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Les bricolos n’y vont pas mollo !

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La semaine dernière, la droite, l’extrême-droite et même une partie de la gauche nous bassinaient avec le « problème rom ». Rebelote ce dimanche : socialos versus bricolos ! Je déteste le bricolage, et je hais les dimanches, comme chantait Greco. Je ne suis pas assez débile pour aller passer ma journée dans une grande surface ! Et pourtant, KOCIUZKO-MORIZET qui aspire à la Mairie de PARIS, voudrait voir tout le monde s’y précipiter, jusqu’à minuit si besoin : « les gens ne comprennent pas, par exemple dans le cas de Sephora, que des syndicats censés les aider, ne défendent pas leurs intérêts ».

Les syndicats, voilà l’ennemi ! D’ici les prochaines élections, la droite n’a pas fini de nous casser les pieds avec les arguments les plus éculés. Mais à qui doit-on les lois successives qui ont battu en brèche le code du travail, à coups de dérogations et d’exceptions, et semé la pagaille ? Au gouvernement du petit Nicolas dont faisait partie la jolie Nathalie : c’est la « loi sur le repos dominical » du 22 juillet 2009 qui a introduit un dispositif spécifique dans les zones urbaines de plus d’un million d’habitants, soit Paris, Aix-Marseille et Lille (sauf Lyon) : le « périmètre urbain de consommation exceptionnel » (« Puce »). La droite voudrait généraliser cette dérogation au droit du travail à PARIS, sous prétexte que les touristes le réclament, que ça donne du travail aux étudiants sans le sou, et que ce qui fait marcher le commerce est bon pour la reprise économique… NKM va même jusqu’à dire que la « perfide Albion » qui n’est qu’à 2 heures de TGV, nous taille déjà des croupières ! Est-ce que cette péronnelle va aussi réclamer la suppression du SMIC pour accroître la compétitivité du commerce des Champs-Elysées ?

Si je dis que c’est la législation du travail que la droite voudrait flanquer par terre, c’est que c’est en bonne voie. Que les magasins de meubles ou de jardinage aient été autorisés à ouvrir le dimanche, et pas ceux de bricolage, n’est qu’une des aberrations classiques de l’empilement des textes règlementaires et dérogatoires.  Un premier jugement avait obligé BRICORAMA à fermer le dimanche. Le groupe a donc déposé plainte contre ses concurrents CASTORAMA et LEROY-MERLIN qui continuent à ouvrir en toute illégalité. Et tous ces vertueux défenseurs de la loi, quand elle les arrange, n’ont pas moufté. Au contraire, ils en rajoutent, en concédant tout de même hypocritement qu’il convient de ne requérir que des « salariés volontaires ». C’est bien le moins, puisque c’est une obligation légale ! Personne n’ignore pourtant les moyens de pression dont dispose un patron pour désigner des volontaires. Je me souviens que mon adjudant de quartier, quand il fallait répartir les corvées à l’armée, faisait ça très bien, avec beaucoup d’humour !

Et comme on est en pleine crise économique, les salariés sont les premiers à réclamer de « travailler plus pour gagner plus ». On a déjà entendu ça quelque part, non ? Pauvres naïfs ! Vous croyez qu’on va continuer à vous payer double, dès que le travail dominical tombera dans le droit commun ? Il suffit de constater que la loi – contrairement aux P.U.C.E. – ne prévoit rien de tel pour les « zones touristiques ou thermales » (décidées par arrêté préfectoral sur sollicitation du conseil municipal) :

« l’employeur n’est pas tenu de donner une contrepartie au salarié qui travaille le dimanche, sauf si des conventions ou accords collectifs le prévoient. Contrairement aux pratiques prévues dans les « Puce », le travail le dimanche dans ces secteurs ne s’effectuera pas sur la base du volontariat et les salariés ne bénéficieront pas de contreparties minimales. »

Si la gauche est assez conne pour emboîter le pas, par démagogie, à la droite et à l’extrême-droite, c’est son problème. Mais qu’on ne vienne pas me pleurer dans le gilet quand le Front National tiendra le haut du pavé et plumera la volaille socialiste !

Ah ! J’allais oublier un détail. Savez-vous qui a financé la campagne de mobilisation, « spontanée et indépendante » (ça va de soi !), de tous ces braves salariés qui détestent les syndicats et réclament la « liberté du travail » ? Leurs propres patrons ! M. Castorama et M. Leroy-Merlin ont embauché une agence de publicité (« Les Ateliers Corporate ») pour former, encadrer, conseiller ce « mouvement ouvrier spontané ». Des types qui sont payés par le patron pour s’en prendre aux droits de leurs camarades, ça porte un nom : ça s’appelle des « JAUNES » !

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La "loi de Lynch"

n-AUBE-DORE-large570Faut-il que la droite soit tombée bien bas pour que ses élus soi-disant républicains aillent manifester à NICE (ESTROSI, député-maire et CIOTTI, député et président du conseil général) pour soutenir un bijoutier qui s’est fait justice lui-même en tuant d’une balle dans le dos un jeune braqueur qui s’enfuyait. Faut-il qu’elle ait perdu la tête pour qu’un certain CAUCHE, maire UMP de CROIX dans le Nord, proclame qu’il soutiendra tout habitant de sa commune qui « commettrait l’irréparable contre un Rom ». Faut-il que la gauche soit déboussolée pour emboîter le pas à ces démagogues et autres piliers de bistrot, comme VALLS l’a fait à propos des « Roms », croyant flatter l’opinion et regagner quelques voix, sous prétexte que les 3/4 des Français pensent que les « Romanichels sont tous des voleurs de poules », comme le racontait leur grand-mère.

Si vous voulez mon avis, tous ces braves gens sont des dégonflés : ils ne vont pas au bout de leur logique. Au lieu de conspuer la pauvre Christiane TAUBIRA, Garde des Sceaux, et de bricoler dans les arrière-bureaux de leurs officines des faux lui inventant un fils criminel, je propose de reprendre les choses là où les a laissées leur mentor, l’inimitable camelot du prêt-à-porter politique, Nicolas SARKOZY.

Ces gagne-petits nous bassinent avec les « peines-plancher » que voudrait supprimer la gauche. Mais depuis 1791 (premier code pénal) les « repris de justice » encouraient déjà une peine double de celle prévue pour une première infraction ! Depuis 2007, la loi sur la récidive a permis… 4000 ans d’emprisonnement supplémentaires (selon le Ministère de la Justice) sans aucun résultat. Il faut donc revenir plus en arrière, et restaurer les châtiments corporels supprimés depuis deux siècles, ça fera les pieds à tous les « nique-ta-mère » ! Et surtout, il faut clouer le bec à tous ces juges qui prétendent « dire le droit » et « individualiser les peines » : foin de toutes ces précautions. En 2012, le budget des prisons était déjà plus élevé que celui des juridictions : c’est la bonne voie. Moins de juges, plus de matons ! Tout le pognon dans les prisons ! Et si ça ne suffit pas, on ressortira de la remise la bascule à Charlot. Vivement que la petite LE PEN fasse le ménage. Je sens que demain se lèvera une « aube dorée », comme on dit en grec !

Le salopard et les charognards

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Cahuzac est donc passé aux aveux. Après la grand-messe qu’il a servie pendant des mois, il a préféré passer à confesse. En général, les enfants de chœur font l’inverse : confiteor, corpus christi, ite missa est. Lui, il a commencé par dévaliser la sacristie, puis il est allé communier, et finalement il a été mis en pénitence. Et en pleine repentance, il a « demandé pardon » au président de la République, au Premier Ministre, à ses ex-collègues ministres, ses électeurs, les citoyennes et les citoyens français, AMEN !

Il y a plus extravagant que ce show à la mode de chez nous pour faire pleurer Margot dans les chaumières. On découvre aujourd’hui, dans un article du « Monde« , que l’ex-ministre avait ouvert ses comptes suisses à l’instigation de copains d’extrême-droite, membres de la famille de son ex-femme ! Vous suivez toujours ? Bref CAHUZAC est un mythomane comme on en a rarement rencontré : il n’est pas très difficile de se faire passer pour un « socialiste » quand on est opportuniste. Mais quand on grenouille avec les fachos du GUD1 , ça devient une performance étonnante que de passer inaperçu, quand bien même les socialos seraient un peu miros ! Surtout quand le premier type qui vous a ouvert la porte de l’Union des Banques Suisses est le dénommé Philippe Péninque, conseiller personnel de Marine LE PEN. C’est peut-être pour ça que le Front National est d’une modération inhabituelle dans ses attaques contre « la gauche ».

Pour le reste, c’est la comédie habituelle : la droite pavoise. Elle a enfin trouvé un soi-disant homme de gauche qui planquait son fric à l’étranger. Ça lui fait chaud au cœur de ne plus être seule à devoir cacher les « maladies honteuses » de ses élus ou de ses copains du patronat. En revanche, les militants de gauche ont la désagréable impression d’avoir été cocufiés : pendant qu’ils se battaient pour la justice sociale, un ministre du budget leur expliquait qu’il fallait « faire des sacrifices », mais se payait des parties de jambe en l’air avec le pognon qui leur était refusé.

Je ne retire pourtant rien de ce que j’ai écrit, même si Mediapart et PLENEL sont fêtés sur les plateaux de télévision par des confrères envieux, pour avoir « abattu un ministre ». Ce journalisme-là, qui repose sur la délation d’indics peu recommandables, n’est pas un modèle. J’ai été journaliste dans mes années de jeunesse : jamais je n’ai rien écrit dont je n’aie apporté la preuve. Il n’y a aucune gloire à tirer des confidences ou de la dénonciation d’un adversaire politique battu ou d’une épouse délaissée. Quand j’étais gosse, mes instituteurs m’ont appris qu’il était méprisable de cafter. Arrivé à l’âge canonique, je n’ai pas retourné ma veste. La seule victoire de la démocratie aujourd’hui, ce n’est pas que la presse ait obtenu la tête d’un tricheur, doublé d’un menteur, et réclame désormais celle de son ministre de tutelle, voire celle du président Rantanplan ; c’est que cette « affaire » a démontré que la séparation des pouvoirs n’est pas un vain mot : l’exécutif n’a plus la haute main sur le judiciaire comme avant 2.

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[1] Groupe Union-Défense : c’est la milice de l’extrême-droite, toutes tendances confondues, à la Fac de Droit de la rue d’Assas à PARIS. Leur principale occupation est de casser la gueule de tout étudiant qui penche un tant soit peu à gauche. De vrais philanthropes !

[2] La droite qui braille haut et fort aujourd’hui devrait, avec un peu de pudeur, se rappeler la belle époque où elle était au pouvoir. L’épisode le plus cocasse a été sans conteste l’histoire de Jacques TOUBON, ancien ministre de la Justice du gouvernement Juppé en 1996. Il avait affrété… un hélicoptère dans l’Himalaya pour rapatrier d’urgence le procureur Laurent DAVENAS qui y faisait du trekking, afin d’annuler la mise en examen de Xavière TIBERI, pour un rapport bidon sur la francophonie payé rubis sur l’ongle 268 954 francs par son copain DUGOIN !

La connerie a encore frappé

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Le maire d’USTARITZ, petite bourgade du Pays Basque, proche de BAYONNE est un drôle de bonhomme. Jusqu’ici, la commune était surtout célèbre pour un obscur député du Tiers-Etat, Dominique Joseph Garat qui, remplaçant DANTON au ministère de la Justice en 1792, avait dû lire la sentence de mort à Louis XVI ; d’après la légende locale, il en aurait fait des cauchemars jusqu’à la fin de sa vie…  Apparemment, le maire actuel de la ville, Dominique LESBATS, a conservé le même sens impitoyable de la justice et du droit !

Il a en effet envoyé une policière municipale, en uniforme, pour arrêter une gamine de 5 ans, élève de maternelle, au  beau milieu de la cantine municipale. Le crime était suffisamment grave pour justifier une expédition punitive de la maréchaussée : sa mère, divorcée, n’avait pas payé la facture de cantine à la mairie, et elle lui devait la somme faramineuse de 170€ !

Ses petits camarades épouvantés, voyant la gamine partir au milieu de son repas sur ordre d’une représentante de la loi, étaient convaincus qu’elle était en prison. En réalité, elle n’avait été emmenée qu’au poste, d’où elle fut libérée dans l’après-midi. La malheureuse, terrorisée, était persuadée que ses “parents étaient morts” puisque c’est la police qui était venue la chercher à l’école.

Le Maire, qui s’était mis “aux abonnés absents” hier, a fini par déclarer aujourd’hui, avec l’aplomb qui sied à ses responsabilités de premier Magistrat : “Je suis tout à fait conscient que ça peut créer un émoi. On est dans le cadre d’une procédure de non-paiement de cantine. Les deux parents étaient avertis, il y a des procédures qu’on est obligé d’appliquer ».

Sans commentaire.

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N.B. Il s’est passé des choses bien plus importantes aujourd’hui, ne serait-ce que l’assassinat politique de trois femmes, militantes kurdes, à PARIS. Mais ces temps-ci, la bêtise de certains hommes politiques me fascine !

En 2013, votre patron va cracher !

1802168_5_0dbe_vincent-peillon-a-detaille-dans-le-jdd-les_e0b91dd31dd1a557dc694810b1b3e962Un peu de futilité ne peut pas nuire en cette période des étrennes. Je viens de lire un cas intéressant de jurisprudence établi par la Cour de Cassation le 12 décembre dernier : le salarié peut prétendre à une indemnité au titre de l’occupation de son domicile à des fins professionnelles, dès lors qu’un local professionnel n’est pas mis à sa disposition. Rappelons de plus que, selon la jurisprudence, le salarié ne peut se voir imposer de travailler à son domicile ou d’y entreposer son matériel de travail. S’il l’accepte, il doit être indemnisé par l’employeur de cette contrainte particulière ainsi que des frais éventuels engendrés par l’occupation à titre professionnel du domicile.

Je suis vraiment un pigeon. En tant qu’enseignant, la salle des profs était à peine assez grande pour y boire un café et baver sur son Proviseur ou sur ses collègues. J’ai donc travaillé chez moi pendant 40 ans (préparation des cours, correction des copies, rédaction des bulletins scolaires et des dossiers de bac par Internet, etc.). Pis : j’ai payé de ma poche tous mes livres, tous mes stylos, toutes mes feuilles de papier, plusieurs ordinateurs et imprimantes, un abonnement mensuel à un fournisseur d’accès à Internet, des bibliothèques, un bureau, divers fauteuils, etc. Toutes choses sans lesquelles je n’aurais pu exercer mon métier de modeste salarié du Ministère de l’Education Nationale.nimbuscopyright_02102003

Problème de certificat d’études primaires pour nos lecteurs (c’est mieux que les histoires de baignoires percées ou de trains qui arrivent en retard!) La cour de cassation ayant fixé l’indemnité dudit salarié à 960€ par an, combien le Ministre PEILLON (un nom prédestiné, au moins sur le plan phonétique !) devrait-il me verser demain, même si, dans ma grande bonté d’âme, je lui faisais cadeau du prix de mes ordinateurs, de ma bibliothèque, et de mon abonnement à Internet ? Quand vous aurez fini l’opération, apportez-moi le résultat à “mon bureau”, et CHAMPAGNE POUR TOUT LE MONDE !

Forza Italia !

justice nulsLe 6 avril 2009, un séisme de magnitude 6, ressenti jusqu’à ROME, ravageait L’AQUILA dans les Abruzzes et faisait 300 victimes outre des dizaines de milliers de sans-abri. Le tribunal de cette ville vient de condamner hier les 7 scientifiques qui faisaient partie de la commission de géophysiciens réunie une semaine avant la catastrophe, à 6 ans de prison… pour n’avoir pas prévu le tremblement de terre ! Le parquet n’y était pas allé avec le dos de la cuiller en réclamant 4 ans ferme. Mais les juges italiens en ont rajouté une louche, considérant qu’il s’agissait d’un “homicide par imprudence”. Pour la partie civile, c’est un triomphe : « Cela marque un pas en avant pour le système judiciaire et j’espère que cela conduira à des changements, non seulement en Italie, mais dans le monde entier », a déclaré Wania della Vigna, avocate de 11 plaignants. Je me demande si tous ces braves gens n’ont pas un peu abusé de la grappa ! Vous vous rappelez le fameux chapitre de “l’autodafé” dans “Candide” ? “Après le tremblement de terre qui avait détruit les trois quarts de Lisbonne, les sages du pays n’avaient pas trouvé un moyen plus efficace pour prévenir une ruine totale que de donner au peuple un bel autodafé ; il était décidé par l’université de Coïmbre que le spectacle de quelques personnes brûlées à petit feu, en grande cérémonie, est un secret infaillible pour empêcher la terre de trembler.” On reste ahuri que les juges italiens, un peuple pourtant si pieux, n’aient pas trouvé quelques hérétiques à brûler pour faire bonne mesure !

silvio-berlusconiPendant ce temps-là Silvio BERLUSCONI, qui n’a pas été fichu de reconstruire la ville depuis plus de 3 ans malgré ses promesses, court toujours, et son parti, “il popolo della liberta”, est encore majoritaire au parlement. Le beau Silvio, 76 ans et toutes ses dents, comparaît lui aussi devant un tribunal, celui de MILAN. Il est accusé d’avoir eu recours aux services d’une prostituée mineure, et d’avoir fait pression sur les enquêteurs pour étouffer le scandale. C’est le “Rubygate”. Contrairement aux savants “imprudents”, BERLUSCONI a tout prévu. Il a même gardé un culot d’enfer. S’il a fait libérer de prison la jeune Ruby – une jeune marocaine qui faisait commerce de ses charmes –, c’est parce qu’on lui avait dit que c’était “la nièce du président égyptien, Hosni MOUBARAK,” et qu’il voulait “éviter un incident diplomatique” ! On a échappé de peu à la cousine germaine du pape : l’ancien président du conseil a prétendu aussi que la jeune Marocaine “voulait se convertir à la religion catholique ». En résumé, s’il lui avait refilé un peu de pèze, c’était juste pour favoriser l’opération du Saint-Esprit. Décidément, il cavaliere prend les citoyens italiens pour des enfants de chœur.

20120925_manifestipolverini3Pendant le même temps, les caciques du parti de droite1 tiennent toujours le conseil régional de Rome, mais la présidente du Latium vient d’être contrainte à la démission devant le scandale provoqué par ses affidés qui tapaient dans la caisse. Son slogan était : “Ora facciamo pulizia” (“Maintenant nous faisons le ménage”). C’est l’histoire de l’arroseur arrosé ! La brave dame voudrait nous faire croire que le président du groupe régional du parti berlusconien, Franco FIORITO, surnommé “Batman”, 1.90m et 170 kg, inculpé de “détournement de fonds publics” n’a “pas volé, mais distribué”, comme il ose le préciser lui-même. Ce monsieur disposait de la clé d’une caisse de 8 millions d’euros, destinée aux “relations avec les électeurs”. – Si ! Ma qué cé n’est pas la corruptione ! Bien sûr, il a déjà prélevé 750 000€ pour son propre compte – si j’ose dire, vu qu’il avait une dizaine de comptes divers et variés – afin de se payer diverses bagnoles. Pourtant il ne manquait de rien puisqu’il touchait près de 300 000€ par an grâce à ses multiples indemnités de conseiller régional, président de groupe, président de commission, c’est à dire “plus que le président du conseil et le président de la république réunis” ! Mais comme il avait grand cœur, il payait sans barguigner les factures de ses petits copains du Popolo della Liberta, au nom des “relations avec les électeurs” : notes de supermarchés, repas au restaurant, achats chez Hermès, Gucci, etc. Au moment où Batman a été inculpé, il s’apprêtait à s’acheter une villa sur la Côte d’Azur, pour l’ajouter à ses onze appartements romains.

Mais bon, on est en Italie. En France, le cumul des mandats, les indemnités multiples et incontrôlées, les dessous de table, ça n’existe pas et nos élus ont un train de vie misérable. Comme le disait l’excellent Jean-François COPE, secrétaire général de l’UMP : « Tu comprends, si on n’a ici que des gens qui se contentent de 5.000 euros par mois, on n’aura que des minables« .(Sophie Coignard et Romain Gubert, L’oligarchie des incapables) FORZA FRANCIA !

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(1) Je vous fais grâce de l’histoire d’Umberto BOSSI, leader et fondateur de la Ligue du Nord, qui voulait faire rendre gorge aux profiteurs du sud de l’Italie : on s’est aperçu qu’il tapait lui aussi dans la caisse du parti pour ses voyages, ses menus plaisirs, et même l’entretien de ses baraques. Comme la plupart des caciques de l’alliance berlusconienne des partis de droite.

Les flics n’ont pas fini de rouler à droite !

Et ils n’ont pas fini de nous emmerder.

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Depuis quelque temps, ils ne cessent de manifester1. En pleine campagne électorale, ils avaient remonté les Champs-Elysées avec leurs voitures de service, toutes sirènes hurlantes. Désormais, ils se rassemblent presque chaque jour devant les préfectures de plusieurs départements. Joli bilan pour SARKOZY, le premier flic de France ! On imagine sans peine ce que la droite, les ex-ministres Guéant et Hortefeux en tête, ne manquerait pas de brailler s’il y avait déjà un gouvernement de gauche !

On l’a peut-être oublié, mais en 1983 la mort de deux policiers avenue Trudaine à PARIS lors d’un contrôle d’identité – les meurtriers, membres d’Action Directe, sont toujours en prison, trente ans après – avait provoqué une manifestation contre le gouvernement de gauche : Gaston DEFERRE, aux obsèques, avait été conspué aux cris de “démission! démission !” La manifestation de flics s’était ensuite rassemblée sous les fenêtres du ministère de la justice où furent proférées les pires insultes contre BADINTER : “Rappelez-vous 6a00d8345525fa69e20154323442c7970ccette manifestation de policiers, en 1983. Des factieux devant la porte de l’Elysée, avec les CRS goguenards qui les laissaient passer ! Place Vendôme,  les gardes de la Chancellerie enlevaient leurs casquettes pour les saluer. C’était fou. J’ai dit à mes collaborateurs : tout ce qui nous reste c’est de nous défendre en leur jetant jusqu’à nos derniers Dalloz ! Quand Mitterrand l’a appris, je ne l’ai jamais vu dans une telle rage. A l’Assemblée aussi on était confronté à l’incroyable haine de la droite. Il m’arrive encore d’en rêver.” (Interview au Nouvel Observateur, mars 2011)

Que réclament donc aujourd’hui les syndicats de policiers, et en particulier “Alliance”, et “Synergie-Officiers” dont le dernier secrétaire général, Bruno BESCHIZZA, est devenu l’un des cadres de l’UMP, et a été bombardé d’un coup sous-préfet par SARKOZY, il y a moins de quinze jours2 ? L’application du programme politique du Front National, auquel s’est rallié SARKOZY entre les deux tours de l’élection présidentielle : “la présomption de légitime défense” pour tout policier qui fait usage de son arme. C’est la mise en examen d’un policier de NOISY-LE-SEC, qui a abattu d’une balle dans le dos – selon l’autopsie – un délinquant en fuite, qui a mis le feu aux poudres. « Ce n’est pas une revendication politique », a déclaré sans rire Jean-Claude DELAGE, le secrétaire du syndicat Alliance. Penses-tu, c’est pas de la politique, c’est de la pure poésie !

Que dit en effet le code pénal, dans son article 122-6, qui traite de la “légitime défense” :

Est présumé avoir agi en état de légitime défense celui qui accomplit l’acte :

    • 1° Pour repousser, de nuit, l’entrée par effraction, violence ou ruse dans un lieu habité ;
    • 2° Pour se défendre contre les auteurs de vols ou de pillages exécutés avec violence.

Que réclament les flics ? Qu’on ajoute un troisième alinéa ? “3° s’il s’agit d’un policier qui fait usage de son arme dans quelque circonstance que ce soit” ? Soyons sérieux. Les juges d’instruction connaissent parfaitement l’article 122-6 du code pénal. S’il y avait eu la moindre menace de la part du délinquant, la présomption de légitime défense aurait joué en faveur du policier de Noisy-le-sec, comme elle est accordée systématiquement en pareil cas aux policiers par les magistrats instructeurs. Si le policier a tiré sur un homme qui s’enfuyait, en droit ça s’appelle un “meurtre”. C’est comme ça, la justice, dans un état de droit. Peut-être pas chez Marine LE PEN, ni à l’UMP, mais dans un état de droit, si !

Et que les flics ne viennent pas nous dire que les gendarmes sont traités différemment, sous prétexte que leur statut militaire leur permet d’user de leur arme sans avoir à rendre de comptes,.au nom de l’article L-2338-3 du Code de la défense. La question a déjà été tranchée par la cour de cassation qui, en 2010, avait renvoyé un gendarme devant la cour d’assises dans des circonstances similaires. Le gendarme a d’ailleurs été acquitté. Mais le droit avait prévalu. Ce que demandent les flics police-partout-justice-nulle-partaujourd’hui, c’est d’être au-dessus des lois. Et les syndicats de policiers, infiltrés par la droite et l’extrême-droite annoncent la couleur : puisque SARKOZY n’a pas eu le temps de leur donner le “permis de tuer” – la formule est, paradoxalement, de Guéant soi-même –, ils tentent de l’imposer par leurs manifestations au futur gouvernement de gauche. HOLLANDE, là encore, va devoir entamer le “redressement” du pays : la démocratie, ce n’est pas le far west !

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1 Selon la loi du 11.01.84 article 66, “la participation à un acte collectif  d’indiscipline caractérisée, ou à un acte collectif contraire à l’ordre public” peut provoquer une sanction du ministre de l’Intérieur, qui va de l’avertissement à la révocation, sans même qu’il soit nécessaire de convoquer un conseil de discipline. A ma connaissance, le ministre GUEANT n’a même pas ouvert la bouche jusqu’à aujourd’hui. Ça lui a coupé le sifflet ?

2 Le décret est daté du 28 avril, entre les deux tours de l’élection présidentielle.