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LA GAUCHE PEUT MOURIR…

FRANCE-VOTE-DEPARTEMENTALES-PSLa Gauche peut mourir. Ça n’empêchera pas le crétinisme et l’opportunisme politique de prospérer. Du moins,  Cambadélis, comme Ponce-Pilate, s’en lavera les mains. En décidant de retirer leur liste de candidats dans le Nord et en Provence, les socialistes ont fait le choix de laisser la droite et l’extrême-droite se débrouiller entre elles. De toute façon, il n’y a plus de différence essentielle entre un Xavier BERTRAND ou un Christian ESTROSI et la plupart des électeurs du Front National, à l’exception peut-être des fascistes purs et durs, ceux qui défilent le bras levé en rangers et blouson noir, organisent des ratonnades contre tous nos compatriotes qui n’auraient pas la peau blanche ou ne seraient pas hétérosexuels…

Entre deux maux, il faut choisir le moindre. La tactique vise sans doute à sauver la face : la gauche ne portera pas le chapeau du succès des deux filles LE PEN® – je veux dire fille et petite-fille de LE PEN®, compagnon de route des miliciens des années 40, des tueurs de l’OAS et des généraux putschistes d’Algérie1. La droite, comme si elle en était devenue gâteuse, n’a cessé de répéter que ce n’était pas sa faute, que c’était la gauche qui était responsable de la montée du FN : elle est désormais seule face à ses responsabilités. Et elle va probablement perdre.

Par un heureux hasard, j’habite une région où la gauche va l’emporter. Je n’aurai pas de problème de conscience. Mais il est évident que si je devais choisir entre une LE PEN et un ESTROSI ou un BERTRAND, je voterais blanc. On ne choisit pas entre la peste et le choléra. On nous a fait le coup en 2002, avec CHIRAC. On a vu le résultat : « je les ai bien baisés« , s’est félicité le président d’alors. Encore était-il républicain. Je ne peux l’affirmer pour les deux sus-nommés.

Et puis, il n’est pas sans intérêt pour les naïfs que l’extrême-droite fasse la preuve de son incompétence : à la tête d’une région dont les pouvoirs sont limités – pas de pouvoir sur la fiscalité, sur la police ni sur la justice -, elle fera moins de tort qu’à l’assemblée nationale… On va vite comprendre que quelques braillards avinés et leur troupeau de moutons de Panurge, c’est le suicide politique assuré2. Cambadélis aurait-il la malice de Panurge3 ?

Il fait surtout la démonstration que la gauche peut disparaître. A l’heure où, partout en Europe, les partis dits « populistes », en réalité fascisants, sont aux portes du pouvoir, les calculs de boutiquiers des Verts ou du Front de Gauche sont hors de saison. A l’heure où des fascistes islamistes, pourtant citoyens français et non pas immigrés, comme le prétendent les crétins d’extrême-droite, sont prêts à se faire exploser après avoir assassiné le plus grand nombre possible de leurs compatriotes, il n’est plus temps de tergiverser. Ce n’est pas de lois d’exception dont nous avons besoin, comme la « déchéance de nationalité » qui va créer des Français de second ordre4, mais d’un mouvement de fond pour défendre les principes républicains que la droite comme l’extrême-droite sont près de jeter aux orties.

Dans ces conditions, continuer à maintenir sous perfusion un parti moribond – je parle du PCF – ou à rêver d’un « Parti de Gauche » excluant les Socialistes – Mélenchon, quand bien même il est un orateur de talent, est d’une myopie politique ahurissante5 –, tout cela relève de la politique de Gribouille. La leçon de 2002 n’a-t-elle pas suffi6 ? Si les écologistes et les communistes avaient fait liste commune avec toute la gauche, – on ne prétend pas faire « chambre à part » quand il y a le feu à la maison commune – le Nord et la Provence ne seraient pas sur le point de se donner aux héritières des assassins de Vichy et d’Alger !

Si on veut régénérer la gauche, qui en a bien besoin, ce n’est pas en lui administrant une saignée supplémentaire (comme Diafoirus : « saignare… purgare…♫ « ), qu’on va lui redonner la santé. Elle peut ne pas en réchapper. La preuve aujourd’hui ! Les seuls qui danseront la gigue sur le cercueil, ce sont les intégristes religieux de toute obédience, et les populistes ou les mongoliens qui pensent que l’air sera plus respirable quand ils auront claquemuré toutes les portes de la maison, et qu’on bouffera tous des rutabagas!

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(1) Faut-il rappeler qu’il n’y a pas si longtemps siégeaient au bureau national du FN d’anciens miliciens dont le co-fondateur du parti François BRIGNEAU, et que LE PEN lieutenant au 1° REP pendant la guerre d’Algérie a participé à bien des exactions de l’armée française.

(2) « Soudain, je ne sais comment cela se produisit, je n’eus pas le loisir de le considérer, Panurge, sans dire autre chose, jette en pleine mer son mouton criant et bêlant. Tous les autres moutons criant et bêlant sur le même ton commencèrent à se jeter et à sauter dans la mer tous à la file » (Rabelais, Quart Livre, Chapitre VIII)

(3) — J’en ai eu pour mon argent, répondit Panurge à Frère Jean des Entommeures qui lui reprochait d’avoir payé trop cher la démonstration !

(4) A partir du moment où on fait une ségrégation entre les « Français de souche » (lubie d’extrême-droite) et les bi-nationaux (de parents maghrébins en majorité) pour réserver à ces derniers une éventuelle déchéance, on renie les principes du droit du sol, et on fait le lit de l’extrême-droite !

(5) Si j’étais cruel, je rappellerais les émotions de groupie de Mélenchon à propos de CHAVEZQue reste-t-il aujourd’hui de la fameuse « révolution bolivarienne » une fois que les subsides du pétrole vénézuélien ont été gaspillés ?

(6) A l’époque, Christiane TAUBIRA et Jean-Pierre CHEVENEMENT avaient capté les voix qui avaient manqué à JOSPIN pour être présent au second tour. Nous ont-ils assez bassiné avec leur souci de « témoigner » pour l’avenir ? Que reste-t-il aujourd’hui du Parti Radical-Socialiste et du Mouvement Citoyen ? Il vaut mieux en rire qu’en pleurer…

Italian_Social_Movement_logo_(1972-95)logo-fnLe Front National héritier du mouvement fasciste, comme en témoigne évidemment son sigle de façon irréfutable

Mélenchon abuse du gros rouge

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Ce n’était peut-être pas une bonne idée pour le « Parti de Gauche » de tenir son congrès à BORDEAUX. Manifestement, d’aucuns, partis de gauche, se sont retrouvés à l’extrême-droite, après avoir pris un coup dans le nez : le risque quand on fréquente les « châteaux » de notre belle région, c’est de finir à quatre pattes à la cave ! En tout cas, le secrétaire national du parti mélenchonnien, un certain Delapierre, avait dû lever le coude plus que de raison, en apostrophant les ministres des finances de l’Eurogroupe : « 17 salopards » ! Et il a ajouté, en levant son verre à la santé de l’un d’entre eux, vivement applaudi par les 800 délégués. » :  « Dans ces 17 salopards, il y a un Français, il a un nom, il a une adresse 1, il s’appelle Pierre Moscovici et il est membre du Parti socialiste »!  Mélenchon a ajouté aux amabilités de son compère que le « salopard » Moscovici, « petit intelligent qui a fait l’ENA », « ne pense pas français, [il] pense finance internationale ».

On sent tout de suite qu’entre ces deux anciens trotskystes il y a quelques vieux comptes à régler. Est-ce parce que Méluche était lambertiste quand Mosco était pabliste ? Est-ce parce que le premier, qui n’a jamais dû sa place qu’à un concours de circonstances, jalouse secrètement le second reçu au concours de l’ENA ?

En tout cas, je m’en voudrais de ne pas les aider à vider leur querelle sémantique avec quelques morceaux choisis qui pourraient aider les « camarades du Front de Gauche » si, prochainement, dans leur  » course de vitesse avec le FN » 2 pour casser du socialo, ils manquaient de munitions. Voici ARAGON, éminent patriote communiste :  » [ils] tomberont aux mains des émeutiers qui les colleront au mur / Feu sur Léon Blum (…)/ Feu sur les ours savants de la social-démocratie ! »  (« Le Front Rouge »,3 novembre 1931, édition française de la revue « Littérature de la Révolution mondiale », publiée à Moscou). Voici MAURRAS, illustre patriote de « l’Action Française », celui qui qualifiait de « divine surprise » l’arrivée au pouvoir de Pétain après l’invasion nazie, et avait dit de Léon Blum : « Voilà un homme à fusiller, mais dans le dos ! »  Quant à « Je suis partout » (1932), torchon antisémite qui s’illustra ensuite dans la collaboration, il écrivait à propos du même BLUM : « Il est par nature aussi indifférent aux intérêts de la France qu’un Japonais peut l’être aux intérêts du Chili « . Pourquoi rappeler les attaques des staliniens et des fascistes contre Léon BLUM ? Parce qu’on y trouvait les mêmes insinuations sordides : Blum était un traître. Pour l’extrême-droite, c’était parce qu’il était juif et qu’il mangeait dans « de la vaisselle d’or ». Pour les communistes, c’était parce qu’il était socialiste, c’est-à-dire « social-traître », « social-flic », etc..

Moscovici est né en France, d’un père roumain et juif. Ça tombe pile pour faire « la course » avec le Front National ! A la bonne vôtre, camarades4 !  ______________________________________________________________

[1] Il n’a même pas donné l’adresse ? Dégonflé !… Comment les bons Français vont faire pour aller lui casser la gueule, au salopard ?

[2] le mot est de Martine BILLARD, co-présidente du Parti de Gauche.

[3] Ce n’est pas le Front de Gauche, mais avouez que ce n’est pas tombé loin…

[4] Je n’ai jamais envisagé de rejoindre un tel parti politique. Mais soit dit en passant aux copains qui le soutiennent encore, de tels propos suffiraient à donner sa démission séance tenante. Quant à l’affaire de Chypre, je renvoie à ce que j’ai déjà écrit sur le sujet… et je note qu’à aucun moment, Mélenchon n’a expliqué ce qu’il fallait faire avant de déclarer le pays en faillite ! Pour faire la révolution, d’ici demain, ça va être un peu court pour un ci-devant paradis fiscal…