Archives de Tag: immigration

Referendum, plébiscite : non merci !

Deux consultations populaires ont eu lieu dimanche dernier, l’une en Colombie, l’autre en Hongrie. Et en France, de nombreux politiciens de droite ou d’extrême-droite nous promettent désormais le recours au referendum… comme si c’était le nec plus ultra de la démocratie ! Minute, papillon…

L’hypothèse est séduisante : c’est le « peuple » qui décide, comme dans la Rome antique, où le « plébiscite » permettait à la plèbe, sur la sollicitation des tribuns de la plèbe, d’imposer une loi. Il y aurait beaucoup à dire sur le prétendu idéal démocratique de Rome, mais ce n’est pas notre sujet ! En tout cas, tout au long de l’histoire, à quelques exceptions près, les referendums ou les plébiscites ont presque toujours trompé les électeurs à partir de malentendus : JAMAIS les électeurs ne répondent à la question posée, mais TOUJOURS aux sous-entendus inconsciemment (ou sciemment) cachés derrière !

non_colombie

Campagne pour le NON en Colombie

Voyons d’abord ce qui s’est passé en Colombie : dimanche, les Colombiens ont refusé (50.28% de NON) l’accord de paix enfin signé entre le gouvernement du Président Juan-Manuel SANTOS et les FARC (guérilleros) de Timoléon JIMENEZ, dit « Timochenko ». Comment le « peuple », après plus de 50 ans de guérilla, d’enlèvements et de massacres commis tantôt par la guérilla, tantôt par l’armée colombienne ou par les « escadrons de la mort » qui lui servaient de supplétifs, a-t-il pu prendre une telle décision, quasiment suicidaire ? La réponse est évidente : les citoyens colombiens qui ne sont pas plus stupides que les Hongrois ou les Français, n’ont pas répondu à la question posée, mais à d’autres ! Les uns ont voulu voter contre le gouvernement du Président Santos : celui-ci a consacré tout son temps et son énergie aux négociations avec les FARC pour sortir de la guerre civile, et les problèmes sociaux du pays sont restés en plan… SANTOS est au plus bas dans les sondages, ce qui peut paraître paradoxal, quand l’ancien président, Alvaro URIBE, le leader de la droite extrême qui appelait à voter NON, et qui a soutenu inconditionnellement l’armée et la guerre à outrance, pavoise avec 2/3 d’opinions favorables… Ce monsieur trouve qu’on fait la part trop belle aux « rebelles » dans le compromis signé : les FARC vont devenir un parti politique comme les autres, et les rebelles ne seront jamais jugés ni condamnés, sauf s’ils ont commis des « crimes de guerre ». Mais les officiers de l’Armée régulière eux aussi, sans parler des tueurs des milices, n’ont pas tous les mains propres : peut-être ces braves gens ont-ils du souci à se faire puisqu’avec la paix, ils seraient eux aussi exposés aux enquêtes judiciaires « régulières »… Faut-il rappeler que, si les FARC ont commis des enlèvements et des séquestrations – on se rappelle l’affaire BETANCOURT – la plupart des assassinats commis par l’autre bord ont visé des syndicalistes, en particulier des ouvriers agricoles ? Vous croyez que la bourgeoisie latifundiaire va approuver un traité de paix qui promet une « réforme agraire » sans cesse remise aux calendes grecques ? Faut-il rappeler qu’URIBE, lorsqu’il était au pouvoir, a, en tant que chef des armées, avec le même SANTOS comme ministre de la défense, versé des primes aux officiers, pour chaque rebelle abattu : c’est ce qui a provoqué le scandale des « falsos positivos », les « faux positifs », c’est-à-dire des assassinats d’adversaires politiques ou de pauvres bougres maquillés en guérilleros.  L’armée annonçait des « bilans flatteurs » et les officiers empochaient le prix du sang. Vous croyez que les militaires colombiens, et la droite qui leur lèche les bottes, vont approuver un traité de paix qui risque de les traîner devant les tribunaux  (plus d’un millier d’enquêtes en cours, plus de deux milliers de disparitions ou d’assassinats inexpliqués) ?

Et voilà comment un « referendum » aboutit à un vote absurde : une majorité de citoyens colombiens ont voté CONTRE LA PAIX, sans même savoir de quoi sera fait demain !

_copie-0_viktor-orban

Viktor ORBAN, premier ministre hongrois

Voyons, d’autre part, ce qui s’est passé en Hongrie : « Voulez-vous que l’Union européenne décrète une relocalisation coercitive de citoyens non hongrois en Hongrie, sans l’approbation du Parlement hongrois ? », demandait benoîtement le gouvernement Fidesz (populiste et ultra-conservateur) de Victor ORBAN. L’objet du débat ne concernait qu’environ 1300 réfugiés prévus en Hongrie ; mais ORBAN, soutenu à grands cris par le parti fasciste Jobbik (15 à 20% de l’électorat quand même !) prétendait qu’il s’agissait de « musulmans, donc de terroristes en puissance ». Mieux : depuis le 16 septembre et la réunion des 27 pays européens à Bratislava, ce projet européen de répartir les réfugiés et les migrants dans les différents pays, a été effacé des tablettes… Mais il fallait maintenir ce plébiscite pour conforter une popularité en déclin : quel meilleur remède, à notre époque que de cogner sur l’Europe ? Résultat des courses : 99% de NON. Un triomphe césarien pour ORBAN ? Hélas, pour respecter la constitution hongroise il fallait plus de 50% de votants pour que le vote soit validé. Pas de pot : on n’a même pas atteint 40% ! Sans compter, à Budapest même, 11 % de bulletins nuls (un parti de « comiques » – le « parti du chien à 2 queues » – avait appelé à déposer de faux-bulletins dans l’urne). Malgré une propagande gouvernementale coûteuse (environ 50 millions d’€) la plupart des citoyens hongrois, dont une bonne partie des électeurs du Fidesz, qui n’ont JAMAIS vu un immigré, ne sont pas allés voter… Et l’opposition libérale ou de gauche avait appelé à boycotter ce plébiscite. Qu’à cela ne tienne : ORBAN, sans sourciller, annonce qu’il va changer la constitution ! Il ne lui reste plus qu’à prier pour que l’Europe accepte qu’on puisse adhérer à l’UE à la carte : telle décision me convient, je suis européen, telle autre ne me convient pas, je suis contre l’Europe ! En somme, ORBAN veut le beurre et l’argent du beurre. Ça devrait donner des idées à Mrs Theresa MAY et aux « Brexiters » anglais ! Conclusion : voilà un pseudo-referendum où on a posé une fausse question aux citoyens hongrois. Etre pour ou contre l’immigration, c’est comme être pour ou contre le réchauffement climatique : c’est juste bon pour faire causer les piliers de bistrot un jour où ils sont éméchés. Mais c’est le fond de commerce de la droite et de l’extrême-droite en France comme en Hongrie.

Et voilà comment un « referendum » aboutit à un vote absurde : une majorité de citoyens hongrois n’a PAS VOTE, malgré le bourrage de crâne, et personne ne sait de quoi sera fait demain !

Au cas où vous auriez des doutes, et que vous persistiez à penser que le summum de la démocratie, c’est de répondre à une simple question par OUI ou par NON, je vous invite à méditer les leçons du passé :

  • En 1934, HITLER obtient le cumul de la présidence et de la chancellerie allemande, tout en gardant le titre de « Führer » : 95% de OUI ! Est-ce à dire que 95% du peuple allemand était nazi ? Evidemment non. La peur qui régnait, après les exactions commises par les SS et les SA depuis 1933, avait dissuadé les opposants de se manifester…
  • En France, le plébiscite est une invention du Bonapartisme (1799, après le coup d’état du 18 Brumaire ; 1802, Consulat à vie ; 1804, Premier Empire ; 1851, après le coup d’état du 2 décembre ; 1852, Second Empire). Est-ce à dire que l’Empire était un modèle de démocratie ? Evidemment non. Mais les Républicains, pourchassés, n’avaient guère voix au chapitre…

Limitons-nous cependant à des exemples français récents (je vous fais donc grâce du récent referendum britannique dont on reparlera un autre jour) :

  • 1313396-charles_de_gaulleLe referendum de 1962 qui a décidé de l’élection au suffrage universel du Président de la République – sans passer par un vote préalable du parlement comme l’exigeait l’article 89 de la constitution – était-il la « voie la plus démocratique » pour modifier la Constitution, comme l’affirma de Gaulle ? 62% des électeurs l’approuvèrent et tous les partis – sauf les Gaullistes – furent laminés aux élections législatives qui suivirent. Si l’on songe aux conséquences d’un tel vote qui pèse aujourd’hui plus que jamais sur la vie démocratique de notre pays, on aurait sans doute bien fait d’y regarder à deux fois ! Mais les Français avaient autre chose en tête : de Gaulle venait d’échapper miraculeusement à l’attentat du Petit-Clamart, et la guerre d’Algérie de se clore par l’indépendance de ce pays, après des milliers de morts. De Gaulle menaçait de rentrer à Colombey-les-deux Eglises s’il était désavoué (ce qu’il fera d’ailleurs, après le referendum de 1969) : les Français n’ont alors pas voté pour ou contre la modification de la constitution, mais pour ou contre le maintien au pouvoir du Général. Il faut dire que le seul exemple d’élection d’un président de la République au suffrage universel avait laissé un souvenir amer : en 1848, Louis-Napoléon Bonaparte avait été élu, et s’était empressé de faire un coup d’état pour congédier ladite République !
  • Le referendum de 2005 qui a refusé la constitution européenne – autre exemple de trompe-couillon, si l’on me permet l’expression – est un plébiscite du même acabit. Je me souviens des cris horrifiés de mes amis quand je leur ai dit que j’avais voté OUI… « Comment ? toi ? un referendum convoqué par Chirac ? Tu veux vraiment garder RAFFARIN comme premier ministre ?… » Même à gauche, de bonnes âmes appelaient à voter NON, prétendant que c’était le meilleur moyen de « reconstruire » l’Europe sur des bases saines, qu’on allait ainsi signer de nouveaux traités, et blablabla… Vous n’avez pas oublié les discours de Mélenchon et de Fabius, curieusement alliés, comme l’aveugle et le paralytique ? Mais dans ce « cartel des NON », pour reprendre une formule du « grand Charles » à qui il ne déplaisait pas d’être seul contre tous, il y avait aussi, parmi les 55% de Français qui votèrent NON, toute la droite souverainiste et l’extrême-droite nationaliste, traditionnellement et viscéralement opposées à l’Union Européenne : un détail . Bref, moi, comme
    un enfant de chœur, j’avais voté en répondant à la question poséesarkozy ! J’étais convaincu qu’un refus paralyserait la construction européenne pour longtemps. C’est bien ce qui s’est passé ! C’est ce qui se passe encore, puisque « bouffer de l’Europe » est au menu de la plupart des partis conservateurs européens, et pas seulement des Tories anglais. Et je ne parle pas des partis dits « populistes », ou de ceux qui sont ouvertement fascistes, voire pis* ! Bref, j’étais bien le seul. Personne n’avait lu le projet de constitution, et tout le monde s’en foutait. A peine élu président, SARKOZY a réglé la question avec son cynisme habituel, en concoctant en 2008 le fameux
    traité de Lisbonne, qui s’asseyait sur le vote référendaire, « voie la plus démocratique » selon le catéchisme gaulliste !

Aujourd’hui, tous les candidats à la présidentielle à droite et à l’extrême-droite, c’est-à-dire ceux parmi lesquels – hélas ! – figure sans doute le prochain Président de la République, nous promettent dans leur programme des referendums à tout va… On n’a pas fini de jouer à trompe-couillon !

______________________________________________________________

*Il existe en Europe des partis qui se réclament ouvertement du Nazisme, comme « Aube Dorée » en Grèce ou le « Jobbik » en Hongrie : on n’est pas sorti de l’auberge !

Un même mépris des femmes

5006727_6_5537_les-manifestants-protestent-contre-un-projet-de_a2c07389eccea6b9b994b365dabdd884Il faudra qu’on m’explique pourquoi les « féministes de la onzième heure » qui voulaient interdire par décret la mode ridicule et rétrograde du « burkini », ou qui s’émouvaient de voir des femmes se promener dans les rues avec le moindre foulard sur la tête, sont aujourd’hui bien silencieux. A Varsovie, 3000 à 5000 femmes sont descendues hier dans la rue pour protester contre un projet de loi qui veut criminaliser l’Interruption Volontaire de Grossesse (IVG). Oui, en Europe !

La législation polonaise sur l’avortement était pourtant l’une des plus rétrogrades qui soit : l’IVG y est en effet ILLEGALE, sauf en cas de : 1. viol ou inceste 2.pathologie lourde du foetus 3. danger pour la vie ou la santé de la mère. Pas le choix !

C’était encore trop !.. Il paraît que c’était un compromis passé, à la chute du communisme, avec l’Eglise catholique polonaise ! Désormais, la campagne menée par les mouvements hypocritement intitulés « pro-vie », soutenue, voire téléguidée par l’épiscopat polonais, et assumée avec enthousiasme par l’extrême-droite nationaliste au pouvoir (PiS : « Parti Vérité et Justice ») a accouché – si j’ose dire – d’un projet de loi.  Il est en examen devant le parlement : TOUTE interruption de grossesse sera désormais ILLÉGALE et vaudra 5 ans de prison 1. aux femmes concernées 2. aux médecins 3. à toute personne qui aura prêté assistance à une I.V.G. Autant dire que vous n’avez pas intérêt à faire une fausse couche si vous ne voulez pas vous retrouver en tôle !

« On est chez nous ! On est chez nous ! » chantent sur l’air des lampions les braillards de l’extrême-droite dite « identitaire ». Et voilà ce que nous promet la « défense de la civilisation occidentale et chrétienne » ?… Tous ces crétins sont juste doués pour casser de l’arabe, jeter hors des frontières les immigrés, et jouer comme des gosses aux preux chevaliers défenseurs des « valeurs morales »! Hier, ils défilaient dans les rues de PARIS, avec « la manif pour tous » et la plupart des évêques français, pour vouer aux gémonies « les pédés » et défendre la « famille » contre le mariage gay. Demain, vont-ils reprendre les mots d’ordre des nationalistes et des curés polonais ?
5006726_6_68be_une-femme-portant-un-foulard-sur-le-visage-et_dd0357e0eec235e283785e8eb36c05dfLa vérité, c’est que parmi les chrétiens comme parmi les musulmans, il y a les mêmes arriérés mentaux qui en sont encore à défendre le patriarcat pur et dur : les femmes ne s’appartiennent pas, elles appartiennent à leur mari, à leur famille, à leur pays ! Elles n’ont pas le choix : leur devoir est de faire des enfants… pour leur mari, pour leur famille, pour le pays ?

Je sais. Vous allez me dire que j’exagère, mais je suis en colère ![*]

Vous les voyez tous les gueulards qui font le lit du Front National et qui rasent les murs aujourd’hui, dans un silence honteux ? Il faut le dire : il est intolérable qu’un pays comme la Pologne se prétende européen ! La réaction catholique et son gouvernement sont en train de le rejeter dans un cul-de-basse-fosse moyenâgeux !

_________________________________________________________________

[*] La preuve : j’avais laissé tomber ce blog, découragé par le triste spectacle de la situation politique. Mais TROP,C’EST TROP !

La Suisse ouvre la voie et ferme la porte

Quand on sait ce qu’on sait, quand on voit ce qu’on voit, on a raison de penser ce qu’on pense (proverbe suisse).

suisse1J’ai été pris d’un fou rire nerveux, quand j’ai appris que la « votation » helvète avait donné la majorité au parti xénophobe – l’UDC est l’ersatz confédéral du Front National – pour bouter l’étranger hors de la Confédération Helvétique (50.3%). Comme disait déjà  il y a plus de deux siècles, un célèbre « frontalier » de FERNEY, Voltaire, qui connaissait bien ses voisins suisses : « La moitié de la Suisse est l’enfer, et l’autre moitié le paradis« .[1] Pourtant presque tout le monde était contre cette fichue votation : les patrons, les syndicats, la droite, la gauche. Mais « l’invasion des immigrés », c’est la ruée des pauvres qui viennent polluer les rives du lac de Genève, ce n’est quand même pas celle des honnêtes Français travailleurs frontaliers ! Non? Ben si ! Ça fait tout drôle de se retrouver dans le rôle du métèque, pas vrai Marine ? Hier, quand l’UDC faisait campagne lors d’une autre votation victorieuse contre « l’invasion des minarets », tous les débiles franchouillards d’extrême-droite applaudissaient à tout rompre et donnaient la Suisse en exemple. Tiens, on les entend pas aujourd’hui, les cons… On est toujours le bougnoule de quelqu’un, pas vrai Marine ?

618501-a-woman-walks-past-two-immigration-campaign-posters-in-lausanne« Y’a un pays qui est bien, c’est la Suisse. C’est propre la Suisse. On peut pas  attraper de maladie! On peut attraper que des médicaments », prétendait Coluche. Pas si sûr, on peut y être aussi contaminé par le virus de la connerie. Cette décision qui est parfaitement démocratique va en effet non seulement menacer l’emploi de nos concitoyens qui travaillent en Suisse, mais va aussi flanquer par terre TOUS les accords bilatéraux qui liaient la Suisse aux 28 pays de l’Union Européenne. En effet, ces accords négociés depuis 1999 étaient liés à la « liberté de circulation de la main-d’œuvre » entre la Suisse et les autres pays d’Europe ; ils deviennent donc caducs !

affiche-udcPoint d’argent, point de Suisse », disait déjà Racine il y a plus de trois siècles[2]. Les patrons helvètes se font évidemment du souci, puisque les 3/4 de leurs exportations se font en Europe, et ne bénéficieront plus du libre-échange naguère automatique. Inversement, les étrangers « immigrés » auront intérêt à ne pas contrarier leur patron suisse, car s’ils sont virés, il leur faudra désormais être admis dans les nouveaux « quotas » pour pouvoir prétendre retrouver un job ; et à une condition : qu’aucun petit Suisse ne soit sur les rangs, puisque c’est désormais « la préférence nationale » qui sera la règle. Bref, tout ce dont rêve le Front National – en finir avec l’Europe et l’immigration – et que les petits veinards de l’UDC – de soi-disant « centristes », sans doute parce qu’ils confondent leur pays avec le nombril du monde – viennent d’obtenir du vote populaire malgré un taux de chômage de… 3%.

n-TOUS-A-POIL-large300« On ne guérit pas un malade qui se croit en santé » (proverbe suisse). Ne soyons pas injustes. L’UMP française, dont la principale préoccupation est de coller au cul de l’extrême-droite, s’est empressée d’approuver, par la voix du dénommé Fillon (« Courage fuyons ! ») ladite votation. Quant à Copé, le président, il est tellement occupé à inventer des conneries pour rivaliser avec la « manif pour tous » et les mensonges haineux des prosélytes du refoulement sexuel, qu’il n’a pas encore compris qu’il va se retrouver « à poil » s’il continue à courir derrière Marine LE PEN !

 » Il faut bien des pelletées de terre pour enterrer la vérité » (proverbe suisse).

___________________________________________

[1] Voltaire, lettre à James Mariott

[2] Jean Racine, Les plaideurs

____________________________________________

Mise à jour du 11 février 2014 : Marine Le Pen a appelé dans la matinée sur Europe 1 le gouvernement français à suivre l’exemple des Suisses, qui ont fait «preuve de beaucoup de bon sens». «J’aimerais bien qu’on les suive d’ailleurs et je pense que s’il y avait un référendum en France sur ce même sujet, les Français voteraient très largement pour l’arrêt de l’immigration de masse», a-t-elle ajouté. «Il ne s’agit pas de mettre un mur, il s’agit d’avoir une porte. On l’ouvre ou on la ferme selon son intérêt, selon l’intérêt du peuple», a-t-elle assuré, «ça s’appelle la souveraineté». Elle est encore plus suicidaire que je ne pensais… Amis Belfortains, Jurassiens ou Savoyards « frontaliers », si vous votiez FN, c’est bien fait pour vous ! Vous avez ce que vous méritez ! Soit dit en passant, il va falloir que je réclame des droits d’auteur : « la porte fermée« , c’est du « copier-coller » ou je ne m’y connais pas, mais comme disait son incollable père, « on préfère toujours l’original à la copie » ! LOL, comme disent les gamins d’aujourd’hui…

à vomir…

petain-vrai2Demain 1er mai, SARKOZY réunira ses partisans pour une fête du “vrai travail”. Je rejoindrai pour ma part les “mauvais Français” qui défilent avec les syndicats. A vrai dire, j’avais prévu de faire la grasse matinée et n’avais guère envie d’aller battre le pavé demain matin, mais quand la droite se rassemble avec des slogans maréchalistes pour piper les voix du Front National, il importe de choisir son camp ! Je suis syndiqué depuis toujours et je sais assez ce que nous devons à la lutte collective des travailleurs. De tous ces gens qui crachent sur le droit de grève et les organisations syndicales, je n’en ai jamais vu un seul qui refusait l’augmentation de salaire gagnée malgré eux. Pas un seul qui ne se félicitait des congés payés arrachés de haute lutte en 1936 par la grève et le Front Populaire, puis par les autres gouvernements de gauche. Pas un seul qui, sans avoir jamais versé la moindre cotisation, ne réclame d’être défendu quand il risquait d’être licencié par des patrons qui ne prônent “l’unité nationale” que lorsque la lutte des classes tourne à leur avantage. Dans ces moments-là, on entend toujours les mêmes s’exclamer sur un ton scandalisé : “Mais que font les syndicats ?”

1690737_5_c181_une-de-liberation-du-25-avril-avec-nicolas_220d0b90aadcabbad0437825a4fb4928Mais le pire est à venir. La campagne du second tour est désormais une surenchère dans l’abomination. En meeting à Avignon, Sarkozy se réclame ce soir de “Stéphane CAMUS” (sic!) pour la “défense du patrimoine culturel français”, et pour la dénonciation des profiteurs immigrés : “ »Je ne peux pas accepter une immigration qui serait motivée seulement par des prestations sociales parmi les plus généreuses d’Europe. » Ovation sans fin parmi l’assistance. Haro sur l’immigration, sur l’Europe apatride, sur l’école livrée à l’anarchie !… Dans les rangs de l’UMP, c’est du délire. Pourquoi voter Front National quand on peut faire aussi bien avec l’UMP ? Est-on vraiment tombé si bas ? Encore une semaine à supporter ça ! Cette démagogie cynique, cette drague indécente, ces propos de pilier de bistrot, cet abaissement de la République, ça me donne vraiment envie de vomir.

__________________________________________

P.S. l’affiche de 1941 authentique ne parle pas de “vrai travail”, elle comporte la francisque, symbole du régime vichyste. Mais c’est du pareil au même…

“Divine surprise”…

h400_cabu_charlie-hebdo_8_21On connaît ce mot de MAURRAS à propos de la prise du pouvoir par le Maréchal PETAIN, à la faveur de la “débâcle” de Juin 1940. Leurs héritiers d’extrême-droite ieupourraient pousser la même exclamation, eux qui n’hésitent pas à comparer l’immigration à “l’occupation allemande”. L’UMP veut en effet disputer au Front National les votes des “fachos”, en lançant un débat sur “la place de l’Islam en France”. Tremblez bonnes gens, voilà les musulmans, rantanplan ! Entonnons la Marseillaise et sortons le drapeau : “Quoi ces cohortes étrangères! / Feraient la loi dans nos foyers!”1

En tout cas, la petite LE PEN jubile d’autant plus que les sondages d’opinion lui promettent 20% des voix à l’élection présidentielle : “La dernière fois que  [Nicolas Sarkozy] a utilisé ça, c’était le débat sur l’identité nationale, et le Front national a fait 15 % aux régionales. Donc un petit effort encore, M. Copé, un petit débat, un petit blabla sur l’islam, la laïcité, et je pense effectivement que nous pourrons terminer la présidentielle à 25 %.”

Le Ministre du logement, un certain APPARU, a eu une révélation : il suffirait de modifier la loi de 1905 (Séparation de l’Eglise et de l’Etat) et de subventionner la construction de mosquées. Proposition retoquée. Pas touche à la laïcité, c’est pas vendeur, coco !

Vains dieux ! Encore quinze mois à tenir avant la présidentielle, avec chaque jour de nouveaux délires de tous les agités du bocal… Mais vous allez bientôt nous foutre la paix avec vos histoires d’imams, de rabbins et de curés ?  Il y a quatre millions de Français qui n’ont pas de boulot, et ce n’est pas en brûlant des cierges qu’on va leur en trouver !

1Troisième strophe de la Marseillaise (sic)

et pendant ce temps-là…

L’extrême-droite nous bassine depuis des lustres avec le danger de “l’immigration islamiste” et organise en même temps des manifestations avec les intégristes chrétiens de toutes les chapelles contre la liberté d’avortement en France. 1469587_3_e052_les-manifestants-dont-des-pretres-et-desQuelque 6 500 personnes selon la police, 40 000 selon les organisateurs, opposées à l’avortement, ont défilé, dimanche 23 janvier, à Paris, pour une septième « grande marche nationale pour le respect de la vie ». Cette participation est deux fois plus importante que celle enregistrée en janvier 2010 lors de la sixième marche, qui avait réuni 3 100 personnes selon la police, 20 000 selon les organisateurs (Le Monde du 25 janvier 2011).

Le collectif  “En marche pour la vie” qui appelait à la manifestation réunit, outre cette association, “Choisir la vie”, “Chrétienté-Solidarité”, le “comité pour Sauver l’enfant à naître”, la “Confédération nationale des familles chrétiennes”, “Laissez-les vivre”, “SOS futures mères” et “Renaissance catholique”, entre autres. Rien que du beau linge ! Nombre de prêtres et de pasteurs participaient à la manifestation qui avait reçu un message d’encouragement du Pape Benoît XVI. La prochaine marche contre l’avortement aura lieu en Janvier 2012, juste pendant la campagne électorale pour les Présidentielles… Bizarre. Vous avez dit bizarre ?

La prochaine fois que la petite Marine (LE PEN) vous fait son numéro de faux-cul sur la“laïcité” et contre les “envahisseurs musulmans”, vous êtes autorisés à rigoler. Quoique… Il n’y a sans doute pas de quoi rire ! Tous ces braqués du goupillon sont de plus en plus dans l’air du temps : d’ici qu’on revienne au bon vieux temps de l’aiguille à tricoter et des faiseuses d’anges… Horresco referens !