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Déjà le début de la fin ?

une-aureole-au-dessus-de-la-tete-jean-marc-ayrault-remet-le_1514850_1200x600La gauche en général – le Parti Socialiste en particulier – vient de payer une avance sur le prix du chantier en cours. Le solde, dimanche prochain, pour le second tour des élections municipales, risque de la mettre sur la paille. Et après les élections européennes en mai, la droite pourra pavoiser, la gauche sera à poil ! Qu’à cela ne tienne, c’est le citoyen qui paiera l’addition.

La personnalité de François HOLLANDE, son leader, n’est sans doute pas faite pour entraîner l’enthousiasme des Français, surtout en période de crise économique. Tenter sans cesse de ménager la chèvre et le chou n’est pas la meilleure façon de montrer le chemin à suivre. Le bonhomme ne manque sans doute pas d’intelligence, mais il a le charisme d’un bonnet de nuit.

Quant au gouvernement, c’est une cour de petits marquis qui rêvent de l’époque de la Fronde : chacun tire à hue et à dia, et le char de l’Etat risque de finir au fossé. Les Barons de Province, qui se croyaient intouchables, vont probablement mordre la poussière les premiers. Pourquoi une telle déroute après moins de deux ans de pouvoir, quand la droite est réélue triomphalement, y compris ses voleurs et ses escrocs1, quand le Front National, avec un programme débile2, est acclamé par une partie de l’électorat populaire qui votait hier encore à gauche ?

On me dira que la période n’est pas favorable à un gouvernement quel qu’il soit, que la hausse continue du chômage et le début de récession en 2013, ne peuvent qu’engendrer l’impopularité. Il n’empêche : il y avait des mesures simples et rapides à prendre. Aucune n’a été prise, toute décision a été pesée au trébuchet des calculs politiques et des susceptibilités patronales : il a fallu plus d’un an pour voter la loi sur « le mariage pour tous » quand le problème aurait dû être réglé en moins d’un mois3. On a remis aux calendes grecques toute réforme fiscale, et bricolé des mesures symboliques4. Hollande et Ayrault ont expliqué benoîtement au peuple qu’il fallait encore se serrer la ceinture, et quémandé l’approbation de la bourgeoisie en lui offrant, pour la nième fois, des allègements de charges sociales sur les salaires des ouvriers : ils y ont gagné la colère du peuple et le mépris de la bourgeoisie. Même pas un mot de remerciement du patronat qui, comme toujours, a empoché la pièce (ce qui est pris n’est plus à prendre), et s’est bien gardé de rendre la monnaie !

Au moins, on aurait pu casser les reins à tous les carriéristes, opportunistes, profiteurs et autres branleurs, en votant d’entrée une loi limitant le cumul des mandats, en nombre et en durée5. On aurait pu ainsi enrayer la perpétuelle dénonciation démagogique des hommes politiques. Etouffer dans l’œuf une révolte dont se pourlèchent les conservateurs et les fascistes. Il n’en a rien été.

Comment s’étonner dans de telles conditions que la gauche, qui avait la majorité dans les communes, les départements, les régions, arrive désormais non seulement derrière la droite revancharde, mais même après les crétins du Front National ? Peut-être est-ce injuste. En 2002 aussi, quand LE PEN était passé devant JOSPIN et avait assuré le triomphe de CHIRAC.

Les cocus, comptez-vous, comme disait mon adjudant de quartier, quand j’étais régulièrement de corvée à l’armée, parce que j’avais le tort à ses yeux d’être un des seuls sursitaires dans mon bataillon de chasseurs alpins !

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[1] l’inoxydable BALKANY à Levallois-Perret, l’entreprenant WOERTH à Chantilly, etc. J’ai cru naïvement, pendant longtemps, que c’était une spécificité des républiques bananières de réélire systématiquement les politiciens les plus corrompus… Hélas, nous y sommes !

[2] Les « gars de la Marine » sont apparemment les seuls à prétendre résoudre la quadrature du cercle : diminuer les impôts et embaucher des flopées de flics municipaux armés jusqu’aux dents, par exemple ! Mais comme le disait justement Marcel PAGNOL dans Marius : « Tout le monde sait bien que c’est dans la Marine qu’il y a le plus de cocus. »

[3] Il ne fallait pas longtemps pour ajouter un seul article au code civil ! (« Art. 143. – Le mariage est contracté par deux personnes de sexe différent ou de même sexe. »)

[4] Ainsi le fameux taux de prélèvement de l’IRPP à 75% ne sera même pas payé par ceux qui empochent le pognon (1 million d’euros par an quand même), mais par leur entreprise : c’est la première fois, à ma connaissance, qu’on fait payer aux actionnaires les impôts des salariés !

[5] Il ne suffit pas de sanctionner les cumulards, il faut aussi empêcher que des parasites passent leur vie entière sous les ors de la République ou les lambris des Mairies, bref en finir avec les rentes de situation, quand le peuple est en train de ramer sur les bancs des galères. Mais comment convaincre des rentiers de se balancer d’eux-mêmes par-dessus bord ?

Le retour de la Françafrique

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C’est la guerre ! Encore une fois !

A peine rembarquée d’Afghanistan, l’armée française débarque au Mali. Et paradoxalement, c’est peut-être la leçon afghane qui vient d’être appliquée en Afrique. Sans doute avez-vous oublié comment les talibans étaient arrivés au pouvoir en Afghanistan ? Après que les Moudjahidines musulmans, financés par les USA, eurent contribué à jeter les Soviétiques hors de leur pays en 1989, ce fut la guerre civile entre les chefs des différentes milices. A partir de 1994, en moins de deux ans, d’obscurs “étudiants” quittent leurs médersas pakistanaises (« talib » signifie « étudiant » en arabe)  pour conquérir le pouvoir à Kaboul. Il s’agit évidemment de combattants manipulés  et entraînés par les services secrets pakistanais, accessoirement financés par un certain Ben Laden, ancien agent de la CIA, et soutenus par l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis. Personne ne les arrêtera plus, avant une guerre « d’occupation » qui dure toujours en 2013…

Revenons au Mali. Comme on le sait, la France et la Grande-Bretagne, avec l’aide des USA, ont mis à bas le régime de Kadhafi en Libye. Or ce que n’avaient pas prévu les inénarrables duettistes, BHL et Sarkozy, c’est que les mercenaires Touaregs du régime pilleraient ses arsenaux  en s’enfuyant, et retourneraient dans le nord du Mali avec armes et bagages. Pendant ce temps, les Américains avaient entrepris de “former” des commandos d’élite dans ce pays, l’une des rares démocraties d’Afrique, en s’appuyant essentiellement sur les Touaregs, des guerriers réputés. En mars 2012, un obscur capitaine, Amadou Haya SANOGO, formé pendant 6 ans aux USA dans les meilleures académies militaires , prend le pouvoir avec un bon vieux putsch, juste avant les élections présidentielles. Au bout de 20 jours, il accepte pourtant d’abandonner le pouvoir à un gouvernement civil provisoire, cédant aux pressions internationales, mais il continue à tirer les ficelles avec les militaires putschistes. Il faut dire que le MNLA (Mouvement de Libération de l’Azawad),a profité de son coup d’état pour proclamer la sécession du Nord-Mali : les ex-commandos d’élite, formés par les Américains, et dirigés par des Touaregs, désertent avec tout leur paquetage, les islamistes et trafiquants de diverses obédiences (AQMI, MUJAO, Ansar Dine) les rejoignent. Ce qui reste de l’armée malienne, c’est à dire pas grand-chose, s’enfuit devant ces combattants armés jusqu’aux dents. GAO, puis TOMBOUCTOU tombent entre leurs mains, la charia est instaurée, les femmes sont voilées de gré ou de force, les couples illégitimes lapidés, les voleurs présumés amputés, les fumeurs flagellés : c’est la victoire de la morale et de la religion ! Mais les malheureux Touaregs, qui n’avaient pas voulu ça, ont beau protester, c’est trop tard. Ils sont noyés sous les bandes islamistes, preneurs d’otages et trafiquants de drogue, dont la plupart, Algériens, Nigérians, Mauritaniens, sont étrangers au pays ;  ils doivent leur abandonner le pouvoir quand ils espéraient négocier l’indépendance avec le gouvernement de Bamako.

La lenteur avec laquelle les pays de la CEDEAO (pays d’Afrique de l’Ouest) réagissent, les velléités de négociation de l’Algérie et du Burkina avec les Touaregs de l’Azawad ou les Islamistes qui n’ont pas encore fait allégeance à Al Quaïda1, tout incite les Islamistes a croire au « Grand Soir » salafiste. La France parle précautionneusement de « soutenir » le « projet de reconquête » du Nord du Mali par une intervention militaire africaine. HOLLANDE, tirant les leçons de l’histoire, se méfie d’autant plus d’une « opération » militaire française que les islamistes détiennent des otages français depuis plusieurs années. Et puis, brusquement, le 9 janvier, alors que les militaires putschistes, opposés à toute intervention étrangère, s’apprêtaient à déposer le président par intérim, Dioncounda Traoré, qui avait appelé la France à l’aide, les islamistes foncent sur le sud et prennent sans coup férir les villes situées sur la route de Bamako. Le 11 janvier, estimant qu’il y avait le feu à la maison, et que les bons sentiments avaient fait leur temps, le gouvernement « de gauche » décidait de réhabiliter la Françafrique et d’envoyer les Mirages, basés au Tchad, bombarder les colonnes de 4×4 lancées sur Bamako. Puis les Rafales arrivent de « métropole », comme disent curieusement les journalistes avec des tics de langage de l’époque coloniale, et bombardent les stocks d’essence et d’armes situés dans les villes du Nord du Mali. Enfin, des troupes blindées arrivent en renfort depuis la Côte d’Ivoire, et montent aujourd’hui en première ligne.

Nous en sommes là. Les palabres pseudo-diplomatiques ont échoué, comme il était prévisible dans ce genre de poker menteur. La « méthode américaine » a échoué, en démontrant l’incompétence des services de renseignement yankees, puisque ce sont leurs protégés qui ont fait le lit des Islamistes. L’Europe, tout juste bonne à pondre des circulaires sur la protection des animaux, brille une fois de plus par son silence. La Françafrique revient avec ses légionnaires qui « étaient beaux, qui sentaient bon le sable chaud… »

Hollande, acculé par les bourdes commises en Lybie2 n’avait pas d’autre solution, à moins d’assister en spectateur à la création d’un nouvel Afghanistan en pleine Afrique, aux portes de l’Europe, mais surtout à côté des champs de pétrole d’Afrique de l’Ouest, des mines d’uranium du Niger, des phosphates du Sahara Occidental… Mais les risques sont immenses. Combien de temps va durer cette guerre ? La CEDEAO est-elle capable d’organiser une armée africaine pour « nettoyer » ces régions désertiques qu’elle connaît mal, contrairement à ses adversaires armés jusqu’aux dents, et qui disposent probablement encore de dépôts d’essence et d’armes dans les régions montagneuses du Sahara. On n’est pas à l’abri de bavures qui rejailliront nécessairement sur l’armée de l’ancien pays colonial, comme autrefois au Rwanda et en Côte d’Ivoire. Déjà l’armée malienne, divisée, humiliée, ridiculisée, commence à régler ses comptes en faisant la chasse à l’homme dans les villes abandonnées par les barbus salafistes !

Concluons : même si l’opinion française3 et malienne, voire africaine4, soutient l’opération « Serval » à 80%, Hollande ferait bien de retenir les leçons du passé. Il faut se dégager le plus tôt possible du bourbier africain ! Comment expliquer que des armées, des Etats africains, des pays indépendants depuis plus d’un demi-siècle soient incapables de venir à bout de quelques milliers de pirates qui enlèvent des otages, font du racket ou du trafic de drogue leur gagne-pain, et masquent ça sous le chèche de la religion ? Le colonialisme a le dos large : si les choses durent5 et tournent mal, c’est la France qui sera mise au banc des accusés !

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1. L’Algérie, opposée à la guerre, a tenté vainement de négocier avec les Touaregs du MNLA (indépendantistes laïcs) et d’Ansar Dine (islamistes). On les comprend : ils doivent faire face depuis des années aux maquisards islamistes dans le sud du pays, ils n’ont pas envie d’y ajouter une rébellion touareg !

2. Demandez-vous pourquoi on laisse le régime sanguinaire du Baas assassiner des dizaines de milliers de Syriens ! Tout simplement parce que la bévue commise en Libye (armer les Islamistes) fait hésiter les Occidentaux. Ce qui ne changera rien, puisque là comme ailleurs, la liquidation de toute opposition progressiste, avec la bénédiction des gouvernements européens, a laissé le champ libre aux « djihadistes ». Allah u’ Akbar !

3. A part Mélenchon, Mamère, et… Villepin dont les brillantes intuitions en Côte d’Ivoire ne l’autorisent guère à plastronner… Quant à Giscard, c’est l’hôpital qui se fout de la charité !

4. Seuls « nos amis » (?) du Qatar appellent au cessez-le-feu et aux négociations. Comme ce sont eux qui ont financé et armé les Islamistes, hier en Libye, aujourd’hui en Syrie, on comprend pourquoi !

5. L’armée française annonce avec gourmandise que la guerre va durer et commence déjà à réclamer que son budget soit revu à la hausse ! En Libye, il avait fallu faire appel aux Ricains, vu que nos stocks de munitions étaient à sec. Question subsidiaire au Mali : dans combien de temps nos avions seront-ils cloués au sol ?

Plutôt un grand noir qu’un petit blanc !

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Donc, on vote aux USA. OBAMA est donné gagnant contre ROMNEY à 2 contre 1. On verra ça demain…

Il n’empêche, cette élection si compliquée, si éloignée du bon vieux suffrage universel à deux tours que nous connaissons en FRANCE, nous a peut-être donné une préfiguration de ce qui nous attend en Europe. Comment est-il possible que la frange la plus réactionnaire du parti républicain ait pu imposer ses idées à un citoyen américain sur deux ? Ils sont contre l’assurance-maladie, contre l’avortement et la liberté des mœurs, contre les homosexuels et les libre-penseurs, contre les impôts et “l’Etat Nounou” (Nanny state), etc. Mais pour la liberté du loup dans la bergerie, ou du renard dans le poulailler.

Barack OBAMA pendant 4 ans a gouverné avec prudence, comme le “centriste” qu’il est. Il avait suscité l’espoir d’être différent. Il a déçu, parce qu’il ne pouvait en être autrement. Pour gouverner aujourd’hui, il faut convaincre l’opinion : c’est la rançon de la démocratie parlementaire. Or nous vivons une époque de crise où les gens ont peur de l’avenir. Où ils craignent que leurs enfants vivent moins bien qu’eux. Où 90% claquent du bec pendant que 10% se gobergent. Et où les plus riches ont réussi à convaincre les moins pauvres que ceux à qui ne restent que les miettes vont leur piquer leur pain quotidien : les noirs, les arabes, les roms, les cas sociaux, que sais-je encore…

En France, HOLLANDE, lui aussi marche sur des œufs : il ne faut faire de peine à personne. Et pourtant, d’une droite vindicative, presque aussi réactionnaire que le Tea Party américain, que peut-on attendre ? Après la peur du lendemain, après les discours délirants sur “les petits pains au chocolat de nos enfants menacés par les méchants du ramadan”, il faudra peut-être un jour prochain affronter la haine de classe de ceux qui sont prêts à renouer avec les ratonades, avec la défense de la “race blanche”, même en France. Comme les nostalgiques du KKK dans le sud des USA. A ce moment-là, il faudra choisir son camp : le centrisme, c’est le marais. Je n’ai pas envie de m’y noyer.

Des lendemains qui ne chantent pas

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                                                   Le paradoxe de cette élection présidentielle est qu’elle défie tous les pronostics. Non pas ceux des instituts de sondage certes, mais assurément ceux des analystes politiques. Depuis plus de deux ans, toutes les élections en Europe ont vu la déroute des partis socio-démocrates et le succès des partis de droite, au point que le Conseil de l’Union Européenne, qui regroupe les ministres des gouvernements des 27 pays membres, est dominé aux 2/3 par les partis conservateurs. Hors de l’Eglise de droite, point de salut ! Sous la férule des marchés boursiers, l’austérité est la seule vérité consacrée.

Et pourtant, on sait que cette politique réactionnaire qui vise à faire payer  à ses victimes tout le prix de la crise, mène droit à la récession :  les licenciements et le chômage augmentent, la consommation et les rentrées fiscales diminuent, la dette s’accroît irrémédiablement au point de devenir insupportable. Et les partis d’extrême-droite s’engraissent de la misère du peuple partout en Europe.

La France, à contre-courant, vient d’élire un président de gauche, au grand dam des tories anglais et des chrétiens-démocrates allemands qui avaient soutenu Sarkozy jusqu’à l’agonie, comme la corde soutient le pendu. Mais la France ne peut être seule longtemps contre le reste de l’Europe. Il va falloir faire preuve de pragmatisme. Tout le monde sait que la survie d’un gouvernement, quoi qu’en dise MELENCHON quand il rêve à la révolution, est liée à la faculté d’emprunter sur les marchés aux taux les plus bas pour empêcher la dette de croître de façon exponentielle. Au 3° trimestre 2011, selon l’INSEE, elle représentait environ 1700 milliards d’euros, soit 85% du PIB., c’est à dire 20% du PIB en sus en 4 ans, depuis la fin de l’année 2007 ! Tant que la croissance économique ne sera pas repartie, il n’y a aucune chance pour que ce ratio puisse baisser. Encore faut-il qu’il n’augmente plus !

Or la situation ne peut s’améliorer que si on va vers une Europe démocratique et fédérale, contrairement à tous les discours de la droite – et bien sûr de l’extrême-droite nationaliste – qui ne parlent que de “frontières” et de repli national quand il faudrait plus de solidarité : tant que le ridicule budget européen ne permettra que d’engraisser des fonctionnaires et des technocrates pour pondre des circulaires dignes de COURTELINE, il y a peu de chances que nous construisions notre avenir commun1. Qui va-t-on convaincre que ce sont toujours les mêmes qui doivent être sacrifiés sur l’autel de la “compétitivité” ? La révolte de la Grèce qui vient de diviser par deux les suffrages accordés aux deux principaux partis de droite (“Nouvelle Démocratie”) et de gauche (“PASOK”) a montré les limites du “pacte budgétaire” imposé par l’ex-tandem MERKOZY. Il va falloir revoir sa copie si on ne veut pas que la Grèce dépose son bilan et quitte l’Europe, que la France – créancière en l’occurrence – y aggrave sa dette d’autant, et que l’euro soit battu en brèche par les spéculateurs.

Le temps presse. HOLLANDE sera-t-il l’homme de la situation ? Pourra-t-il résister aux pressions du patronat qui avait gardé dans ses tiroirs des charrettes de licenciements jusqu’à l’issue des élections. On saura ça au mois de juin, après les législatives. Il ne fait pas de doute que, si la gauche ne l’emportait pas, on se retrouverait à la merci de la coalition de toute la réaction européenne qui exige, d’ores et déjà, qu’on abroge la législation sur le calcul du temps de travail et les indemnités de licenciement, comme l’avait promis SARKOZY dans son programme. On voit que la marge de manœuvre est étroite. Si HOLLANDE et le PS parviennent à retourner la situation, ils sont au pouvoir pour 10 ans. Dans le cas contraire, préparez-vous à la castagne : « Le ventre est encore fécond, d’où a surgi la bête immonde. » (Bertolt BRECHT).

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“L’Aube Dorée”, parti néo-nazi, vient d’obtenir 21 députés dimanche 6 mai à la “VOULI” (Assemblée nationale grecque)

(à gauche Hitler, à droite Rudolf HESS. La légende dit :”62 ans après…)

TOUT UN PROGRAMME !

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1 De ce point de vue, je ne comprends pas qu’il y ait encore un parti socialiste français. Il devrait y avoir un parti socialiste européen, avec un même programme, quitte à ce qu’il soit organisé sur le mode fédéral ! Demandez donc au patronat : ces histoires de frontières le font bien rigoler…

La retraite à 57 ans !

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Même s’il tombe des cordes demain, même si vous avez la jambe dans le plâtre, même si votre belle-mère vous invite à déjeuner, même si vous aviez prévu d’aller à la pêche, ALLEZ VOTER !

Et si votre voiture est en panne, allez y à bicyclette !

A DROITE en effet, ils vont faire le tour des maisons de retraite pour emmener voter les petites vieilles atteintes d’Alzheimer, les petits vieux bigleux qui confondent le bulletin de vote du dimanche et la grille de loto du samedi. C’est pas encore gagné, je vous le dis, si vous croyez que c’est déjà arrivé !

ET A 20 HEURES, ON DEBOUCHERA  LE CHAMPAGNE, COMME EN 1981… Ça va nous rajeunir !

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En Martinique, il existe une tradition ancestrale, rigoureusement interdite en France métropolitaine, le combat de coqs. Avant la saison des combats, ceux-ci sont préparés, entraînés comme des athlètes de haut niveau et nourris par leurs maîtres avec des recettes secrètes. Le jour dit, les paris se font à la criée, et des sommes astronomiques sont engagées sur deux volatiles qui vont se battre jusqu’à la mort de l’un d’entre eux. Le combat a lieu, en général le dimanche, dans une sorte d’arène circulaire, le “pitt”. Et il faut avoir le cœur bien accroché pour supporter les cris des spectateurs, la vue du sang et l’odeur des bêtes à l’agonie. Je ne vous surprendrai pas en vous avouant mon peu de goût pour ce spectacle… Je n’ai retrouvé une telle impression d’angoisse qu’à BANGKOK en assistant à un combat de boxe thaï.

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Je n’ai pu m’empêcher de songer à ces souvenirs désagréables devant le pugilat qui a opposé à la télévision SARKOZY à HOLLANDE.  Je m’abstiendrai donc de commenter les coups de bec et d’ergot du coq “gros-sirop” ou ceux du coq “cendré”… Contentons-nous d’observer les postures de l’un et de l’autre.

Quoi qu’on pense sur le fond, j’ai été frappé en effet par le manque de maîtrise de SARKOZY, pourtant excellent orateur sur un plateau de télévision. A certains moments, ses tics traditionnels des épaules, souvent copiés par ses imitateurs, devenaient quasiment incontrôlables ! Son regard, d’habitude si assuré, semblait chercher où se poser. Inversement, HOLLANDE n’a jamais paru déstabilisé, lui dont  le rougissement des pommettes trahit facilement les émotions, comme l’ont bien vu les “guignols” de Canal+.
Sans doute Sarkozy a-t-il sous-estimé Hollande. Mais c’est surtout la conséquence d’une situation inouïe pour un homme politique de droite : se retrouver en position de challenger face à un homme de gauche. Sauf en 1988, où la cohabitation entre Mitterrand et Chirac faussait un peu la donne, cela n’a jamais été le cas ! La droite a toujours considéré que le pouvoir lui revenait « naturellement », si j’ose dire. Pas facile de changer de point de vue quand on a eu tous les pouvoirs depuis 10 ans, pas facile de résister à l’agressivité quand on est dos au mur et qu’on a en face de soi un François HOLLANDE sûr de soi et quasiment promis à la victoire !
Finalement, Nicolas SARKOZY peut se féliciter de n’avoir pas obtenu les trois émissions télévisées qu’il réclamait : un combat de coqs, ça va, trois combats de coqs, bonjour les débats !

Le petit Nicolas a enterré le grand Charles

442419Nicolas SARKOZY sait qu’il a déjà perdu l’élection présidentielle. La droite aussi. Il suffit pour s’en convaincre d’écouter la mauvaise foi avec laquelle ses partisans attaquent les médias en le présentant comme la victime d’un complot des journalistes qui seraient “tous de gauche”. Evidemment, “Le Figaro”, “le Point”, “le Journal du dimanche”, “Les Echos”, TF1, Europe 1, etc. ça ne compte pas. Ce réflexe de mauvais joueur est typique du perdant qui s’en prend à l’arbitre. Le soir du 1er tour, c’était la faute des instituts de sondage qui avaient systématiquement, selon “les éléments de langage” imposés par le parti présidentiel, sous-estimé le score de leur champion. Ce mercredi soir, c’est la faute des imams musulmans et de leurs “700 mosquées” qui “appellent à voter pour Hollande” ! Bref, ce n’est plus St Nicolas ressuscitant les trois petits enfants coupés en morceaux dans le saloir par un méchant boucher (hallal ? ), c’est Saint Sébastien martyr, attaché à son poteau et percé des flèches des mécréants !

La vérité, c’est que SARKOZY vient de donner le coup de grâce au Gaullisme ou à ce qu’il en restait. Alain JUPPE, dès le lendemain du 1er tour n’a pas hésité à envisager sa défaite et à se préoccuper du sort de l’UMP, comme d’ailleurs le clan de Jean-François COPPE qui ne va pas lâcher facilement le bout de gras ! La vérité, c’est que SARKOZY à force de courir après l’extrême-droite depuis si longtemps, a fini par lui donner une légitimité que celle-ci n’avait jamais eue, en la déclarant hier “compatible avec la République”. Mais du coup, il a été incapable de rassembler la droite dite “républicaine”, en lui donnant le cap. Et quand on perd sa boussole, on finit par attraper le tournis. C’est le pari qu’ont fait le Front National et Marine LE PEN : créer un mouvement d’extrême-droite “tolérable” pour faire éclater le parti unique de la droite, l’UMP : libéré des foucades de l’encore président, ce parti va se déchirer entre centristes démocrates-chrétiens et “droite populaire1”. La dure réalité des élections législatives en juin, et l’attrait de la gamelle de soupe, pourraient bien amener la création d’un pôle de droite extrême, nourri de la peur ancestrale de l’immigré maghrébin ou africain, enivré du délire anti-musulman, qui tiendrait désormais la dragée haute à la droite traditionnelle.

La démission du gouvernement néerlandais hier vient de montrer ce qui attendra désormais la droite française, otage d’un parti d’extrême-droite. A Colombey-les-deux-églises, De Gaulle doit se retourner dans sa tombe de voir ses héritiers finir, dans un vaudeville de LABICHE, en jouant sans conviction : “Embrassons-nous, Folleville !”

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1 c’est l’euphémisme choisi par la droite extrême !