Des lendemains qui ne chantent pas

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                                                   Le paradoxe de cette élection présidentielle est qu’elle défie tous les pronostics. Non pas ceux des instituts de sondage certes, mais assurément ceux des analystes politiques. Depuis plus de deux ans, toutes les élections en Europe ont vu la déroute des partis socio-démocrates et le succès des partis de droite, au point que le Conseil de l’Union Européenne, qui regroupe les ministres des gouvernements des 27 pays membres, est dominé aux 2/3 par les partis conservateurs. Hors de l’Eglise de droite, point de salut ! Sous la férule des marchés boursiers, l’austérité est la seule vérité consacrée.

Et pourtant, on sait que cette politique réactionnaire qui vise à faire payer  à ses victimes tout le prix de la crise, mène droit à la récession :  les licenciements et le chômage augmentent, la consommation et les rentrées fiscales diminuent, la dette s’accroît irrémédiablement au point de devenir insupportable. Et les partis d’extrême-droite s’engraissent de la misère du peuple partout en Europe.

La France, à contre-courant, vient d’élire un président de gauche, au grand dam des tories anglais et des chrétiens-démocrates allemands qui avaient soutenu Sarkozy jusqu’à l’agonie, comme la corde soutient le pendu. Mais la France ne peut être seule longtemps contre le reste de l’Europe. Il va falloir faire preuve de pragmatisme. Tout le monde sait que la survie d’un gouvernement, quoi qu’en dise MELENCHON quand il rêve à la révolution, est liée à la faculté d’emprunter sur les marchés aux taux les plus bas pour empêcher la dette de croître de façon exponentielle. Au 3° trimestre 2011, selon l’INSEE, elle représentait environ 1700 milliards d’euros, soit 85% du PIB., c’est à dire 20% du PIB en sus en 4 ans, depuis la fin de l’année 2007 ! Tant que la croissance économique ne sera pas repartie, il n’y a aucune chance pour que ce ratio puisse baisser. Encore faut-il qu’il n’augmente plus !

Or la situation ne peut s’améliorer que si on va vers une Europe démocratique et fédérale, contrairement à tous les discours de la droite – et bien sûr de l’extrême-droite nationaliste – qui ne parlent que de “frontières” et de repli national quand il faudrait plus de solidarité : tant que le ridicule budget européen ne permettra que d’engraisser des fonctionnaires et des technocrates pour pondre des circulaires dignes de COURTELINE, il y a peu de chances que nous construisions notre avenir commun1. Qui va-t-on convaincre que ce sont toujours les mêmes qui doivent être sacrifiés sur l’autel de la “compétitivité” ? La révolte de la Grèce qui vient de diviser par deux les suffrages accordés aux deux principaux partis de droite (“Nouvelle Démocratie”) et de gauche (“PASOK”) a montré les limites du “pacte budgétaire” imposé par l’ex-tandem MERKOZY. Il va falloir revoir sa copie si on ne veut pas que la Grèce dépose son bilan et quitte l’Europe, que la France – créancière en l’occurrence – y aggrave sa dette d’autant, et que l’euro soit battu en brèche par les spéculateurs.

Le temps presse. HOLLANDE sera-t-il l’homme de la situation ? Pourra-t-il résister aux pressions du patronat qui avait gardé dans ses tiroirs des charrettes de licenciements jusqu’à l’issue des élections. On saura ça au mois de juin, après les législatives. Il ne fait pas de doute que, si la gauche ne l’emportait pas, on se retrouverait à la merci de la coalition de toute la réaction européenne qui exige, d’ores et déjà, qu’on abroge la législation sur le calcul du temps de travail et les indemnités de licenciement, comme l’avait promis SARKOZY dans son programme. On voit que la marge de manœuvre est étroite. Si HOLLANDE et le PS parviennent à retourner la situation, ils sont au pouvoir pour 10 ans. Dans le cas contraire, préparez-vous à la castagne : « Le ventre est encore fécond, d’où a surgi la bête immonde. » (Bertolt BRECHT).

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“L’Aube Dorée”, parti néo-nazi, vient d’obtenir 21 députés dimanche 6 mai à la “VOULI” (Assemblée nationale grecque)

(à gauche Hitler, à droite Rudolf HESS. La légende dit :”62 ans après…)

TOUT UN PROGRAMME !

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1 De ce point de vue, je ne comprends pas qu’il y ait encore un parti socialiste français. Il devrait y avoir un parti socialiste européen, avec un même programme, quitte à ce qu’il soit organisé sur le mode fédéral ! Demandez donc au patronat : ces histoires de frontières le font bien rigoler…

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Une réponse à “Des lendemains qui ne chantent pas

  1. Bonsoir, je suis une amie de Michel et Zellige. Nous nous sommes croisés aux soirées des 25 ans de mariage. J’ai découvert votre blog et vos articles grâce à Pierre. Je voulais juste vous dire que je suis devenue une lectrice assidue de vos articles et que j’en ai partagé quelques-uns sur mon profil Facebook. Un grand merci de partager votre belle plume.
    A bientôt.
    Domizia

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