Referendum, plébiscite : non merci !

Deux consultations populaires ont eu lieu dimanche dernier, l’une en Colombie, l’autre en Hongrie. Et en France, de nombreux politiciens de droite ou d’extrême-droite nous promettent désormais le recours au referendum… comme si c’était le nec plus ultra de la démocratie ! Minute, papillon…

L’hypothèse est séduisante : c’est le « peuple » qui décide, comme dans la Rome antique, où le « plébiscite » permettait à la plèbe, sur la sollicitation des tribuns de la plèbe, d’imposer une loi. Il y aurait beaucoup à dire sur le prétendu idéal démocratique de Rome, mais ce n’est pas notre sujet ! En tout cas, tout au long de l’histoire, à quelques exceptions près, les referendums ou les plébiscites ont presque toujours trompé les électeurs à partir de malentendus : JAMAIS les électeurs ne répondent à la question posée, mais TOUJOURS aux sous-entendus inconsciemment (ou sciemment) cachés derrière !

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Campagne pour le NON en Colombie

Voyons d’abord ce qui s’est passé en Colombie : dimanche, les Colombiens ont refusé (50.28% de NON) l’accord de paix enfin signé entre le gouvernement du Président Juan-Manuel SANTOS et les FARC (guérilleros) de Timoléon JIMENEZ, dit « Timochenko ». Comment le « peuple », après plus de 50 ans de guérilla, d’enlèvements et de massacres commis tantôt par la guérilla, tantôt par l’armée colombienne ou par les « escadrons de la mort » qui lui servaient de supplétifs, a-t-il pu prendre une telle décision, quasiment suicidaire ? La réponse est évidente : les citoyens colombiens qui ne sont pas plus stupides que les Hongrois ou les Français, n’ont pas répondu à la question posée, mais à d’autres ! Les uns ont voulu voter contre le gouvernement du Président Santos : celui-ci a consacré tout son temps et son énergie aux négociations avec les FARC pour sortir de la guerre civile, et les problèmes sociaux du pays sont restés en plan… SANTOS est au plus bas dans les sondages, ce qui peut paraître paradoxal, quand l’ancien président, Alvaro URIBE, le leader de la droite extrême qui appelait à voter NON, et qui a soutenu inconditionnellement l’armée et la guerre à outrance, pavoise avec 2/3 d’opinions favorables… Ce monsieur trouve qu’on fait la part trop belle aux « rebelles » dans le compromis signé : les FARC vont devenir un parti politique comme les autres, et les rebelles ne seront jamais jugés ni condamnés, sauf s’ils ont commis des « crimes de guerre ». Mais les officiers de l’Armée régulière eux aussi, sans parler des tueurs des milices, n’ont pas tous les mains propres : peut-être ces braves gens ont-ils du souci à se faire puisqu’avec la paix, ils seraient eux aussi exposés aux enquêtes judiciaires « régulières »… Faut-il rappeler que, si les FARC ont commis des enlèvements et des séquestrations – on se rappelle l’affaire BETANCOURT – la plupart des assassinats commis par l’autre bord ont visé des syndicalistes, en particulier des ouvriers agricoles ? Vous croyez que la bourgeoisie latifundiaire va approuver un traité de paix qui promet une « réforme agraire » sans cesse remise aux calendes grecques ? Faut-il rappeler qu’URIBE, lorsqu’il était au pouvoir, a, en tant que chef des armées, avec le même SANTOS comme ministre de la défense, versé des primes aux officiers, pour chaque rebelle abattu : c’est ce qui a provoqué le scandale des « falsos positivos », les « faux positifs », c’est-à-dire des assassinats d’adversaires politiques ou de pauvres bougres maquillés en guérilleros.  L’armée annonçait des « bilans flatteurs » et les officiers empochaient le prix du sang. Vous croyez que les militaires colombiens, et la droite qui leur lèche les bottes, vont approuver un traité de paix qui risque de les traîner devant les tribunaux  (plus d’un millier d’enquêtes en cours, plus de deux milliers de disparitions ou d’assassinats inexpliqués) ?

Et voilà comment un « referendum » aboutit à un vote absurde : une majorité de citoyens colombiens ont voté CONTRE LA PAIX, sans même savoir de quoi sera fait demain !

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Viktor ORBAN, premier ministre hongrois

Voyons, d’autre part, ce qui s’est passé en Hongrie : « Voulez-vous que l’Union européenne décrète une relocalisation coercitive de citoyens non hongrois en Hongrie, sans l’approbation du Parlement hongrois ? », demandait benoîtement le gouvernement Fidesz (populiste et ultra-conservateur) de Victor ORBAN. L’objet du débat ne concernait qu’environ 1300 réfugiés prévus en Hongrie ; mais ORBAN, soutenu à grands cris par le parti fasciste Jobbik (15 à 20% de l’électorat quand même !) prétendait qu’il s’agissait de « musulmans, donc de terroristes en puissance ». Mieux : depuis le 16 septembre et la réunion des 27 pays européens à Bratislava, ce projet européen de répartir les réfugiés et les migrants dans les différents pays, a été effacé des tablettes… Mais il fallait maintenir ce plébiscite pour conforter une popularité en déclin : quel meilleur remède, à notre époque que de cogner sur l’Europe ? Résultat des courses : 99% de NON. Un triomphe césarien pour ORBAN ? Hélas, pour respecter la constitution hongroise il fallait plus de 50% de votants pour que le vote soit validé. Pas de pot : on n’a même pas atteint 40% ! Sans compter, à Budapest même, 11 % de bulletins nuls (un parti de « comiques » – le « parti du chien à 2 queues » – avait appelé à déposer de faux-bulletins dans l’urne). Malgré une propagande gouvernementale coûteuse (environ 50 millions d’€) la plupart des citoyens hongrois, dont une bonne partie des électeurs du Fidesz, qui n’ont JAMAIS vu un immigré, ne sont pas allés voter… Et l’opposition libérale ou de gauche avait appelé à boycotter ce plébiscite. Qu’à cela ne tienne : ORBAN, sans sourciller, annonce qu’il va changer la constitution ! Il ne lui reste plus qu’à prier pour que l’Europe accepte qu’on puisse adhérer à l’UE à la carte : telle décision me convient, je suis européen, telle autre ne me convient pas, je suis contre l’Europe ! En somme, ORBAN veut le beurre et l’argent du beurre. Ça devrait donner des idées à Mrs Theresa MAY et aux « Brexiters » anglais ! Conclusion : voilà un pseudo-referendum où on a posé une fausse question aux citoyens hongrois. Etre pour ou contre l’immigration, c’est comme être pour ou contre le réchauffement climatique : c’est juste bon pour faire causer les piliers de bistrot un jour où ils sont éméchés. Mais c’est le fond de commerce de la droite et de l’extrême-droite en France comme en Hongrie.

Et voilà comment un « referendum » aboutit à un vote absurde : une majorité de citoyens hongrois n’a PAS VOTE, malgré le bourrage de crâne, et personne ne sait de quoi sera fait demain !

Au cas où vous auriez des doutes, et que vous persistiez à penser que le summum de la démocratie, c’est de répondre à une simple question par OUI ou par NON, je vous invite à méditer les leçons du passé :

  • En 1934, HITLER obtient le cumul de la présidence et de la chancellerie allemande, tout en gardant le titre de « Führer » : 95% de OUI ! Est-ce à dire que 95% du peuple allemand était nazi ? Evidemment non. La peur qui régnait, après les exactions commises par les SS et les SA depuis 1933, avait dissuadé les opposants de se manifester…
  • En France, le plébiscite est une invention du Bonapartisme (1799, après le coup d’état du 18 Brumaire ; 1802, Consulat à vie ; 1804, Premier Empire ; 1851, après le coup d’état du 2 décembre ; 1852, Second Empire). Est-ce à dire que l’Empire était un modèle de démocratie ? Evidemment non. Mais les Républicains, pourchassés, n’avaient guère voix au chapitre…

Limitons-nous cependant à des exemples français récents (je vous fais donc grâce du récent referendum britannique dont on reparlera un autre jour) :

  • 1313396-charles_de_gaulleLe referendum de 1962 qui a décidé de l’élection au suffrage universel du Président de la République – sans passer par un vote préalable du parlement comme l’exigeait l’article 89 de la constitution – était-il la « voie la plus démocratique » pour modifier la Constitution, comme l’affirma de Gaulle ? 62% des électeurs l’approuvèrent et tous les partis – sauf les Gaullistes – furent laminés aux élections législatives qui suivirent. Si l’on songe aux conséquences d’un tel vote qui pèse aujourd’hui plus que jamais sur la vie démocratique de notre pays, on aurait sans doute bien fait d’y regarder à deux fois ! Mais les Français avaient autre chose en tête : de Gaulle venait d’échapper miraculeusement à l’attentat du Petit-Clamart, et la guerre d’Algérie de se clore par l’indépendance de ce pays, après des milliers de morts. De Gaulle menaçait de rentrer à Colombey-les-deux Eglises s’il était désavoué (ce qu’il fera d’ailleurs, après le referendum de 1969) : les Français n’ont alors pas voté pour ou contre la modification de la constitution, mais pour ou contre le maintien au pouvoir du Général. Il faut dire que le seul exemple d’élection d’un président de la République au suffrage universel avait laissé un souvenir amer : en 1848, Louis-Napoléon Bonaparte avait été élu, et s’était empressé de faire un coup d’état pour congédier ladite République !
  • Le referendum de 2005 qui a refusé la constitution européenne – autre exemple de trompe-couillon, si l’on me permet l’expression – est un plébiscite du même acabit. Je me souviens des cris horrifiés de mes amis quand je leur ai dit que j’avais voté OUI… « Comment ? toi ? un referendum convoqué par Chirac ? Tu veux vraiment garder RAFFARIN comme premier ministre ?… » Même à gauche, de bonnes âmes appelaient à voter NON, prétendant que c’était le meilleur moyen de « reconstruire » l’Europe sur des bases saines, qu’on allait ainsi signer de nouveaux traités, et blablabla… Vous n’avez pas oublié les discours de Mélenchon et de Fabius, curieusement alliés, comme l’aveugle et le paralytique ? Mais dans ce « cartel des NON », pour reprendre une formule du « grand Charles » à qui il ne déplaisait pas d’être seul contre tous, il y avait aussi, parmi les 55% de Français qui votèrent NON, toute la droite souverainiste et l’extrême-droite nationaliste, traditionnellement et viscéralement opposées à l’Union Européenne : un détail . Bref, moi, comme
    un enfant de chœur, j’avais voté en répondant à la question poséesarkozy ! J’étais convaincu qu’un refus paralyserait la construction européenne pour longtemps. C’est bien ce qui s’est passé ! C’est ce qui se passe encore, puisque « bouffer de l’Europe » est au menu de la plupart des partis conservateurs européens, et pas seulement des Tories anglais. Et je ne parle pas des partis dits « populistes », ou de ceux qui sont ouvertement fascistes, voire pis* ! Bref, j’étais bien le seul. Personne n’avait lu le projet de constitution, et tout le monde s’en foutait. A peine élu président, SARKOZY a réglé la question avec son cynisme habituel, en concoctant en 2008 le fameux
    traité de Lisbonne, qui s’asseyait sur le vote référendaire, « voie la plus démocratique » selon le catéchisme gaulliste !

Aujourd’hui, tous les candidats à la présidentielle à droite et à l’extrême-droite, c’est-à-dire ceux parmi lesquels – hélas ! – figure sans doute le prochain Président de la République, nous promettent dans leur programme des referendums à tout va… On n’a pas fini de jouer à trompe-couillon !

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*Il existe en Europe des partis qui se réclament ouvertement du Nazisme, comme « Aube Dorée » en Grèce ou le « Jobbik » en Hongrie : on n’est pas sorti de l’auberge !

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Un même mépris des femmes

5006727_6_5537_les-manifestants-protestent-contre-un-projet-de_a2c07389eccea6b9b994b365dabdd884Il faudra qu’on m’explique pourquoi les « féministes de la onzième heure » qui voulaient interdire par décret la mode ridicule et rétrograde du « burkini », ou qui s’émouvaient de voir des femmes se promener dans les rues avec le moindre foulard sur la tête, sont aujourd’hui bien silencieux. A Varsovie, 3000 à 5000 femmes sont descendues hier dans la rue pour protester contre un projet de loi qui veut criminaliser l’Interruption Volontaire de Grossesse (IVG). Oui, en Europe !

La législation polonaise sur l’avortement était pourtant l’une des plus rétrogrades qui soit : l’IVG y est en effet ILLEGALE, sauf en cas de : 1. viol ou inceste 2.pathologie lourde du foetus 3. danger pour la vie ou la santé de la mère. Pas le choix !

C’était encore trop !.. Il paraît que c’était un compromis passé, à la chute du communisme, avec l’Eglise catholique polonaise ! Désormais, la campagne menée par les mouvements hypocritement intitulés « pro-vie », soutenue, voire téléguidée par l’épiscopat polonais, et assumée avec enthousiasme par l’extrême-droite nationaliste au pouvoir (PiS : « Parti Vérité et Justice ») a accouché – si j’ose dire – d’un projet de loi.  Il est en examen devant le parlement : TOUTE interruption de grossesse sera désormais ILLÉGALE et vaudra 5 ans de prison 1. aux femmes concernées 2. aux médecins 3. à toute personne qui aura prêté assistance à une I.V.G. Autant dire que vous n’avez pas intérêt à faire une fausse couche si vous ne voulez pas vous retrouver en tôle !

« On est chez nous ! On est chez nous ! » chantent sur l’air des lampions les braillards de l’extrême-droite dite « identitaire ». Et voilà ce que nous promet la « défense de la civilisation occidentale et chrétienne » ?… Tous ces crétins sont juste doués pour casser de l’arabe, jeter hors des frontières les immigrés, et jouer comme des gosses aux preux chevaliers défenseurs des « valeurs morales »! Hier, ils défilaient dans les rues de PARIS, avec « la manif pour tous » et la plupart des évêques français, pour vouer aux gémonies « les pédés » et défendre la « famille » contre le mariage gay. Demain, vont-ils reprendre les mots d’ordre des nationalistes et des curés polonais ?
5006726_6_68be_une-femme-portant-un-foulard-sur-le-visage-et_dd0357e0eec235e283785e8eb36c05dfLa vérité, c’est que parmi les chrétiens comme parmi les musulmans, il y a les mêmes arriérés mentaux qui en sont encore à défendre le patriarcat pur et dur : les femmes ne s’appartiennent pas, elles appartiennent à leur mari, à leur famille, à leur pays ! Elles n’ont pas le choix : leur devoir est de faire des enfants… pour leur mari, pour leur famille, pour le pays ?

Je sais. Vous allez me dire que j’exagère, mais je suis en colère ![*]

Vous les voyez tous les gueulards qui font le lit du Front National et qui rasent les murs aujourd’hui, dans un silence honteux ? Il faut le dire : il est intolérable qu’un pays comme la Pologne se prétende européen ! La réaction catholique et son gouvernement sont en train de le rejeter dans un cul-de-basse-fosse moyenâgeux !

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[*] La preuve : j’avais laissé tomber ce blog, découragé par le triste spectacle de la situation politique. Mais TROP,C’EST TROP !

LA GAUCHE PEUT MOURIR…

FRANCE-VOTE-DEPARTEMENTALES-PSLa Gauche peut mourir. Ça n’empêchera pas le crétinisme et l’opportunisme politique de prospérer. Du moins,  Cambadélis, comme Ponce-Pilate, s’en lavera les mains. En décidant de retirer leur liste de candidats dans le Nord et en Provence, les socialistes ont fait le choix de laisser la droite et l’extrême-droite se débrouiller entre elles. De toute façon, il n’y a plus de différence essentielle entre un Xavier BERTRAND ou un Christian ESTROSI et la plupart des électeurs du Front National, à l’exception peut-être des fascistes purs et durs, ceux qui défilent le bras levé en rangers et blouson noir, organisent des ratonnades contre tous nos compatriotes qui n’auraient pas la peau blanche ou ne seraient pas hétérosexuels…

Entre deux maux, il faut choisir le moindre. La tactique vise sans doute à sauver la face : la gauche ne portera pas le chapeau du succès des deux filles LE PEN® – je veux dire fille et petite-fille de LE PEN®, compagnon de route des miliciens des années 40, des tueurs de l’OAS et des généraux putschistes d’Algérie1. La droite, comme si elle en était devenue gâteuse, n’a cessé de répéter que ce n’était pas sa faute, que c’était la gauche qui était responsable de la montée du FN : elle est désormais seule face à ses responsabilités. Et elle va probablement perdre.

Par un heureux hasard, j’habite une région où la gauche va l’emporter. Je n’aurai pas de problème de conscience. Mais il est évident que si je devais choisir entre une LE PEN et un ESTROSI ou un BERTRAND, je voterais blanc. On ne choisit pas entre la peste et le choléra. On nous a fait le coup en 2002, avec CHIRAC. On a vu le résultat : « je les ai bien baisés« , s’est félicité le président d’alors. Encore était-il républicain. Je ne peux l’affirmer pour les deux sus-nommés.

Et puis, il n’est pas sans intérêt pour les naïfs que l’extrême-droite fasse la preuve de son incompétence : à la tête d’une région dont les pouvoirs sont limités – pas de pouvoir sur la fiscalité, sur la police ni sur la justice -, elle fera moins de tort qu’à l’assemblée nationale… On va vite comprendre que quelques braillards avinés et leur troupeau de moutons de Panurge, c’est le suicide politique assuré2. Cambadélis aurait-il la malice de Panurge3 ?

Il fait surtout la démonstration que la gauche peut disparaître. A l’heure où, partout en Europe, les partis dits « populistes », en réalité fascisants, sont aux portes du pouvoir, les calculs de boutiquiers des Verts ou du Front de Gauche sont hors de saison. A l’heure où des fascistes islamistes, pourtant citoyens français et non pas immigrés, comme le prétendent les crétins d’extrême-droite, sont prêts à se faire exploser après avoir assassiné le plus grand nombre possible de leurs compatriotes, il n’est plus temps de tergiverser. Ce n’est pas de lois d’exception dont nous avons besoin, comme la « déchéance de nationalité » qui va créer des Français de second ordre4, mais d’un mouvement de fond pour défendre les principes républicains que la droite comme l’extrême-droite sont près de jeter aux orties.

Dans ces conditions, continuer à maintenir sous perfusion un parti moribond – je parle du PCF – ou à rêver d’un « Parti de Gauche » excluant les Socialistes – Mélenchon, quand bien même il est un orateur de talent, est d’une myopie politique ahurissante5 –, tout cela relève de la politique de Gribouille. La leçon de 2002 n’a-t-elle pas suffi6 ? Si les écologistes et les communistes avaient fait liste commune avec toute la gauche, – on ne prétend pas faire « chambre à part » quand il y a le feu à la maison commune – le Nord et la Provence ne seraient pas sur le point de se donner aux héritières des assassins de Vichy et d’Alger !

Si on veut régénérer la gauche, qui en a bien besoin, ce n’est pas en lui administrant une saignée supplémentaire (comme Diafoirus : « saignare… purgare…♫ « ), qu’on va lui redonner la santé. Elle peut ne pas en réchapper. La preuve aujourd’hui ! Les seuls qui danseront la gigue sur le cercueil, ce sont les intégristes religieux de toute obédience, et les populistes ou les mongoliens qui pensent que l’air sera plus respirable quand ils auront claquemuré toutes les portes de la maison, et qu’on bouffera tous des rutabagas!

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(1) Faut-il rappeler qu’il n’y a pas si longtemps siégeaient au bureau national du FN d’anciens miliciens dont le co-fondateur du parti François BRIGNEAU, et que LE PEN lieutenant au 1° REP pendant la guerre d’Algérie a participé à bien des exactions de l’armée française.

(2) « Soudain, je ne sais comment cela se produisit, je n’eus pas le loisir de le considérer, Panurge, sans dire autre chose, jette en pleine mer son mouton criant et bêlant. Tous les autres moutons criant et bêlant sur le même ton commencèrent à se jeter et à sauter dans la mer tous à la file » (Rabelais, Quart Livre, Chapitre VIII)

(3) — J’en ai eu pour mon argent, répondit Panurge à Frère Jean des Entommeures qui lui reprochait d’avoir payé trop cher la démonstration !

(4) A partir du moment où on fait une ségrégation entre les « Français de souche » (lubie d’extrême-droite) et les bi-nationaux (de parents maghrébins en majorité) pour réserver à ces derniers une éventuelle déchéance, on renie les principes du droit du sol, et on fait le lit de l’extrême-droite !

(5) Si j’étais cruel, je rappellerais les émotions de groupie de Mélenchon à propos de CHAVEZQue reste-t-il aujourd’hui de la fameuse « révolution bolivarienne » une fois que les subsides du pétrole vénézuélien ont été gaspillés ?

(6) A l’époque, Christiane TAUBIRA et Jean-Pierre CHEVENEMENT avaient capté les voix qui avaient manqué à JOSPIN pour être présent au second tour. Nous ont-ils assez bassiné avec leur souci de « témoigner » pour l’avenir ? Que reste-t-il aujourd’hui du Parti Radical-Socialiste et du Mouvement Citoyen ? Il vaut mieux en rire qu’en pleurer…

Italian_Social_Movement_logo_(1972-95)logo-fnLe Front National héritier du mouvement fasciste, comme en témoigne évidemment son sigle de façon irréfutable

vendredi 13

CULfLKFXAAAYzOBOn a donc affaire à des simples d’esprit ! Ils croient qu’en se faisant péter la gueule et en tuant le plus possible de « mécréants », ils iront directement au paradis d’Allah où les attendent des « vierges » prêtes à se faire sauter (elles aussi, mais pas dans le même sens).

Avez-vous noté que c’est quasiment tous des petits voyous qui faisaient du trafic de haschich, ou qui braquaient des épiceries de quartier ? Je me suis toujours demandé pourquoi les régimes fascistes de toute obédience s’en remettent à des crétins ou des demeurés pour accomplir les crimes que réclame leur idéologie (Cf. « la résistible ascension d’Arturo UI » de BRECHT, et « Lacombe Lucien » de Louis MALLE, ou la liste des petites frappes qui ont servi d’auxiliaires de la Gestapo pendant la guerre). Ce qui rassemble les Islamistes de tout poil, des Wahhabites d’Arabie Séoudite aux Chiites d’Iran, c’est leur haine de la démocratie. Mais les « calotins » ne valent guère mieux puisqu’ils considèrent tous que le dogme religieux est supérieur aux lois de la République. Voici ce qu’écrit l’abbé GROSJEAN (comme devant ?), porte-voix de l’Eglise catholique, dans le Figaro :
« Face à l’islamisme, une France prisonnière de la culture libertaire1 et du relativisme est une France fragile et démunie symbole_anarchistede ce qui fait sa grandeur et sa force. Une France qui ne s’aime pas, qui ne transmet plus l’héritage culturel et spirituel des siècles passés, qui ne sait plus ce qu’est le vrai, le bien, le beau, qui n’assume pas son passé ni sa vocation, qui s’auto-flagelle en permanence… cette France-là ne sera pas forte devant Peace for Parisces
barbares qui – eux – ne connaissent pas le doute. »
Les curés vont bientôt nous ressortir « la France, fille aînée de l’Eglise » ! Les mécréants vont avoir intérêt à marcher droit, Deo Gratias !

Donnez le pouvoir à ces braves gens – si LE PEN y arrive, il ne vous restera plus qu’à prier Ste Rita, « patronne des causes désespérées » – et vous aurez les mêmes résultats qu’avec les barbus.

Evidemment, il faudrait aussi se demander comment des jeunes paumés élevés en France, éduqués par l’école laïque, peuvent être cons au point de tirer dans le tas quand on leur donne une Kalachnikov. Pourquoi ont-ils accumulé une telle frustration qu’ils sont devenus capables de se prendre pour des héros quand ils assassinent benoîtement leurs voisins, leurs concitoyens, leurs compatriotes ? Ils ont assurément un pois chiche dans le cerveau, mais le discours hystérique contre les « étrangers » et les « musulmans » des demeurés de droite et d’extrême-droite n’y est sans doute pas étranger, si j’ose dire…

Quoi qu’il en soit, les fascistes islamistes ont déjà gagné la première manche :      « l’Etat d’Urgence », après « la loi sur le Renseignement », a consacré la fin de nos libertés républicaines et du respect du droit2, puisque les flics ont désormais toute liberté pour surveiller, espionner, perquisitionner, arrêter, sans rendre aucun compte à un juge ! On me répondra qu’ils le faisaient déjà avant – je parle de la surveillance coutumière des « Renseignements Généraux » – mais c’était illégal. Désormais, on n’aura plus qu’à fermer sa gueule : ils ont tous les droits ! 95% des Français approuvent, et la cote de HOLLANDE remonte dans les sondages…

CUGIqrvXAAAS97fSi la Droite et l’Extrême-Droite reprennent le pouvoir (je suis convaincu que l’avenir, plus ou moins proche, nous réserve une grande alliance de la droite et de l’extrême-droite, comme ça s’est déjà passé dans nombre de pays européens tels l’Autriche, le Danemark ou la Finlande), le terrain sera déjà prêt : la législation leur permettra d’interdire toutes les associations qui leur déplairont, de mettre en résidence surveillée tous les opposants gênants, etc. J’exagère ? Probablement n’avez-vous pas lu le texte de la loi sur la prolongation de « l’Etat d’urgence », ni écouté le discours de HOLLANDE au congrès de Versailles : tout y est !

Bref, on est en train de jeter le bébé avec l’eau du bain, comme dit le proverbe… C’est un truc qui ne risque pas de m’arriver. J’ai eu la prudence de ne pas faire d’enfants !

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1. Personne ne semble avoir remarqué que le dessin conçu par un certain Jean JULLIEN, intitulé « Peace for Paris », que les « croyants » ont transformé en « Pray for Paris », était en fait une transposition astucieuse du « A » libertaire (Anarchie). Pour ceux qui n’en sont pas convaincus, j’ai collé les 2 dessins côte-à-côte.

2. J’ai eu naguère une discussion un peu rude avec une de mes anciennes élèves de CASABLANCA, journaliste talentueuse d’ailleurs, qui, à la suite du massacre de « Charlie-Hebdo », dénonçait de façon virulente « l’islamophobie » des Français ; je lui avais fait remarquer que, jusque là, l’état de droit restait maintenu en France, et qu’aucun « Patriot Act » n’avait créé de législation d’exception, comme aux USA. Hélas, cette fois, c’est quasiment fait. Avec mes sincères regrets, Yasrine…

ça m’a coupé le sifflet…

cancerpoumon3Beaucoup me reprochent de ne plus rien dire des Welches…

Il faut dire que j’ai manqué un peu d’air. Je n’ai pas écrit trois lignes depuis 18 mois. Une saloperie de tumeur infectieuse m’a grignoté le poumon sans crier gare : j’ai dû demander à un chirurgien de me tailler dans le lard : il n’a pas fait dans le détail, un demi-poumon et deux bouts de côtes en moins.

Je vais vous étonner : je me sens nettement mieux. J’avais pris des dispositions pour ne pas être pris de court par mes obsèques. Je ne suis qu’estropié à moitié, mais j’ai tout l’avenir devant moi !

Désolé, je n’ai pas fini de vous faire regretter  que le crabe ne m’ait pas bouffé tout entier !

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Déjà le début de la fin ?

une-aureole-au-dessus-de-la-tete-jean-marc-ayrault-remet-le_1514850_1200x600La gauche en général – le Parti Socialiste en particulier – vient de payer une avance sur le prix du chantier en cours. Le solde, dimanche prochain, pour le second tour des élections municipales, risque de la mettre sur la paille. Et après les élections européennes en mai, la droite pourra pavoiser, la gauche sera à poil ! Qu’à cela ne tienne, c’est le citoyen qui paiera l’addition.

La personnalité de François HOLLANDE, son leader, n’est sans doute pas faite pour entraîner l’enthousiasme des Français, surtout en période de crise économique. Tenter sans cesse de ménager la chèvre et le chou n’est pas la meilleure façon de montrer le chemin à suivre. Le bonhomme ne manque sans doute pas d’intelligence, mais il a le charisme d’un bonnet de nuit.

Quant au gouvernement, c’est une cour de petits marquis qui rêvent de l’époque de la Fronde : chacun tire à hue et à dia, et le char de l’Etat risque de finir au fossé. Les Barons de Province, qui se croyaient intouchables, vont probablement mordre la poussière les premiers. Pourquoi une telle déroute après moins de deux ans de pouvoir, quand la droite est réélue triomphalement, y compris ses voleurs et ses escrocs1, quand le Front National, avec un programme débile2, est acclamé par une partie de l’électorat populaire qui votait hier encore à gauche ?

On me dira que la période n’est pas favorable à un gouvernement quel qu’il soit, que la hausse continue du chômage et le début de récession en 2013, ne peuvent qu’engendrer l’impopularité. Il n’empêche : il y avait des mesures simples et rapides à prendre. Aucune n’a été prise, toute décision a été pesée au trébuchet des calculs politiques et des susceptibilités patronales : il a fallu plus d’un an pour voter la loi sur « le mariage pour tous » quand le problème aurait dû être réglé en moins d’un mois3. On a remis aux calendes grecques toute réforme fiscale, et bricolé des mesures symboliques4. Hollande et Ayrault ont expliqué benoîtement au peuple qu’il fallait encore se serrer la ceinture, et quémandé l’approbation de la bourgeoisie en lui offrant, pour la nième fois, des allègements de charges sociales sur les salaires des ouvriers : ils y ont gagné la colère du peuple et le mépris de la bourgeoisie. Même pas un mot de remerciement du patronat qui, comme toujours, a empoché la pièce (ce qui est pris n’est plus à prendre), et s’est bien gardé de rendre la monnaie !

Au moins, on aurait pu casser les reins à tous les carriéristes, opportunistes, profiteurs et autres branleurs, en votant d’entrée une loi limitant le cumul des mandats, en nombre et en durée5. On aurait pu ainsi enrayer la perpétuelle dénonciation démagogique des hommes politiques. Etouffer dans l’œuf une révolte dont se pourlèchent les conservateurs et les fascistes. Il n’en a rien été.

Comment s’étonner dans de telles conditions que la gauche, qui avait la majorité dans les communes, les départements, les régions, arrive désormais non seulement derrière la droite revancharde, mais même après les crétins du Front National ? Peut-être est-ce injuste. En 2002 aussi, quand LE PEN était passé devant JOSPIN et avait assuré le triomphe de CHIRAC.

Les cocus, comptez-vous, comme disait mon adjudant de quartier, quand j’étais régulièrement de corvée à l’armée, parce que j’avais le tort à ses yeux d’être un des seuls sursitaires dans mon bataillon de chasseurs alpins !

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[1] l’inoxydable BALKANY à Levallois-Perret, l’entreprenant WOERTH à Chantilly, etc. J’ai cru naïvement, pendant longtemps, que c’était une spécificité des républiques bananières de réélire systématiquement les politiciens les plus corrompus… Hélas, nous y sommes !

[2] Les « gars de la Marine » sont apparemment les seuls à prétendre résoudre la quadrature du cercle : diminuer les impôts et embaucher des flopées de flics municipaux armés jusqu’aux dents, par exemple ! Mais comme le disait justement Marcel PAGNOL dans Marius : « Tout le monde sait bien que c’est dans la Marine qu’il y a le plus de cocus. »

[3] Il ne fallait pas longtemps pour ajouter un seul article au code civil ! (« Art. 143. – Le mariage est contracté par deux personnes de sexe différent ou de même sexe. »)

[4] Ainsi le fameux taux de prélèvement de l’IRPP à 75% ne sera même pas payé par ceux qui empochent le pognon (1 million d’euros par an quand même), mais par leur entreprise : c’est la première fois, à ma connaissance, qu’on fait payer aux actionnaires les impôts des salariés !

[5] Il ne suffit pas de sanctionner les cumulards, il faut aussi empêcher que des parasites passent leur vie entière sous les ors de la République ou les lambris des Mairies, bref en finir avec les rentes de situation, quand le peuple est en train de ramer sur les bancs des galères. Mais comment convaincre des rentiers de se balancer d’eux-mêmes par-dessus bord ?

Les socialos sont des charlots !

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Plus la droite s’embourbe dans les « affaires » sordides, plus elle aboie avec le culot des roquets qui s’en prennent au facteur, coupable d’apporter les mauvaises nouvelles ! Mais il faut dire que le gouvernement fait preuve d’un amateurisme déconcertant : par peur d’être soupçonné de « comploter » contre le pauvre SARKOZY qui joue au Saint Sébastien, il offre des bâtons pour se faire battre. Et Christiane TAUBIRA, croyant faire un bon coup, s’est tiré une balle dans le pied !

Qu’on en juge : la semaine dernière, après que Copé a été convaincu d’avoir  engraissé ses copains aux frais de l’UMP (les braves gens qui ont épongé les dettes de leur parti ont dû apprécier), SARKOZY est ridiculisé par son « conseiller-minute », le fameux BUISSON qui a enregistré des centaines d’heures de conversations à l’Elysée ; puis il est soupçonné – excusez du peu – de « trafic d’influence », de connivence avec son avocat, et de « violation du secret de l’instruction », sans parler des faits pour lesquels il avait été placé sur écoute par deux juges d’instruction indépendants (affaire Kadhafi, Takieddine et consorts).

C’est du nanan ! TAUBIRA devrait savourer, et se taire. Eh bien non, il faut qu’elle la ramène, pour dire qu’elle « n’était pas au courant », au risque de se voir reprocher son incompétence ! Et après les hurlements de Copé qui crie au complot et ne manque pas de culot – ce n’est pas une découverte –, elle en rajoute en brandissant les deux feuillets du rapport du Procureur Général devant la meute de journalistes qui assistent à sa conférence de presse. Les flash crépitent… Et quelques heures après, on lit dans « Le Monde » le courrier déchiffré par les journalistes qui ont agrandi les clichés. Un jeu d’enfant !

Oui, décidément, des enfants de chœur ! Evidemment, Christiane TAUBIRA était au courant, comme doit l’être n’importe quel Garde des Sceaux. Elle a menti. Péché véniel, sans doute, de peur d’être soupçonnée de n’avoir pas rompu avec les vieilles habitudes d’instrumentalisation de la Justice prises sous les gouvernements de droite ! Mais il ne faut jamais mentir avec des professionnels de la triche comme Copé et Sarkozy.

C’est quand même incroyable ! Voilà des types qui sont soupçonnés de détournement de fonds et de trafic d’influence. Ils braillent comme des cochons qu’on égorge. Et ce sont les spectateurs qui sont mis en accusation par la société  protectrice des animaux sous prétexte qu’on les soupçonne d’aimer le jambon !

A vrai dire, l’UMP, c’est plutôt comme les gosses de mon enfance : ils braillaient avant qu’on leur colle une mornifle, dans l’espoir que les parents, apeurés par le scandale public, renonceraient à leur en coller une ! Et en général, ça marchait, comme le numéro de Copé vient  de le démontrer encore aujourd’hui. Et c’est TAUBIRA qui passe pour une mère indigne. Chapeau, l’artiste !

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Mise à jour du 17 mars : Mille excuses à Mme TAUBIRA. Apparemment (information d’iTélé et du Nouvel Observateur), elle n’a pas menti. C’est pire : sa directrice de cabinet ne l’avait pas tenue au courant ! Ce n’est plus Charlot qu’il faut invoquer, c’est Les Pieds Nickelés !