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LA GAUCHE PEUT MOURIR…

FRANCE-VOTE-DEPARTEMENTALES-PSLa Gauche peut mourir. Ça n’empêchera pas le crétinisme et l’opportunisme politique de prospérer. Du moins,  Cambadélis, comme Ponce-Pilate, s’en lavera les mains. En décidant de retirer leur liste de candidats dans le Nord et en Provence, les socialistes ont fait le choix de laisser la droite et l’extrême-droite se débrouiller entre elles. De toute façon, il n’y a plus de différence essentielle entre un Xavier BERTRAND ou un Christian ESTROSI et la plupart des électeurs du Front National, à l’exception peut-être des fascistes purs et durs, ceux qui défilent le bras levé en rangers et blouson noir, organisent des ratonnades contre tous nos compatriotes qui n’auraient pas la peau blanche ou ne seraient pas hétérosexuels…

Entre deux maux, il faut choisir le moindre. La tactique vise sans doute à sauver la face : la gauche ne portera pas le chapeau du succès des deux filles LE PEN® – je veux dire fille et petite-fille de LE PEN®, compagnon de route des miliciens des années 40, des tueurs de l’OAS et des généraux putschistes d’Algérie1. La droite, comme si elle en était devenue gâteuse, n’a cessé de répéter que ce n’était pas sa faute, que c’était la gauche qui était responsable de la montée du FN : elle est désormais seule face à ses responsabilités. Et elle va probablement perdre.

Par un heureux hasard, j’habite une région où la gauche va l’emporter. Je n’aurai pas de problème de conscience. Mais il est évident que si je devais choisir entre une LE PEN et un ESTROSI ou un BERTRAND, je voterais blanc. On ne choisit pas entre la peste et le choléra. On nous a fait le coup en 2002, avec CHIRAC. On a vu le résultat : « je les ai bien baisés« , s’est félicité le président d’alors. Encore était-il républicain. Je ne peux l’affirmer pour les deux sus-nommés.

Et puis, il n’est pas sans intérêt pour les naïfs que l’extrême-droite fasse la preuve de son incompétence : à la tête d’une région dont les pouvoirs sont limités – pas de pouvoir sur la fiscalité, sur la police ni sur la justice -, elle fera moins de tort qu’à l’assemblée nationale… On va vite comprendre que quelques braillards avinés et leur troupeau de moutons de Panurge, c’est le suicide politique assuré2. Cambadélis aurait-il la malice de Panurge3 ?

Il fait surtout la démonstration que la gauche peut disparaître. A l’heure où, partout en Europe, les partis dits « populistes », en réalité fascisants, sont aux portes du pouvoir, les calculs de boutiquiers des Verts ou du Front de Gauche sont hors de saison. A l’heure où des fascistes islamistes, pourtant citoyens français et non pas immigrés, comme le prétendent les crétins d’extrême-droite, sont prêts à se faire exploser après avoir assassiné le plus grand nombre possible de leurs compatriotes, il n’est plus temps de tergiverser. Ce n’est pas de lois d’exception dont nous avons besoin, comme la « déchéance de nationalité » qui va créer des Français de second ordre4, mais d’un mouvement de fond pour défendre les principes républicains que la droite comme l’extrême-droite sont près de jeter aux orties.

Dans ces conditions, continuer à maintenir sous perfusion un parti moribond – je parle du PCF – ou à rêver d’un « Parti de Gauche » excluant les Socialistes – Mélenchon, quand bien même il est un orateur de talent, est d’une myopie politique ahurissante5 –, tout cela relève de la politique de Gribouille. La leçon de 2002 n’a-t-elle pas suffi6 ? Si les écologistes et les communistes avaient fait liste commune avec toute la gauche, – on ne prétend pas faire « chambre à part » quand il y a le feu à la maison commune – le Nord et la Provence ne seraient pas sur le point de se donner aux héritières des assassins de Vichy et d’Alger !

Si on veut régénérer la gauche, qui en a bien besoin, ce n’est pas en lui administrant une saignée supplémentaire (comme Diafoirus : « saignare… purgare…♫ « ), qu’on va lui redonner la santé. Elle peut ne pas en réchapper. La preuve aujourd’hui ! Les seuls qui danseront la gigue sur le cercueil, ce sont les intégristes religieux de toute obédience, et les populistes ou les mongoliens qui pensent que l’air sera plus respirable quand ils auront claquemuré toutes les portes de la maison, et qu’on bouffera tous des rutabagas!

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(1) Faut-il rappeler qu’il n’y a pas si longtemps siégeaient au bureau national du FN d’anciens miliciens dont le co-fondateur du parti François BRIGNEAU, et que LE PEN lieutenant au 1° REP pendant la guerre d’Algérie a participé à bien des exactions de l’armée française.

(2) « Soudain, je ne sais comment cela se produisit, je n’eus pas le loisir de le considérer, Panurge, sans dire autre chose, jette en pleine mer son mouton criant et bêlant. Tous les autres moutons criant et bêlant sur le même ton commencèrent à se jeter et à sauter dans la mer tous à la file » (Rabelais, Quart Livre, Chapitre VIII)

(3) — J’en ai eu pour mon argent, répondit Panurge à Frère Jean des Entommeures qui lui reprochait d’avoir payé trop cher la démonstration !

(4) A partir du moment où on fait une ségrégation entre les « Français de souche » (lubie d’extrême-droite) et les bi-nationaux (de parents maghrébins en majorité) pour réserver à ces derniers une éventuelle déchéance, on renie les principes du droit du sol, et on fait le lit de l’extrême-droite !

(5) Si j’étais cruel, je rappellerais les émotions de groupie de Mélenchon à propos de CHAVEZQue reste-t-il aujourd’hui de la fameuse « révolution bolivarienne » une fois que les subsides du pétrole vénézuélien ont été gaspillés ?

(6) A l’époque, Christiane TAUBIRA et Jean-Pierre CHEVENEMENT avaient capté les voix qui avaient manqué à JOSPIN pour être présent au second tour. Nous ont-ils assez bassiné avec leur souci de « témoigner » pour l’avenir ? Que reste-t-il aujourd’hui du Parti Radical-Socialiste et du Mouvement Citoyen ? Il vaut mieux en rire qu’en pleurer…

Italian_Social_Movement_logo_(1972-95)logo-fnLe Front National héritier du mouvement fasciste, comme en témoigne évidemment son sigle de façon irréfutable

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Le salopard et les charognards

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Cahuzac est donc passé aux aveux. Après la grand-messe qu’il a servie pendant des mois, il a préféré passer à confesse. En général, les enfants de chœur font l’inverse : confiteor, corpus christi, ite missa est. Lui, il a commencé par dévaliser la sacristie, puis il est allé communier, et finalement il a été mis en pénitence. Et en pleine repentance, il a « demandé pardon » au président de la République, au Premier Ministre, à ses ex-collègues ministres, ses électeurs, les citoyennes et les citoyens français, AMEN !

Il y a plus extravagant que ce show à la mode de chez nous pour faire pleurer Margot dans les chaumières. On découvre aujourd’hui, dans un article du « Monde« , que l’ex-ministre avait ouvert ses comptes suisses à l’instigation de copains d’extrême-droite, membres de la famille de son ex-femme ! Vous suivez toujours ? Bref CAHUZAC est un mythomane comme on en a rarement rencontré : il n’est pas très difficile de se faire passer pour un « socialiste » quand on est opportuniste. Mais quand on grenouille avec les fachos du GUD1 , ça devient une performance étonnante que de passer inaperçu, quand bien même les socialos seraient un peu miros ! Surtout quand le premier type qui vous a ouvert la porte de l’Union des Banques Suisses est le dénommé Philippe Péninque, conseiller personnel de Marine LE PEN. C’est peut-être pour ça que le Front National est d’une modération inhabituelle dans ses attaques contre « la gauche ».

Pour le reste, c’est la comédie habituelle : la droite pavoise. Elle a enfin trouvé un soi-disant homme de gauche qui planquait son fric à l’étranger. Ça lui fait chaud au cœur de ne plus être seule à devoir cacher les « maladies honteuses » de ses élus ou de ses copains du patronat. En revanche, les militants de gauche ont la désagréable impression d’avoir été cocufiés : pendant qu’ils se battaient pour la justice sociale, un ministre du budget leur expliquait qu’il fallait « faire des sacrifices », mais se payait des parties de jambe en l’air avec le pognon qui leur était refusé.

Je ne retire pourtant rien de ce que j’ai écrit, même si Mediapart et PLENEL sont fêtés sur les plateaux de télévision par des confrères envieux, pour avoir « abattu un ministre ». Ce journalisme-là, qui repose sur la délation d’indics peu recommandables, n’est pas un modèle. J’ai été journaliste dans mes années de jeunesse : jamais je n’ai rien écrit dont je n’aie apporté la preuve. Il n’y a aucune gloire à tirer des confidences ou de la dénonciation d’un adversaire politique battu ou d’une épouse délaissée. Quand j’étais gosse, mes instituteurs m’ont appris qu’il était méprisable de cafter. Arrivé à l’âge canonique, je n’ai pas retourné ma veste. La seule victoire de la démocratie aujourd’hui, ce n’est pas que la presse ait obtenu la tête d’un tricheur, doublé d’un menteur, et réclame désormais celle de son ministre de tutelle, voire celle du président Rantanplan ; c’est que cette « affaire » a démontré que la séparation des pouvoirs n’est pas un vain mot : l’exécutif n’a plus la haute main sur le judiciaire comme avant 2.

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[1] Groupe Union-Défense : c’est la milice de l’extrême-droite, toutes tendances confondues, à la Fac de Droit de la rue d’Assas à PARIS. Leur principale occupation est de casser la gueule de tout étudiant qui penche un tant soit peu à gauche. De vrais philanthropes !

[2] La droite qui braille haut et fort aujourd’hui devrait, avec un peu de pudeur, se rappeler la belle époque où elle était au pouvoir. L’épisode le plus cocasse a été sans conteste l’histoire de Jacques TOUBON, ancien ministre de la Justice du gouvernement Juppé en 1996. Il avait affrété… un hélicoptère dans l’Himalaya pour rapatrier d’urgence le procureur Laurent DAVENAS qui y faisait du trekking, afin d’annuler la mise en examen de Xavière TIBERI, pour un rapport bidon sur la francophonie payé rubis sur l’ongle 268 954 francs par son copain DUGOIN !

Mélenchon abuse du gros rouge

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Ce n’était peut-être pas une bonne idée pour le « Parti de Gauche » de tenir son congrès à BORDEAUX. Manifestement, d’aucuns, partis de gauche, se sont retrouvés à l’extrême-droite, après avoir pris un coup dans le nez : le risque quand on fréquente les « châteaux » de notre belle région, c’est de finir à quatre pattes à la cave ! En tout cas, le secrétaire national du parti mélenchonnien, un certain Delapierre, avait dû lever le coude plus que de raison, en apostrophant les ministres des finances de l’Eurogroupe : « 17 salopards » ! Et il a ajouté, en levant son verre à la santé de l’un d’entre eux, vivement applaudi par les 800 délégués. » :  « Dans ces 17 salopards, il y a un Français, il a un nom, il a une adresse 1, il s’appelle Pierre Moscovici et il est membre du Parti socialiste »!  Mélenchon a ajouté aux amabilités de son compère que le « salopard » Moscovici, « petit intelligent qui a fait l’ENA », « ne pense pas français, [il] pense finance internationale ».

On sent tout de suite qu’entre ces deux anciens trotskystes il y a quelques vieux comptes à régler. Est-ce parce que Méluche était lambertiste quand Mosco était pabliste ? Est-ce parce que le premier, qui n’a jamais dû sa place qu’à un concours de circonstances, jalouse secrètement le second reçu au concours de l’ENA ?

En tout cas, je m’en voudrais de ne pas les aider à vider leur querelle sémantique avec quelques morceaux choisis qui pourraient aider les « camarades du Front de Gauche » si, prochainement, dans leur  » course de vitesse avec le FN » 2 pour casser du socialo, ils manquaient de munitions. Voici ARAGON, éminent patriote communiste :  » [ils] tomberont aux mains des émeutiers qui les colleront au mur / Feu sur Léon Blum (…)/ Feu sur les ours savants de la social-démocratie ! »  (« Le Front Rouge »,3 novembre 1931, édition française de la revue « Littérature de la Révolution mondiale », publiée à Moscou). Voici MAURRAS, illustre patriote de « l’Action Française », celui qui qualifiait de « divine surprise » l’arrivée au pouvoir de Pétain après l’invasion nazie, et avait dit de Léon Blum : « Voilà un homme à fusiller, mais dans le dos ! »  Quant à « Je suis partout » (1932), torchon antisémite qui s’illustra ensuite dans la collaboration, il écrivait à propos du même BLUM : « Il est par nature aussi indifférent aux intérêts de la France qu’un Japonais peut l’être aux intérêts du Chili « . Pourquoi rappeler les attaques des staliniens et des fascistes contre Léon BLUM ? Parce qu’on y trouvait les mêmes insinuations sordides : Blum était un traître. Pour l’extrême-droite, c’était parce qu’il était juif et qu’il mangeait dans « de la vaisselle d’or ». Pour les communistes, c’était parce qu’il était socialiste, c’est-à-dire « social-traître », « social-flic », etc..

Moscovici est né en France, d’un père roumain et juif. Ça tombe pile pour faire « la course » avec le Front National ! A la bonne vôtre, camarades4 !  ______________________________________________________________

[1] Il n’a même pas donné l’adresse ? Dégonflé !… Comment les bons Français vont faire pour aller lui casser la gueule, au salopard ?

[2] le mot est de Martine BILLARD, co-présidente du Parti de Gauche.

[3] Ce n’est pas le Front de Gauche, mais avouez que ce n’est pas tombé loin…

[4] Je n’ai jamais envisagé de rejoindre un tel parti politique. Mais soit dit en passant aux copains qui le soutiennent encore, de tels propos suffiraient à donner sa démission séance tenante. Quant à l’affaire de Chypre, je renvoie à ce que j’ai déjà écrit sur le sujet… et je note qu’à aucun moment, Mélenchon n’a expliqué ce qu’il fallait faire avant de déclarer le pays en faillite ! Pour faire la révolution, d’ici demain, ça va être un peu court pour un ci-devant paradis fiscal…

Choper la peste pour échapper au choléra

« […] le PS, lâché par ses électeurs, appelle à voter pour un voyou patenté au nom d’un front républicain de carnaval… » Jean-François KAHN

71620129Ainsi donc, le Parti Socialiste, par la voix de son 1er secrétaire Harlem Désir, appelle à voter pour l’UMP Jean-François MANCEL dans l’élection partielle de l’Oise dimanche prochain. Au premier tour en effet, Sylvie HOUSSIN, la candidate du PS, devancée en 2012 de 63 voix seulement, a perdu 10 000 voix dimanche dernier, et est arrivée derrière la candidate du Front National. Or les 2/3 des électeurs ne sont pas allés voter dimanche dernier. Du coup, la socialiste n’a pas obtenu 12.5% des électeurs inscrits, et est éliminée d’office.

Qui est ce MANCEL, le dernier rempart des « républicains » ? Un gugusse qui a fait carrière au parti gaulliste depuis 45 ans.

  • Sa carrière politique est un modèle d’opportunisme. Secrétaire Général du RPR en 1995, il est exclu de son parti en 1998 pour avoir encouragé et organisé le désistement réciproque entre RPR et Front National dans son département. La même année, il sauve sa présidence du Conseil Général de l’Oise grâce à une coalition avec l’extrême-droite. Et en 2002, il adhère à la nouvelle étiquette du parti gaulliste, l’UMP : on efface tout et on recommence !
  • Ses démêlés avec la justice sont tout aussi pittoresques. En 1997, il est l’objet de remontrances de la Cour des Comptes pour la « mauvaise gestion » du Conseil Général de l’Oise. Il faisait payer ses dépenses personnelles par le département. En 1998, le Procureur de la République classe l’affaire à condition qu’il rembourse… C’est pas cher payé.
  • En 1998, il est mis en examen pour « détournement de fonds publics » et « recel d’abus de biens sociaux » à la suite de commissions touchées sur la renégociation d’emprunts par le fameux Michel PACARY1, et sa société Rhoddlams, lequel est mort en emportant ses secrets dans la tombe (1999). Les poursuites seront finalement abandonnées en 2002, la justice n’ayant pu apporter « la preuve que les factures de Rhoddlams étaient fictives ».
  • Après une dizaine d’années de procédures diverses et variées,  pendant lesquelles il a été condamné à 18 mois de prison avec sursis, 30 000 euros d’amende et dix ans d’inéligibilité2, pour « prise illégale d’intérêt »3, il finit par obtenir satisfaction à l’usure en 2010 de la Cour Européenne des Droits de l’Homme pour un vice de forme4.

Et c’est pour un tel guignol que ce brave Harlem appelle à la « discipline républicaine » ? Hé les socialos, quand vous avez pris une claque, vous réclamez un coup de pied au cul ?

Voter MANCEL (UMP) pour ne pas voter ITALIANI (FN), c’est quasiment une histoire de palindrome : choisir « la droite extrême » pour éviter « l’extrême droite », comme l’a dit justement la candidate socialiste elle-même. Et refusant de se renier, elle a ajouté : « c’est bonnet blanc et  blanc bonnet », selon le mot fameux de Jacques DUCLOS, celui qui pleurait dans sa casquette à la tribune du congrès du PC quand « le camarade Staline est mort » en 1953, mais collait le même bonnet d’âne à Pompidou et Poher en 1969 ! On pourra dupondtpréférer la métaphore des deux DUPONDT. Les coupeurs de cheveux en quatre me rétorqueront qu’il n’y a pas qu’une différence orthographique entre Dupont et Dupond, dans les albums de Tintin, mais aussi de nature : l’un a les coins de la moustache relevés, l’autre tombants. Et pour les duettistes de BEAUVAIS, il est manifeste que M. MANCEL a de la barbe, et que Mme ITALIANI n’en a pas. Ça ne suffira pas pour convaincre l’électeur que MANCEL est un type au poil !

Bref, dimanche, faites comme moi : allez à la pêche ! Et que ça vous serve de leçon : il ne faut jamais laisser traîner les doigts dans le panier de crabes !

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[1] PACARY avait pignon sur rue dans les DOM-TOM et à GRENOBLE où il a contribué à la chute du maire RPR, CARIGNON. Il a reconnu lui-même : «Je reversais 25% de mes commissions en liquide au RPR. Une ou deux fois par mois, je remettais une enveloppe au trésorier adjoint et il allait mettre l’argent au coffre. C’est le RPR qui voulait du liquide. Pas de trace.» Peut-être se vantait-il un peu… Mais pour que le Luxembourg ait consenti à l’extrader à l’époque, il fallait que les charges fussent lourdes !

[2] Cette peine d’inéligibilité a été annulée lors de son second passage en cour d’appel, heureusement. Sinon, les électeurs de l’Oise eussent été privés de ce grand « républicain » !

[3] Il avait refilé un marché, en tant que Président du Conseil Général, à la société Euro-2C, actionnaire d’une chaîne de parfumeries dont Mancel était un autre actionnaire.

[4] « la Cour de cassation n’aurait pas dû se pencher deux fois dans une composition quasi identique sur le dossier » dit l’arrêt de la CEDH. En matière de chicane procédurière, les époux TIBERI ont fait mieux : ça fait 16 ans que ça dure, et ce n’est probablement pas fini !

Règlement de comptes

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Il n’est pas impensable que CAHUZAC, ministre démissionnaire du budget, n’ait pas tout à fait la conscience tranquille, quoi qu’il en dise. Mais le problème est ailleurs : peut-on traîner dans la boue un homme politique sur la foi de simples soupçons, sous prétexte que l’attaque vient d’un organe de presse indépendant (Mediapart) ?

L’accusation est en effet bien légère : une bande sonore de très mauvaise qualité, datant d’une douzaine d’années, gardée paraît-il dans un coffre-fort comme le saint-sacrement dans son tabernacle, et subitement révélée par Me GONELLE, adversaire politique de J. CAHUZAC dans la charmante bourgade de Villeneuve-sur-Lot, selon laquelle le ministre aurait avoué (pendant quelques secondes) détenir un compte en Suisse à la banque UBS. Or tout le monde sait qu’aucune expertise, quoi qu’on en dise, n’est capable de démontrer qu’une voix appartient à tel ou tel locuteur : selon les circonstances, l’émotion, l’âge (il s’est écoulé 12 ans), le timbre et les intonations d’une voix peuvent être modifiés ; la plupart des juges ne retiennent donc pas les bandes sonores comme éléments de preuve. En outre, un enregistrement sonore peut facilement être trafiqué (j’ai moi-même maintes fois truqué des bandes magnétiques pour les besoins d’une mise en scène théâtrale, et je suis loin d’être un spécialiste !)

Qui a transmis cet enregistrement à Mediapart, où le journaliste Fabrice ARFI en a fait une affaire d’état ? Il est possible que ce soit le fameux juge BRUGUIERE, qui fut aussi adversaire UMP malheureux de CAHUZAC aux élections législatives, et dont les coups tordus ont défrayé la chronique judiciaire (avant sa retraite, il était juge « anti-terroriste ») : il en avait une copie. Ce n’est pas tout : l’ex-ministre est aussi poursuivi par la vindicte de son épouse avec laquelle il est en instance de divorce ; elle lui a collé aux basques un détective privé auquel il serait vain de réclamer l’impartialité.

C’est qu’il y a des sous dans la famille CAHUZAC ! Ancien chirurgien cardiaque, il a monté, avec sa femme dermatologue, une clinique de chirurgie esthétique, spécialisée dans les implants capillaires. Vu le nombre de chauves prêts à payer cher pour ne pas avoir la boule à zéro, les comptes en banque devaient être bien garnis. Mais, après avoir été conseiller technique du ministre de la santé Claude EVIN jusqu’en 1991, c’est probablement son job de consultant auprès de divers laboratoires pharmaceutiques, qui lui a rapporté le plus. A-t-il été payé de ses services sur un compte suisse qu’il n’aurait pas déclaré ? Ce n’est pas exclu. Mais pour lancer de telles accusations, il faut des preuves. Or, à moins que CAHUZAC ait été dénoncé par les patrons payeurs, Mediapart n’en a pas. Et si c’est le cas, est-ce donc une honte de dire que leur fameuse « enquête de plusieurs mois » se limite au racolage de la délation ? Epouse délaissée, rival politique battu, « patrons-pigeons » cocufiés par la taxe à 75%… C’est ça la caution de la morale publique dans laquelle se drape Mediapart ?

CAHUZAC a du pognon. C’est souvent suspect à gauche. Il est possible, comme l’en accuse un inspecteur des impôts un peu caractériel, qu’il ait « raboté » la valeur de son appartement de l’avenue de Breteuil dans sa déclaration d’ISF, et ce ne serait pas le premier : ça ne suffit pas à en faire le dernier des salopards. Quant à son compte suisse, ça ne paraît pas très crédible : alors que son propre frère était Directeur du département de Banque Privée de la HSBC, CAHUZAC aurait ouvert un compte à l’UBS par l’intermédiaire d’une société écran ? J’ai moi-même été client de la HSBC1 (Hong Kong and Shanghai Banking Corporation) pendant les années où j’ai vécu et travaillé à Hong Kong. C’était un jeu d’enfant d’y obtenir un virement ou un retrait dans n’importe quelle devise, Yuan compris. Rassurez-vous, mon modeste salaire ne m’a jamais permis d’être imposable à l’ISF. Hélas ! J’aimerais bien payer davantage d’impôts. Ça voudrait dire qu’il m’en reste encore plus à jeter par les fenêtres ! En tout cas, j’ai connu tout un tas de bons Français qui avaient des comptes bancaires à Hong Kong2, bien au chaud à l’abri du fisc. Pourquoi CAHUZAC aurait il été débile au point de planquer son fric en Suisse jusqu’en 2010 ?

Dans ces conditions, je ne suis pas certain qu’Edwy PLENEL ait raison de pavoiser, et de faire la leçon à ses confrères et… au reste du monde ! Après tout, il ne s’agit pour l’instant que d’une enquête diligentée par un Procureur Général, ancien directeur de cabinet de ce monument de vertu qu’était la ministre de la Justice ALLIOT-MARIE, nommé là par la faveur du Prince. Et cette instruction n’a pour base qu’une histoire rocambolesque de téléphone portable déclenché par inadvertance, sans même le commencement d’une preuve de la fraude fiscale dénoncée à grands cris3. Reconnaissons que la marche triomphale de « la Vérité », comme le prétend PLENEL dans une déclaration à l’AFP, est un peu claudicante, et assez éloignée du Droit qui, faut-il le rappeler, est la garantie de la Démocratie. Le seul bénéfice de cette démission de CAHUZAC est qu’elle met fin à un conflit d’intérêt manifeste : il n’était pas sain qu’une instruction sur un soupçon de fraude fiscale du Ministre du Budget fût diligentée par ses propres services.

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[1] Mon compte était évidemment déclaré au fisc français auquel je paie régulièrement mes impôts depuis toujours. Mais si je n’avais rien déclaré,  personne ne m’aurait rien demandé !

[2} Le secret bancaire est une religion à Hong Kong (sans commune mesure avec la Suisse qui vient de dénoncer les fraudeurs allemands et américains, et prélever des taxes forfaitaires sur… leurs comptes UBS !)

[3] Interviewé par iTélé, PLENEL lance aujourd’hui le chiffre de 15 millions d’euros. Comment fait-il pour le sortir de son chapeau ? Là non plus, pas la moindre preuve… A moins qu’il ait obtenu ce chiffre par délation (Cf. ci-dessus). C’est décidément une curieuse conception du journalisme !