemps, que c’était une spécificité des républiques bananières de réélire systématiquement les politiciens les plus corrompus… Hélas, nous y sommes !

[2] Les « gars de la Marine » sont apparemment les seuls à prétendre résoudre la quadrature du cercle : diminuer les impôts et embaucher des flopées de flics municipaux armés jusqu’aux dents, par exemple ! Mais comme le disait justement Marcel PAGNOL dans Marius : « Tout le monde sait bien que c’est dans la Marine qu’il y a le plus de cocus. »

[3] Il ne fallait pas longtemps pour ajouter un seul article au code civil ! (« Art. 143. – Le mariage est contracté par deux personnes de sexe différent ou de même sexe. »)

[4] Ainsi le fameux taux de prélèvement de l’IRPP à 75% ne sera même pas payé par ceux qui empochent le pognon (1 million d’euros par an quand même), mais par leur entreprise : c’est la première fois, à ma connaissance, qu’on fait payer aux actionnaires les impôts des salariés !

[5] Il ne suffit pas de sanctionner les cumulards, il faut aussi empêcher que des parasites passent leur vie entière sous les ors de la République ou les lambris des Mairies, bref en finir avec les rentes de situation, quand le peuple est en train de ramer sur les bancs des galères. Mais comment convaincre des rentiers de se balancer d’eux-mêmes par-dessus bord ?

La Suisse ouvre la voie et ferme la porte

Quand on sait ce qu’on sait, quand on voit ce qu’on voit, on a raison de penser ce qu’on pense (proverbe suisse).

suisse1J’ai été pris d’un fou rire nerveux, quand j’ai appris que la « votation » helvète avait donné la majorité au parti xénophobe – l’UDC est l’ersatz confédéral du Front National – pour bouter l’étranger hors de la Confédération Helvétique (50.3%). Comme disait déjà  il y a plus de deux siècles, un célèbre « frontalier » de FERNEY, Voltaire, qui connaissait bien ses voisins suisses : « La moitié de la Suisse est l’enfer, et l’autre moitié le paradis« .[1] Pourtant presque tout le monde était contre cette fichue votation : les patrons, les syndicats, la droite, la gauche. Mais « l’invasion des immigrés », c’est la ruée des pauvres qui viennent polluer les rives du lac de Genève, ce n’est quand même pas celle des honnêtes Français travailleurs frontaliers ! Non? Ben si ! Ça fait tout drôle de se retrouver dans le rôle du métèque, pas vrai Marine ? Hier, quand l’UDC faisait campagne lors d’une autre votation victorieuse contre « l’invasion des minarets », tous les débiles franchouillards d’extrême-droite applaudissaient à tout rompre et donnaient la Suisse en exemple. Tiens, on les entend pas aujourd’hui, les cons… On est toujours le bougnoule de quelqu’un, pas vrai Marine ?

618501-a-woman-walks-past-two-immigration-campaign-posters-in-lausanne« Y’a un pays qui est bien, c’est la Suisse. C’est propre la Suisse. On peut pas  attraper de maladie! On peut attraper que des médicaments », prétendait Coluche. Pas si sûr, on peut y être aussi contaminé par le virus de la connerie. Cette décision qui est parfaitement démocratique va en effet non seulement menacer l’emploi de nos concitoyens qui travaillent en Suisse, mais va aussi flanquer par terre TOUS les accords bilatéraux qui liaient la Suisse aux 28 pays de l’Union Européenne. En effet, ces accords négociés depuis 1999 étaient liés à la « liberté de circulation de la main-d’œuvre » entre la Suisse et les autres pays d’Europe ; ils deviennent donc caducs !

affiche-udcPoint d’argent, point de Suisse », disait déjà Racine il y a plus de trois siècles[2]. Les patrons helvètes se font évidemment du souci, puisque les 3/4 de leurs exportations se font en Europe, et ne bénéficieront plus du libre-échange naguère automatique. Inversement, les étrangers « immigrés » auront intérêt à ne pas contrarier leur patron suisse, car s’ils sont virés, il leur faudra désormais être admis dans les nouveaux « quotas » pour pouvoir prétendre retrouver un job ; et à une condition : qu’aucun petit Suisse ne soit sur les rangs, puisque c’est désormais « la préférence nationale » qui sera la règle. Bref, tout ce dont rêve le Front National – en finir avec l’Europe et l’immigration – et que les petits veinards de l’UDC – de soi-disant « centristes », sans doute parce qu’ils confondent leur pays avec le nombril du monde – viennent d’obtenir du vote populaire malgré un taux de chômage de… 3%.

n-TOUS-A-POIL-large300« On ne guérit pas un malade qui se croit en santé » (proverbe suisse). Ne soyons pas injustes. L’UMP française, dont la principale préoccupation est de coller au cul de l’extrême-droite, s’est empressée d’approuver, par la voix du dénommé Fillon (« Courage fuyons ! ») ladite votation. Quant à Copé, le président, il est tellement occupé à inventer des conneries pour rivaliser avec la « manif pour tous » et les mensonges haineux des prosélytes du refoulement sexuel, qu’il n’a pas encore compris qu’il va se retrouver « à poil » s’il continue à courir derrière Marine LE PEN !

 » Il faut bien des pelletées de terre pour enterrer la vérité » (proverbe suisse).

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[1] Voltaire, lettre à James Mariott

[2] Jean Racine, Les plaideurs

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Mise à jour du 11 février 2014 : Marine Le Pen a appelé dans la matinée sur Europe 1 le gouvernement français à suivre l’exemple des Suisses, qui ont fait «preuve de beaucoup de bon sens». «J’aimerais bien qu’on les suive d’ailleurs et je pense que s’il y avait un référendum en France sur ce même sujet, les Français voteraient très largement pour l’arrêt de l’immigration de masse», a-t-elle ajouté. «Il ne s’agit pas de mettre un mur, il s’agit d’avoir une porte. On l’ouvre ou on la ferme selon son intérêt, selon l’intérêt du peuple», a-t-elle assuré, «ça s’appelle la souveraineté». Elle est encore plus suicidaire que je ne pensais… Amis Belfortains, Jurassiens ou Savoyards « frontaliers », si vous votiez FN, c’est bien fait pour vous ! Vous avez ce que vous méritez ! Soit dit en passant, il va falloir que je réclame des droits d’auteur : « la porte fermée« , c’est du « copier-coller » ou je ne m’y connais pas, mais comme disait son incollable père, « on préfère toujours l’original à la copie » ! LOL, comme disent les gamins d’aujourd’hui…

Les ligues fascistes, 80 ans après !

imageimage« Vive le roi, on se fout des lois ! », « Travail, Famille, Patrie ! », « Juifs hors de France ! », « journalistes collabos ! » Vous n’y êtes pas. Non, nous ne sommes pas en 1934 !

 

 

1797555_1419297488309604_1868373887_nTout ce que notre pays compte de sexistes, d’intégristes, de fascistes, de royalistes, de racistes, bref de crétins obscurantistes, s’était donné rendez-vous le dimanche 26 janvier à PARIS, après la messe, pour s’époumoner à gueuler des slogans, non seulement contre le gouvernement, mais aussi contre la République qu’ils vouent à l’enfer. Ces braves gens avaient d’ailleurs choisi le « DIES IRAE » (« jour de colère »), l’hymne catholique évoquant, dans les messes de Requiem, le « jugement dernier » comme mot d’ordre de ralliement. Ah ! Quel rêve ! Revenir 80 ans en arrière !

imageHuit jours avant, une partie de ces pieux concitoyens avaient manifesté, avec la bénédiction de François – le pape, pas le président – contre la loi autorisant l’IVG (17 janvier 1975) et pour le soutien du gouvernement… espagnol qui vient de retourner aux sources du Franquisme, en déposant un projet de loi qui supprime purement et simplement le droit à l’avortement. Ah ! Quel rêve ! Revenir 40 ans en arrière !

Huit jours après, ils remettent le couvert : comme la loi instaurant « le mariageimage pour tous » a été votée, et que, malgré leurs vociférations réclamant la « destitution de Hollande », ils ont peu de chances d’obtenir que les homosexuels soient brûlés sur les bûchers de la très sainte Inquisition, ils amusent la galerie avec leurs fantasmes sur « la théorie du genre », la « gestation pour autrui », la prétendue politique antifamiliale du gouvernement. Aujourd’hui ils triomphent : le projet de loi sur la famille vient d’être repoussé aux calendes grecques ! Ah ! Quel rêve ! Revenir un siècle en arrière ! Revenir enfin à l’époque où l’école laïque, « l’école du diable », n’enseignait pas l’esprit critique, et où l’éducation se faisait au catéchisme – pour nos chères petites têtes blondes –, et à la médersa – pour les basanés des colonies …

Depuis des semaines, avec l’aide du « buzz » sur Internet que tous les réactionnaires ont investi à défaut de pouvoir imposer leurs obsessions par un vote démocratique, avec le soutien de commentateurs incultes ou faux-culs dans la presse de droite et à la télévision, on nous a bassinés avec une prétendue « théorie du genre » qui n’existe pas, et n’a jamais existé ! Le terme a été utilisé par des universitaires américains (« gender studies ») pour désigner ce qui ne relève pas stricto sensu de la biologie – l’inné –, mais bien souvent de l’éducation – l’acquis. C’est pourquoi, plutôt que de différences « sexuelles », ils ont préféré parler de « genres », comme en grammaire (genre masculin, féminin, voire neutre pour certaines langues). Bref, tous ces agités du bocal, qui n’ont pas lu de livre depuis qu’ils ont quitté l’école, viennent tout juste de découvrir que jouer aux cowboys, pour les petits garçons, n’est pas une affaire de quéquette, ni un problème de clitoris pour les petites filles,   de jouer à la poupée ! On me pardonnera une fois encore, de jouer au vieux con : Elena GIANINI BELOTTI, l’une des animatrices de l’école Montessori en Italie, a écrit « du côté des petites filles » en 1973 ! Elle y démontrait que l’idéologie dominante confortait les préjugés sexistes existant dans l’éducation, et maintenait les filles dans une attitude de soumission à la tradition patriarcale. J’ai lu moi-même cet essai, publié en français aux « Editions des Femmes », il y a quarante ans ! Et je ne parle pas du « Deuxième Sexe » de Simone de Beauvoir, publié en 1949, que nous avions tous déjà lu : « On ne naît pas femme, on le devient », avait écrit celle-ci avec humour. Mais ces gens-là doivent supposer que l’humour est une invention diabolique des hérétiques anglo-saxons…

Car le fond du problème est bien là. Revenir sur plus d’un siècle d’émancipation des femmes, revenir à l’ordre patriarcal où la femme n’est pas l’égale de l’homme, mais ne lui est que « complémentaire »[1], pour la plus grande gloire de Dieu dans les siècles des siècles Amen ! Ainsi s’explique leur haine des homosexuels qui ne désirent pas reproduire le modèle familial avec « papa et maman », la propagande forcenée contre toute tentative d’ouvrir les yeux sur les stéréotypes sexistes à l’école ( ABCD de l’égalité). Et ces braves gens sont assez crédules pour avaler les pires âneries qui font même rire les Belges : n’a-t-on pas dit que les instituteurs – à l’école laïque, évidemment – allaient apprendre aux enfants de C.P. à se masturber ? D’ici peu de temps, si l’on en juge par l’alliance qui s’est nouée, à l’occasion de ces manifestations, entre intégristes catholiques et musulmans, l’école laïque ne sera plus menacée seulement par les barbus salafistes mais aussi par tous les calotins, qu’ils brandissent la croix ou le croissant, voire l’étoile de David. A ce moment-là l’éducation sexuelle sera proscrite, les cours de biologie passeront sous silence la contraception, les filles viendront suivre les cours d’éducation physique avec des survêtements à capuche, on rétablira les blouses roses les semaines A et bleues les semaines B, on reviendra au mur séparant l’école des filles et l’école des garçons… Tout comme quand j’étais gosse ! Et les curés ensoutanés monteront en chaire le dimanche pour vous dire pour qui il faut voter. Tout comme quand j’étais gosse !

Vous pourrez dire ce que vous voudrez, mais quand la droite, prétendument « républicaine », colle au cul de tous ces énergumènes qui ne rêvent que d’abattre « la gueuse »[2], et que ses députés défilent avec eux, ceints de l’écharpe tricolore,  c’est qu’il y a quelque chose de pourri dans notre pays. Mais que des jeunes filles de 20 ans descendent dans la rue, déguisées en Marianne, pour revendiquer le retour à la soumission et à l’ordre patriarcal, ça me dépasse. Ôtez-moi d’un doute : serais-je devenu un vieux con ?


[1] Même la nouvelle constitution tunisienne votée par des députés en grande majorité islamistes (Ennhahda) a consacré le principe absolu de l’égalité entre hommes et femmes. C’est dire si la « manif pour tous » est progressiste !

[2] « la gueuse » est le terme méprisant qui désigne la République dans la prose de l’Action Française, journal créé par des antidreyfusards antisémites,  et devenu depuis l’organe de presse des royalistes, sous l’influence de Charles Maurras. « L’Action Française » existe toujours et a eu une influence déterminante dans les manifestations récentes.

La République est le gouvernement des Juifs […] La République est le gouvernement des pédagogues protestants […] La République est le gouvernement des Francs-maçons […] La République est le gouvernement de ces étrangers plus ou moins naturalisés ou métèques […] Charles MAURRAS, L’Action Française n°3, 23 mars 1908.

La "loi de Lynch"

n-AUBE-DORE-large570Faut-il que la droite soit tombée bien bas pour que ses élus soi-disant républicains aillent manifester à NICE (ESTROSI, député-maire et CIOTTI, député et président du conseil général) pour soutenir un bijoutier qui s’est fait justice lui-même en tuant d’une balle dans le dos un jeune braqueur qui s’enfuyait. Faut-il qu’elle ait perdu la tête pour qu’un certain CAUCHE, maire UMP de CROIX dans le Nord, proclame qu’il soutiendra tout habitant de sa commune qui « commettrait l’irréparable contre un Rom ». Faut-il que la gauche soit déboussolée pour emboîter le pas à ces démagogues et autres piliers de bistrot, comme VALLS l’a fait à propos des « Roms », croyant flatter l’opinion et regagner quelques voix, sous prétexte que les 3/4 des Français pensent que les « Romanichels sont tous des voleurs de poules », comme le racontait leur grand-mère.

Si vous voulez mon avis, tous ces braves gens sont des dégonflés : ils ne vont pas au bout de leur logique. Au lieu de conspuer la pauvre Christiane TAUBIRA, Garde des Sceaux, et de bricoler dans les arrière-bureaux de leurs officines des faux lui inventant un fils criminel, je propose de reprendre les choses là où les a laissées leur mentor, l’inimitable camelot du prêt-à-porter politique, Nicolas SARKOZY.

Ces gagne-petits nous bassinent avec les « peines-plancher » que voudrait supprimer la gauche. Mais depuis 1791 (premier code pénal) les « repris de justice » encouraient déjà une peine double de celle prévue pour une première infraction ! Depuis 2007, la loi sur la récidive a permis… 4000 ans d’emprisonnement supplémentaires (selon le Ministère de la Justice) sans aucun résultat. Il faut donc revenir plus en arrière, et restaurer les châtiments corporels supprimés depuis deux siècles, ça fera les pieds à tous les « nique-ta-mère » ! Et surtout, il faut clouer le bec à tous ces juges qui prétendent « dire le droit » et « individualiser les peines » : foin de toutes ces précautions. En 2012, le budget des prisons était déjà plus élevé que celui des juridictions : c’est la bonne voie. Moins de juges, plus de matons ! Tout le pognon dans les prisons ! Et si ça ne suffit pas, on ressortira de la remise la bascule à Charlot. Vivement que la petite LE PEN fasse le ménage. Je sens que demain se lèvera une « aube dorée », comme on dit en grec !

Le salopard et les charognards

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Cahuzac est donc passé aux aveux. Après la grand-messe qu’il a servie pendant des mois, il a préféré passer à confesse. En général, les enfants de chœur font l’inverse : confiteor, corpus christi, ite missa est. Lui, il a commencé par dévaliser la sacristie, puis il est allé communier, et finalement il a été mis en pénitence. Et en pleine repentance, il a « demandé pardon » au président de la République, au Premier Ministre, à ses ex-collègues ministres, ses électeurs, les citoyennes et les citoyens français, AMEN !

Il y a plus extravagant que ce show à la mode de chez nous pour faire pleurer Margot dans les chaumières. On découvre aujourd’hui, dans un article du « Monde« , que l’ex-ministre avait ouvert ses comptes suisses à l’instigation de copains d’extrême-droite, membres de la famille de son ex-femme ! Vous suivez toujours ? Bref CAHUZAC est un mythomane comme on en a rarement rencontré : il n’est pas très difficile de se faire passer pour un « socialiste » quand on est opportuniste. Mais quand on grenouille avec les fachos du GUD1 , ça devient une performance étonnante que de passer inaperçu, quand bien même les socialos seraient un peu miros ! Surtout quand le premier type qui vous a ouvert la porte de l’Union des Banques Suisses est le dénommé Philippe Péninque, conseiller personnel de Marine LE PEN. C’est peut-être pour ça que le Front National est d’une modération inhabituelle dans ses attaques contre « la gauche ».

Pour le reste, c’est la comédie habituelle : la droite pavoise. Elle a enfin trouvé un soi-disant homme de gauche qui planquait son fric à l’étranger. Ça lui fait chaud au cœur de ne plus être seule à devoir cacher les « maladies honteuses » de ses élus ou de ses copains du patronat. En revanche, les militants de gauche ont la désagréable impression d’avoir été cocufiés : pendant qu’ils se battaient pour la justice sociale, un ministre du budget leur expliquait qu’il fallait « faire des sacrifices », mais se payait des parties de jambe en l’air avec le pognon qui leur était refusé.

Je ne retire pourtant rien de ce que j’ai écrit, même si Mediapart et PLENEL sont fêtés sur les plateaux de télévision par des confrères envieux, pour avoir « abattu un ministre ». Ce journalisme-là, qui repose sur la délation d’indics peu recommandables, n’est pas un modèle. J’ai été journaliste dans mes années de jeunesse : jamais je n’ai rien écrit dont je n’aie apporté la preuve. Il n’y a aucune gloire à tirer des confidences ou de la dénonciation d’un adversaire politique battu ou d’une épouse délaissée. Quand j’étais gosse, mes instituteurs m’ont appris qu’il était méprisable de cafter. Arrivé à l’âge canonique, je n’ai pas retourné ma veste. La seule victoire de la démocratie aujourd’hui, ce n’est pas que la presse ait obtenu la tête d’un tricheur, doublé d’un menteur, et réclame désormais celle de son ministre de tutelle, voire celle du président Rantanplan ; c’est que cette « affaire » a démontré que la séparation des pouvoirs n’est pas un vain mot : l’exécutif n’a plus la haute main sur le judiciaire comme avant 2.

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[1] Groupe Union-Défense : c’est la milice de l’extrême-droite, toutes tendances confondues, à la Fac de Droit de la rue d’Assas à PARIS. Leur principale occupation est de casser la gueule de tout étudiant qui penche un tant soit peu à gauche. De vrais philanthropes !

[2] La droite qui braille haut et fort aujourd’hui devrait, avec un peu de pudeur, se rappeler la belle époque où elle était au pouvoir. L’épisode le plus cocasse a été sans conteste l’histoire de Jacques TOUBON, ancien ministre de la Justice du gouvernement Juppé en 1996. Il avait affrété… un hélicoptère dans l’Himalaya pour rapatrier d’urgence le procureur Laurent DAVENAS qui y faisait du trekking, afin d’annuler la mise en examen de Xavière TIBERI, pour un rapport bidon sur la francophonie payé rubis sur l’ongle 268 954 francs par son copain DUGOIN !

Israël tombe à l’extrême-droite !

BibermanQuelques jours avant de venir à PARIS en visite officielle, Benjamin NETANYAOU, premier ministre israélien et chef du Likoud, vient d’annoncer que son parti ferait “liste commune” avec Israël Beytenou (“Israël notre maison”), le parti d’Avigdor LIEBERMAN, autrefois videur de boîte de nuit Moldave, aujourd’hui ministre des Affaires Etrangères israélien du gouvernement de coalition de droite et d’extrême-droite. Les bonnes âmes diront que c’est la faute à la proportionnelle intégrale qui fait des petits partis les arbitres de la majorité  et favorise l’instabilité gouvernementale. Mais moi qui ai mauvais esprit, je ne peux m’empêcher de penser avec tristesse que c’est comme si, hier, lors de leur face-à-face sur France2, FILLON et COPE avaient annoncé leur intention de signer un pacte électoral de désistement réciproque avec le Front National. Ce dont ils se sont évidemment gardés comme de la peste (brune) !

C’est sûr qu’on aurait entendu brailler Richard PRASQUIER, le président du CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France). Mais là, c’est en Israël que ça se passe, où, prétendument, le fascisme ne peut exister ! Le premier ministre, surnommé Bibi, viendra le 1er novembre à TOULOUSE pour donner son opinion sur l’assassinat raciste, commis par un illuminé (Mohamed MERAH) de trois enfants et d’un professeur juifs dans une école confessionnelle. Le CRIF, qui apparaît désormais comme un simple lobby de soutien à la droite israélienne, approuve à l’avance toutes ses déclarations, comme en témoigne la réaction de la présidente du CRIF de Toulouse. Et on lit ce commentaire étrange sur le site Internet : “Comme le peuple auquel elle appartient, Nicole Yardéni considère que l’instabilité qui agite le monde arabo-musulman depuis les soulèvements populaires du printemps 2011 a probablement contribué à la dispersion de l’idéologie de l’islamisme terroriste dans les démocraties occidentales.” Je ne doute pas qu’il s’agisse d’une maladresse de rédaction, mais enfin, chère Madame, vous appartenez au peuple français qui, jusqu’à présent, n’a jamais condamné ce qu’on a appelé communément “le printemps arabe”, même s’il fait nettement moins beau pendant l’automne qui lui succède… Il serait temps que vous réfléchissiez au soutien inconditionnel que vous n’accordez qu’à la droite israélienne, même à un LIEBERMAN dont le programme, copie de celui du FN français, proposait en 2009 de retirer leur nationalité aux arabes israéliens (20% de la population) et de réserver les prestations sociales aux juifs israéliens. Il avait par ailleurs déclaré, comme s’en inquiétait Le Figaro, journal où la droite française a pourtant pignon sur rue: «Je suis en faveur de la démocratie, mais quand il y a une contradiction entre la démocratie et les valeurs juives, les valeurs juives et sionistes sont plus importantes.»

Navré, chère Madame, vous menez la communauté juive française dans le mur. L’antisémitisme des islamistes n’excuse pas le reniement de nos valeurs démocratiques communes. Du moins en France, dans notre république laïque.